Biodiversité : Aux racines du vivant

von | 07.08.2025

Souvent absents des pratiques agricoles, les arbres remplissent pourtant de multiples fonctions écologiques. Afin de reconnecter les espaces et de renforcer la biodiversité, la fondation Hëllef fir d’Natur relance donc « E Bam an d’Gewan », une campagne de plantation d’arbres en milieu agricole.

Même isolés au milieu d’un champ, les arbres remplissent d’importantes fonctions écologiques. Véritables refuges pour la faune, ils fournissent un abri, de la nourriture et servent de sites de reproduction à de nombreux animaux, notamment des oiseaux, des insectes et de petits mammifères. Sans oublier qu’ils peuvent constituer de précieux points d’ombre, pour les animaux d’élevage par exemple. Leurs fleurs, qui produisent du nectar et du pollen, sont également essentielles pour les abeilles, les papillons et autres insectes pollinisateurs, indispensables à la reproduction des plantes, y compris des cultures agricoles, et donc à notre survie. En servant d’abris à des oiseaux, à des araignées ou à des insectes, comme les coccinelles – qui se nourrissent de ravageurs, tels que les pucerons ou les chenilles, lesquels causent d’importants dégâts aux cultures –, les arbres peuvent en outre offrir une régulation naturelle des nuisibles, et ainsi permettre de limiter l’usage de pesticides.

Les arbres jouent aussi un rôle essentiel dans la protection des ressources en eau, en limitant le ruissellement et en favorisant l’infiltration. Leurs racines stabilisent les sols, réduisant ainsi l’érosion, tandis que la chute des feuilles enrichit la terre en matière organique, améliorant progressivement sa structure et sa fertilité. Sans oublier bien sûr leur rôle crucial, même à petite échelle, dans la lutte contre le réchauffement climatique grâce à leur capacité de captation et de stockage du CO2.

Les arbres sont donc précieux à de multiples niveaux. Or, au Luxembourg, l’état des forêts (qui couvrent 35,6 % du territoire), « a continué de se détériorer ces cinq dernières années. Ceci est particulièrement visible au nombre élevé, parfois croissant, d’arbres gravement endommagés ou morts », a récemment alerté Serge Wilmes, le ministre de l’Environnement, dans une réponse parlementaire. « 4/5 de nos arbres présentent des signes de dommages. Les nombreuses sécheresses de ces dernières années ont laissé des traces sur de nombreux arbres et ont affaibli leur vitalité et leur résilience », a-t-il encore précisé, avant de prévenir : « Cette tendance à la détérioration de la santé de nos arbres se poursuivra dans les années à venir en raison du changement climatique. Des sécheresses de plus en plus fréquentes, des températures élevées et une augmentation de l’incidence des agents pathogènes mettront nos arbres sous pression et les rendront moins résilients. »

Reconnecter les habitats

Si le reboisement des forêts est indispensable, étendre les pratiques agroforestières permet également d’agir concrètement en faveur des écosystèmes, d’autant que la moitié de la surface du pays (49,6 %) est dévolue à l’agriculture. De surcroît, « le pays est très fragmenté : les habitats, les forêts ne sont plus connectés entre eux », explique au woxx la fondation Hëllef fir d’Natur. Or, les arbres dans le paysage agricole, tout comme les haies, font figure de pont entre les milieux naturels et favorisent les déplacements de nombreuses espèces.

Dans le cadre de son programme ReStruktur, qui vise au maintien et à la création de structures paysagères pour renforcer les habitats naturels, la fondation Hëllef fir d’Natur lance donc à nouveau l’opération « E Bam an d’Gewan », qui durera jusqu’à fin septembre. Cette campagne de plantation d’arbres en milieu agricole s’adresse aux agriculteur·rices et propriétaires fonciers (publics ou privés) disposant de grandes surfaces. « Mais nous sommes très flexibles quant à la taille de la surface, nous décidons au cas par cas », précise Hëllef fir d’Natur, qui fournit gratuitement les plants – issus d’essences locales adaptées, telles que le pommier, le poirier, le prunier, le chêne ou encore le châtaignier –, mais aussi le matériel, les protections contre le gibier ou le pâturage, ainsi que le paillage biodégradable. La fondation propose aussi un accompagnement technique personnalisé, en fonction du site et des besoins de chaque participant·e, sans frais. « On peut fournir un seul arbre comme plus d’une centaine, pour les personnes désireuses de faire un verger par exemple », souligne-t-elle. « Les arbres s’intègrent facilement dans les pratiques agricoles existantes. Ils contribuent à enrichir le paysage et à renforcer la trame écologique, sans perturber le fonctionnement de l’exploitation. »

Contact : bam@naturemwelt.lu ou +352 29 04 04-323

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