À l’occasion du mois des Fiertés, la commune de Contern a souhaité affirmer son engagement LGBTQI+ en hissant le drapeau arc-en-ciel devant l’hôtel de ville. Une vague de commentaires homophobes s’en est suivie. D’autres communes font face aux mêmes réactions haineuses.

Le drapeau des Fiertés flotte dans une ville. (Photo : Boris Štromar/Pixabay)
L’initiative de Contern s’inscrit dans la continuité d’une décision prise dès 2021 par le conseil communal, lorsque les élu·es avaient adopté une motion visant à afficher leur soutien clair à la communauté LGBTQI+. Cette année, la commune, dirigée par une coalition DP-LSAP-Déi Gréng, a toutefois choisi de communiquer davantage sur sa démarche via ses réseaux sociaux. « Nous avons voulu montrer clairement que notre commune est un lieu ouvert et respectueux, où chacun est le bienvenu, indépendamment de sa nationalité, de sa religion, de son origine, de son identité de genre ou de son orientation sexuelle », explique l’administration communale au woxx. Sur Facebook, la campagne de communication engendre un grand nombre de commentaires homophobes.
Si le drapeau est hissé régulièrement depuis plusieurs années sans provoquer de polémique particulière, c’est lorsque la commune a débuté sa campagne de communication que les réactionnaires se sont réveillés. Choqués par « le ton et le contenu » des commentaires, les responsables communaux ont constitué un dossier pour engager d’éventuelles poursuites judiciaires, et ils ont ensuite préféré supprimer ces commentaires. « Le fait que des commentaires discriminatoires continuent d’apparaître montre qu’il reste encore beaucoup à faire en matière d’éducation et de lutte contre les préjugés », souligne la commune.
Contern n’est pas un cas isolé. D’autres communes luxembourgeoises sont fréquemment victimes de commentaires ou d’actes haineux envers la communauté LGBTQI+. Comme à Sanem par exemple, où des bancs aux couleurs de l’arc-en-ciel et les panneaux définissant la « zone de liberté LGBTQI+ » étaient fréquemment vandalisés. En raison des coûts liés au remplacement de ces infrastructures, la commune sortira son mobilier urbain version LGBTQI+ uniquement pour la semaine des fiertés, qui se déroulera du 2 au 12 juillet.
« Le problème, c’est de distinguer les actes haineux homophobes du vandalisme commis par des enfants », souligne Annick Spellini du service à l’égalité des chances et à la diversité de la commune Sanem. Sur les réseaux sociaux, elle constate également des débordements et remarques ouvertement homophobes. D’autres sont plus subtils et difficiles à traduire devant la justice. « Lorsque nous célébrons la semaine des fiertés sur nos réseaux sociaux, certains commentent avec des émojis qui éclatent de rire. Même si le sous-entendu paraît évident, on peut difficilement les poursuivre en justice pour cela », explique-t-elle. La commune insiste néanmoins pour dire qu’elle poursuit « les commentaires les plus graves ».
L’endurance de Schifflange
Phénomène assez rare, la commune de Schifflange (LSAP) ne serait plus victime de vandalisme homophobe. L’administration communale indique qu’elle hisse son drapeau des fiertés tout au long de l’année sur sa façade. Au début, la pose des panneaux « zone de liberté LGBTQI+ » avaient provoqué quelques vols et des dégradations, mais ceux-ci auraient été rapidement remplacés. Plus endurant que ses résident·es homophobes, Schifflange a remporté sa bataille culturelle.
Certaines villes, à l’instar de Differdange (LSAP), indiquent qu’elles n’ont « rien organisé pour la Pride ». Après la fête nationale, Dudelange (LSAP) hissera un drapeau ainsi qu’une bannière jusqu’à la clôture de la pride de Luxembourg-Ville. Annabelle Laborier, chargée du service égalité des chances de Dudelange, explique au woxx : « La commune part du principe que certaines personnes critiquent nos actions, mais elles ne les font pas parvenir jusqu’à nous, car elles ne veulent pas s’infliger cette discussion. »
Bettembourg (CSV) et Hesperange (CSV), n’ont pas pour habitude de hisser le drapeau des fiertés sur leur façade. En juillet, ces communes mettront en place des bancs aux couleurs de l’arc-en-ciel, ainsi que les fameux panneaux « zone de liberté LGBTQI+ ». À se demander si le reste du pays ne serait pas alors une « zone occupée ».

