
Jordan Bardella au Parlement européen, en 2022. (Photo : Parlement européen)
C’est la bombe politique de la semaine en France : Mediapart a exhumé des écrits antisémites du président du RN, Jordan Bardella, lorsque celui-ci entamait sa fulgurante ascension au sein du parti lepéniste, il y a un peu plus d’une dizaine d’années. « Toutes les banques sont détenus (sic) par des juifs », écrit-il par exemple, faute d’orthographe comprise, dans un échange privé. « Et c’est ce qu’ils veulent, un Nouvel Ordre Mondial dominé par Israël, avec bien sûr Jérusalem comme capitale », peut-on encore lire dans les échanges dévoilés par le site d’investigation. Ces révélations mettent à bas la stratégie de dédiabolisation du parti d’extrême droite, dont Bardella était devenu l’image ripolinée et qui se présentait, depuis les attentats du 7 octobre 2023, comme « le meilleur bouclier » pour les juifs de France. Dans leur enquête, les journalistes mettent en évidence l’influence exercée sur Bardella par le polémiste antisémite et ancien cadre du FN Alain Soral, multicondamné pour ses écrits racistes, antisémites et complotistes, aujourd’hui en fuite en Russie. Alain Soral joue, auprès des cadres du parti, un rôle important dans la diffusion des idées antisémites, la matrice originelle du RN. Bardella dément les révélations de Mediapart, tandis que Marine Le Pen a conseillé à ses journalistes de revêtir « leur costume en kevlar », le matériau dont sont faits les gilets pare-balles. Suite à ces propos, la députée écologiste Léa Balage El Mariky a fait un signalement au procureur pour menaces de mort.

