MARCO UHRES DU FOLK CLUPP: „Demain c’est l’Anno Tubak Revival“

von | 08.02.2002

Marco Uhres est connu comme brocanteur, amateur de musique folklorique et animateur à Radio Ara. Il est aussi président du Folk Clupp, qui, cette année, fête ses 25 ans.

Qui ne reconnaĂ® trait pas la voix douce et grave de Marco Uhres, après l’avoir entendue Ă  la radio, et qui ne se souviendrait pas de lui, après un passage au marchĂ© aux puces ou lors d’une soirĂ©e au Sang & Klang? Depuis 1984, Marco Uhres est prĂ©sident du Folk Clupp, créé en 1977. Discret, paisible et barbu, il nous a ouvert ses portes: „Je n’ai rien Ă  cacher“.

woxx: Qu’est-ce qui t’a amenĂ© Ă  t’engager si activement au Folk Clupp?

Marco Uhres: C’est Ă  cause de Marc Barthelemy. En 1982 le comitĂ© Ă©tait en train de prĂ©parer le premier Blues Festival Ă  Ettelbruck. Il n’y avait plus assez de monde et Marc savait que je m’intĂ©ressais aux musiques „Ă©tranges“ … dans le temps, elles Ă©taient encore plus Ă©tranges qu’aujourd’hui … Il m’a demandĂ© et j’ai acceptĂ©. C’est mon hobby prĂ©fĂ©rĂ©. Je le fais toujours avec joie, mĂŞme si parfois je n’ai pas envie, ou je suis fatiguĂ©. Mais, en fin de compte, quand on a rĂ©ussi Ă  nouveau Ă  proposer un bon concert et quand il y a du monde, la joie revient et on continue.

Le Folk Clupp propose de la musique traditionnelle, populaire, „Ă©trange“, mais, a-t-on cette musique folklorique au Luxembourg?

Bien sĂ»r! Et elle ne s’arrĂŞte pas aux frontières. Elle se trouve dans toute la rĂ©gion Saar-Lor-Lux, sans oublier la rĂ©gion d’Arlon. On retrouve mĂŞme quelques chansons avec une mĂ©lodie semblable, mais avec un autre texte en Allemagne, Ă  Cologne, Ă  Aix-la-Chapelle, Ă  Bonn.

Y a-t-il des gens nouveaux qui veulent se joindre aux activités du Folk Clupp?

Chaque annĂ©e on fait une assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale et on en informe tous les membres. Mais les participants sont les gens du vieux comitĂ©, plus quelques sympathisants, deux ou trois journalistes, la personne du Sang & Klang et c’est tout. Tous les deux ou trois ans quelqu’un a le courage de faire un essai de se joindre au comitĂ©, mais cela ne marche pas. Je dirais que c’est assez difficile de travailler avec nous, les vieux. On se connaĂ® t tellement bien, on a nos habitudes … Et ce n’est pas facile de s’intĂ©grer dans une Ă©quipe si solidement constituĂ©e.

On entend ta voix Ă  radio Ara. Mais est-ce le Folk Clupp ou Marco Uhres qui parle?

C’est le Folk Clupp, et vu que j’en fais partie … J’ai commencĂ© trois mois après le dĂ©but de la radio, le 6 dĂ©cembre 1992. Et c’est Ă  nouveau Marc Barthelemy, qui Ă©tait responsable de la musique folklorique, qui m’y a introduit!

Tu es très polyvalent. Tu t’intĂ©resses Ă  la musique populaire et folklorique, tu fais des Ă©missions radio, et tu es aussi brocanteur. Tu reprends des objets, des meubles qui ont une longue vie en arrière pour les rendre utilisables au moment prĂ©sent. Tu aimes faire du recyclage …

C’est vrai, en quelque sorte on est une entreprise de recyclage. Les brocanteurs, les antiquaires, ils achètent de vieux meubles chez les particuliers. Dans les caves et les greniers on trouve mĂŞme des „cadavres“! Et parfois on arrive Ă  les retaper et Ă  en faire un meuble très valable. Or je ne suis pas restaurateur. Je fais de mes mains ce que je peux. Je regarde les autres, je triche un peu et j’essaye de faire pareil, ou mĂŞme mieux. J’aime aussi faire les puces. Quand j’Ă©tais gosse, j’avais toujours envie d’ĂŞtre forain. Et maintenant je suis une sorte de forain, ou, plus exactement, je suis marchand ambulant, qui vend au marchĂ© aux puces de la belle brocante et des antiquitĂ©s.

En plus, j’ai un virus, je suis collectionneur. Je collectionne 1001 choses, pas toujours des choses qui ont une valeur Ă©norme, car cela n’a pas de sens pour moi. Ce qui compte, c’est qu’elles me plaisent. Quand je vois un objet qui me plaĂ® t, je l’emmène tout de suite. S’il est grand, je demande toujours Ă  Martine, ma femme, parce que si on vit ensemble il faut que chacun se sente Ă  l’aise. Cette armoire par exemple, si Martine ne l’aimait pas, ne serait pas ici. Dans ce domaine je ne suis pas Ă©goĂŻ ste. LĂ  oĂą je suis Ă©goĂŻ ste, c’est Ă  radio Ara. Je joue uniquement des disques qui me font plaisir. J’ai un grand rĂ©pertoire en musiques du monde. Et jusqu’Ă  prĂ©sent je n’ai jamais reçu de rĂ©clamations.

Quelles sont tes préférences musicales?

Si je faisais le hit parade, je n’aurais pas de vĂ©ritable numĂ©ro 1. Mais une de mes prĂ©fĂ©rences est la musique juive, surtout le klezmer, une autre, c’est tout ce qui se joue avec l’accordĂ©on, la flĂ»te et la clarinette. Et les cuivres des Balkans. J’en suis tombĂ© amoureux dès la première fois que je les ai Ă©coutĂ©s. Demain on pourra aussi Ă©couter de très beaux cuivres!

Ah oui, demain il y a la fĂŞte du Folk Clupp!

Nous fĂŞtons nos 25 ans, et après de longues discussions, nous avons dĂ©cidĂ© de refaire le traditionnel bal Anno Tubak qui autrefois Ă©tait très fameux. Il avait lieu chaque annĂ©e et on avait des soirĂ©es terribles au Melusina, avec jusqu’Ă  800 personnes … Cette annĂ©e il s’appelle Anno Tubak Revival. Douze ans se sont Ă©coulĂ©s depuis le dernier bal Ă  Bertrange et maintenant on le refait Ă  la Kulturfabrik, Ă  Esch/Alzette. Les gens devront amener de la bonne humeur et ĂŞtre prĂŞts Ă  passer une longue nuit. La fĂŞte aura trois volets. On commencera Ă  21 heures, avec un DJ, AndrĂ© Hein, qui proposera de la musique ethno et des musiques du monde. A 21.30 heures dĂ©marrera le premier groupe, „The Swamptones“, qui joue de la musique cajun, Louisiane, Rythm’n Blues, „Party Music of New Orleans“. Ensuite AndrĂ© assurera Ă  nouveau la pause. Pour la deuxième partie nous avons prĂ©vu „Karandila“, un vrai groupe de cuivres venu de Bulgarie.

Toi qui aimes „tout ce qui est vieux“, que penses-tu de ton propre vieillissement?

Je reste toujours jeune, dans ma tĂŞte. A l’extĂ©rieur, tu vois le rĂ©sultat. J’ai maintenant 46 ans, mais je ne me sens pas cet âge. J’accepte toujours les jeunes. J’essaye de comprendre leur musique, leur mentalitĂ©. Quand je regarde ma fille, Mara, je remarque que la vieille mode revient, et cela me rajeunit. J’essaye de rester comme je suis et de ne pas vieillir intĂ©rieurement.

Mais je te vois comme quand je t’ai rencontrĂ© …

Tu sais, je me cache derrière ma barbe!

Comment le Folk Clupp a-t-il rĂ©ussi Ă  survivre avec les seules cotisations des membres? En fait, vous rĂ©alisez pratiquement une activitĂ© par mois. Comptez-vous sur d’autres financements?

Ce volet est très important. Nous existons d’abord sur base des cartes de membre. Mais avec cet argent on ne pourrait faire qu’un ou deux concerts. Pour le reste, nous recevons des subsides du Fonds Culturel. On est très bien connus des responsables. Surtout depuis l’annĂ©e de la culture, en 1995. Ils nous soutiennent beaucoup.

Et quels voeux pour cette année?

Comme le folklore, le Folk Clupp Ă©volue toujours. Nous avons plein de projets, nous aimerions par exemple organiser des activitĂ©s pour les plus jeunes. Je souhaite que tout se passe bien, qu’on ait plus de public, que la jeunesse s’intĂ©resse plus aux musiques du monde et qu’on ait assez de moyens pour continuer.

Propos recueillis par Paca Rimbau Hernández

L’Ă©mission de Marco Uhres sur Radio Ara (103,3 Mhz) s’appelle „Lidderhanes“, avec, Ă  la technique, AndrĂ© Hein. Chaque troisième mardi de 20 Ă  22 heures.

Prochaines activités du Folk Clupp:

Demain samedi, 9 février, à la Kulturfabrik: le bal Anno Tubak Revival. Venez déguisé-e-s!

Le 1er mars, le groupe Tallari, de la Finlande;

le 11 mai, Ziroli Winterstein, qui jouent du Sinti-Swing;

le 13 juillet, le Carnaval des Cultures.

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