CINENYGMA: Maturité atteinte

von | 11.04.2003

Le Grand-DuchĂ© a Ă©tĂ©, pour la première fois, la scène de la remise du prix de la meilleure rĂ©alisation europĂ©enne du cinĂ©ma fantastique, le „MĂ©liès dÂşOr“. RĂ©trospective du festival „CinĂ©nygma“.

Que l’Espagne ait Ă©tĂ© si bien reprĂ©sentĂ©e aux „MĂ©liès d’Or“ n’est pas un hasard … Le gagnant du prix europĂ©en de cette annĂ©e est le film „Fausto 5.0“.

„Le cinĂ©ma fantastique europĂ©en mĂ©rite d’ĂŞtre connu et qu’on lui consacre des festivals. Cette annĂ©e, 80 pour cent des films programmĂ©s Ă  ‚CinĂ©nygma‘ Ă©taient des rĂ©alisations europĂ©ennes.“ Romain Roll, directeur de l’Ă©quipe responsable de la coordination de „CinĂ©nygma – Luxembourg International Film Festival“, souligne ainsi le fait que les productions amĂ©ricaines menacent de plus en plus la distribution des films europĂ©ens, dits „fantastiques“ ou „d’horreur“. VoilĂ  pourquoi la „FĂ©dĂ©ration europĂ©enne des Festivals de CinĂ©ma fantastique“, dont le Festival „CinĂ©nygma“ de Luxembourg est membre, a pour but de promouvoir la production audiovisuelle de ce genre de films, notamment par la reprise des „MĂ©liès d’Or“.

CĂ´tĂ© „CinĂ©nygma“, Romain Roll continue: „Nous avons Ă©galement voulu faire connaĂ®tre plus ce qu’on est en train de faire en CorĂ©e et au Japon, des pays qui contribuent Ă  la relance de nouvelles idĂ©es. L’objectif principal de notre festival est de donner la chance de voir du cinĂ©ma europĂ©en de qualitĂ©, qui n’est que rarement distribuĂ© par les circuits commerciaux.“

Méliès dºOr

CĂ´tĂ© „FĂ©dĂ©ration europĂ©enne“, lors de la sobre gala de remise du „MĂ©liès dÂşOr“, qui a eu lieu le 29 mars dernier, Viviane Reding, commissaire europĂ©enne Ă  l’Education et Ă  la Culture et, pour un soir, prĂ©sidente de cette cĂ©rĂ©monie, a surtout parlĂ©e de diversitĂ© culturelle europĂ©enne et de ses multiples modes d’expression.

Le prestigieux prix a Ă©tĂ© remportĂ© par „Fausto 5.0“, long-mĂ©trage espagnol rĂ©alisĂ© par Isidro Ortiz et par la troupe „La Fura dels Baus“. Il dĂ©crit le calvaire personnel d’un docteur spĂ©cialisĂ© dans des maladies terminales. Un jour, il a le malheur de croiser un ancien patient miraculeusement guĂ©ri, personnage au profil lucifĂ©rien, qui persuade le mĂ©decin, un type dĂ©pressif et mĂ©thodique, de se laisser traĂ® ner par son cĂ´tĂ© le plus sombre. Le sexe, le pouvoir et la fortune finissent par influencer le protagoniste.

„Nous n’Ă©tions pas intĂ©ressĂ©s par la confrontation typique entre le Bien et le Mal. Dans ce cas, les Ă©lĂ©ments opposĂ©s sont la Raison et l’Instinct. Dans le film, nous voulons aussi rĂ©aliser une autre vision du classique allemand et nous racontons surtout comment les dĂ©sirs satisfaits peuvent se transformer en un cauchemar“, s’explique le rĂ©alisateur Isidro Ortiz.

Cette rĂ©crĂ©ation de l’oeuvre de Goethe faisait concurrence Ă : „Dog Soldiers“ de Neil Marshall, „Doctor Sleep“ de Nick Willing, „28 Days Later“, de Danny Boyle; tous trois rĂ©alisateurs anglais. Les films espagnols Ă©taient Ă©galement bien reprĂ©sentĂ©s avec „The DevilÂşs Backbone“ de Guillermo del Toro, „Stranded“ de MarĂ­a Luna, l’une des plus jeunes rĂ©alisatrices espagnoles et „El Segundo Nombre“ de Paco Plaza. Sans oublier „Dead End“ des rĂ©alisateurs français Jean-Baptiste Andrea et Fabrice Canepa.

Dans la compĂ©tition pour les „MĂ©liès dÂşOr“, l’importance de la participation des travaux de crĂ©ateurs espagnols, montre clairement la renaissance du genre dans la pĂ©ninsule ibĂ©rique. Celle-ci s’est produite en 1992, avec „AcciĂłn Mutante“, le premier long mĂ©trage d’Alex de la Iglesia, qui a sonnĂ© le glas du panorama dominant, très pauvre jusqu’Ă  ce moment-lĂ .

Le succès de ce film a animĂ© d’autres rĂ©alisateurs, ce qui a ouvert les portes de la production audiovisuelle europĂ©enne au cinĂ©ma fantastique espagnol: „MalgrĂ© le faible soutien que nous recevons des institutions espagnoles, nous sommes en train de rĂ©ussir de grandes productions, grâce Ă  beaucoup d’imagination et d’audace“, nous a expliquĂ© Paco Plaza, rĂ©alisateur du film „Segundo Nombre“.

Un moment attendu des festivitĂ©s fut la première remise d’un deuxième „MĂ©liès d’Or“, destinĂ© Ă  promouvoir la crĂ©ation de court mĂ©trages. Le jury l’a dĂ©cernĂ© Ă  „Oh my God?!“, du Belge Cristophe van Rompaey.

Les participants Ă  cette sĂ©lection furent au nombre de neuf: „Brasil“, de l’Espagnol Javier GutiĂ©rrez; „Copy Shop“, de l’Autrichien Virgil Widrich; „Joshua“, du Suisse Andreas MĂĽller; „Cry for Bobo“, de l’Ecossais David Cairns; „Ya no puede caminar“, de l’Espagnol Luiso Berdejo; „Verboden Ogen“ et „The rise and fall of the legendary Anglobilly Feverson“, respectivement des Hollandais Lebert van Strien et Rosto A.D.; „Venus Velvet“, du Portugais Jorge Cramez et „Comptine“, du Belge Damien Chemin.

Nuit des âmes

Des sorcières, des lycanthropes, venus des profondes et obscures forĂŞts des Vosges, des visiteurs d’autres planètes avec d’Ă©tranges monstres aux traits incroyables, Ă©taient les protagonistes d’une des nuits les plus attendues du festival: la neuvième Ă©dition de „La Nuit du cinĂ©ma fantastique“. Pendant ce rendez-vous magique, qui s’est dĂ©roulĂ© le 4 avril, un cinĂ©ma plus commercial a trouvĂ© sa place. Des centaines d’aficionados ont pu voir ainsi „The Core“, „Beyond-Reanimator“, „28 Days Later“ et „Darkness“. Si ces quatre long mĂ©trages Ă©taient hors concours, ils furent l’attrait parfait pour animer une grande soirĂ©e masquĂ©e avec des prix fantasmagoriques, qui ont Ă©tĂ© distribuĂ©s parmi le public.

Un autre volet important de la dernière Ă©dition de „CinĂ©nygma“ a Ă©tĂ© la rĂ©trospective consacrĂ©e Ă  l’oeuvre du Japonais Koji Suzuki, initiateur du phĂ©nomène „The Ring“, Ă  qui on a rendu hommage avec les projections de „Ring“, „Ring 2“, „Ring 0“ et „Ring: The Spiral“, dans une nuit asiatique de l’horreur.

AdaptĂ©s Ă  partir de l’oeuvre de Koji Suzuki, qui est Ă  l’Orient ce que Stephen King est Ă  l’Occident, ces quatre travaux commencent par une scène fameuse montrant deux jeunes qui se font peur avec des histoires de cassette-vidĂ©o qui signifie la mort de tous ceux qui la regardent …

Egalement hors compĂ©tition, ont pu ĂŞtre admirĂ©s cinq travaux tournĂ©s grâce aux nouvelles techniques de la vidĂ©o digitale, dont l’utilisation permet aux jeunes rĂ©alisateurs d’atteindre de très hauts niveaux d’expressivitĂ© et de qualitĂ© d’image, le tout Ă  des frais rĂ©duits.

Face Ă  ces innovations techniques, la „CinĂ©mathèque municipale“ misait sur les grands classiques du genre, comme „The Exorcist“, „Possession“, „Rosemary’s Baby“, „Sisters“, „Picnic at Hanging Rock“, „The Mafu Cage“, „Carrie“, „The Brood“ et „Cat people“. Somme toute, l’horreur Ă©tait parfaite.

Nassio Beltrán

(Traduction de l’espagnol: Paca Rimbau Hernández)

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