Nous avions longuement parlé de Chantal Mouffe dans la première partie de notre article sur le populisme de gauche (woxx 1418). Ensemble avec son mari défunt, Ernesto Laclau, la philosophe belge, souvent qualifiée de « post-marxiste » compte parmi les théoriciens d’un tel populisme. « L’illusion du consensus » est la traduction française, parue en 2016, de « On the Political », paru il y a dix ans déjà en anglais. La thèse principale du livre de Mouffe est que le consensus – ou l’illusion d’un consensus – néolibéral qui s’est installé à la suite de l’effondrement du bloc soviétique représente un grave danger pour la démocratie. Alors que, pour elle, les antagonismes forment le cœur même de la politique, la « rationalisation » du débat public et le lissage de ces antagonismes ne laissent d’autre voie au désaccord qu’une révolte « morale », dont le néofascisme et le terrorisme religieux représentent deux expressions possibles. Chantal Mouffe, qui inspire entre autres Podemos et Jean-Luc Mélenchon, fait le pari d’une réhabilitation des antagonismes en politique et plaide en faveur d’une élimination de l’« illusion de consensus » ambiante. Paru chez Albin Michel.
Roman : Léa ou la théorie des systèmes complexes
La forme du texte – des colonnes de phrases courtes, mais denses en informations – peut d’abord dérouter. C’est pourtant à ce rythme saccadé que Ian De Toffoli nous entraîne dans deux histoires qui s’entrecroisent : celle de Léa, jeune femme née à Luxembourg qui, prenant soudainement conscience de l’urgence écologique, en vient à se radicaliser contre Koch Industries, et celle de l’entreprise, dont la naissance et l’expansion nous sont contées en parallèle.

