Dans « Populisme : le grand ressentiment » (voir woxx 1418), Fassin estimait qu’il serait faux, pour la gauche, d’essayer d’adopter une rhétorique populiste, fut-elle de gauche. Pourtant, en 2014, il défendait à peu près les mêmes idées que les théoriciens du populisme de gauche – divergence due probablement au grand flou qui entoure le concept de populisme. Dans « Gauche. Avenir d’une désillusion », le sociologue français constate d’abord l’échec de la « gauche de gouvernement » – du Parti socialiste français, donc. À trop adhérer à « l’illusion de consensus » qui veut soustraire l’économie au champ politique, cette gauche en serait venue à se rendre obsolète. Et à trop vouloir « dire ce que pense le peuple » sur des sujets comme l’immigration, à défaut de vouloir s’attaquer aux sujets économiques, elle en serait carrément venue à effacer ce qui la différencie de la droite, voilà l’hypothèse centrale de Fassin. Qui plaide pour la réaffirmation de l’« autonomie du politique » face à la « politique du nécessaire ». Et propose une définition démocratique et inclusive du concept de « peuple », contrairement au « peuple » exclusif de la droite.
Roman : Léa ou la théorie des systèmes complexes
La forme du texte – des colonnes de phrases courtes, mais denses en informations – peut d’abord dérouter. C’est pourtant à ce rythme saccadé que Ian De Toffoli nous entraîne dans deux histoires qui s’entrecroisent : celle de Léa, jeune femme née à Luxembourg qui, prenant soudainement conscience de l’urgence écologique, en vient à se radicaliser contre Koch Industries, et celle de l’entreprise, dont la naissance et l’expansion nous sont contées en parallèle.

