Ce qui en musique classique est routine, ne fait que dĂ©marrer en musique traditionnelle: la collaboration entre jeunes musicien-ne-s d’Europe.

L'“Eyfo“, le „European Youth Orchestra“ se produira le 2 et 3 mai Ă Dudelange.
(roga) – Les musiques traditionnelles, ou musiques folk, constituent par dĂ©finition la souche de toutes les musiques ultĂ©rieures, fussent-elles classiques, jazz, rock ou autres. RepoussĂ©es par la montĂ©e fulgurante d’autres genres populaires, surtout le rock et la pop, les musiques dites traditionnelles Ă©taient menacĂ©es d’ĂŞtre Ă©vincĂ©es de la scène et enterrĂ©es dans la musĂ©ologie folklorique. Dans les annĂ©es 70 et 80, on assistait certes Ă une renaissance spectaculaire du folk, notamment par le biais du folk-rock d’inspiration celtique et par l’acceptation plus gĂ©nĂ©rale desdites musiques du monde. C’Ă©tait la pĂ©riode de la naissance du „Folk Clupp“ chez nous et des initiatives similaires dans toutes les rĂ©gions du monde.
HĂ©las, les hĂ©ros de la première heure du renouveau folk sont passĂ©s Ă l’âge de la sagesse et on pouvait se demander sĂ©rieusement si les musiques traditionnelles pouvaient encore avoir quelque avenir dans cette Europe de plus en plus soumise au diktat de l’industrie culturelle globalisĂ©e.
Dans les pays scandinaves et en Grande-Bretagne, les pouvoirs publics ou des fondations privĂ©es ont fait des efforts pour transfĂ©rer le savoir traditionnel aux nouvelles gĂ©nĂ©rations. Il n’est donc pas surprenant que de ces deux contextes bien protĂ©gĂ©s sont issus les nouvelles personnalitĂ©s et les nouveaux groupes de rĂ©fĂ©rence.
Rien Ă envier aux anciens
Puisque dans d’autres genres musicaux, des orchestres transnationaux composĂ©s de jeunes musicien-ne-s sont dĂ©jĂ actifs depuis belle lurette, l’idĂ©e de crĂ©er un orchestre europĂ©en de jeunes artistes du folk n’Ă©tait que logique. Mais il fallut attendre l’initiative de Maurizio Martinotti pour que ce rĂŞve devienne rĂ©alitĂ©. Martinotti n’est pas un de ces jeunes talents du renouveau du folk Ă l’aube du millĂ©naire, mais l’une des figures de proue de la musique traditionnelle en Italie en tant que membre fondateur du groupe phare „La Ciapa Rusa“. Mais c’est lui qui, via ses activitĂ©s au sein du „RĂ©seau europĂ©en de musiques et danses traditionnelles“, a su nouer les premiers contacts en vue de la crĂ©ation de ce jeune orchestre. Le flambeau a Ă©tĂ© repris en l’occurrence par Pär Moberg, jeune musicien suĂ©dois aux talents et activitĂ©s multiples. Le „European Youth Folk Orchestra“ ou „Eyfo“ est actuellement constituĂ© de onze jeunes musicien-ne-s venant de neuf pays europĂ©ens. Pär Moberg est responsable de la direction et des arrangements, les autres protagonistes sont: Ase Teigland (Norvège), Johannes Uhlmann (Allemagne), Anna-Kristina Widell (Suède), Marco Domenicetti (Italie), David O’Connell (Irlande), Piia Kleemola (Finlande), Anna Tabbush et Holly Sheldrake (Grande-Bretagne), JerĂ´me Liogier (France) et Pablo Martin (Espagne).
Le premier compact „enfants terribles“ est sorti en 2002 chez „FolkClub Ethnosuoni“. Il s’agit d’un excellent enregistrement en direct, rĂ©alisĂ© lors de concerts Ă Vercelli et Lecco en Ă©tĂ© 2002. L’on ne peut que recommander le concert Ă toutes les personnes intĂ©ressĂ©es Ă une interprĂ©tation certes fidèle, mais très dynamique et innovatrice, de sons traditionnels par de jeunes musicien-ne-s qui n’ont rien Ă envier Ă leurs anciens. Notons qu’en première partie du concert de ce vendredi se produira le duo wallon „Matoufèt“. Un deuxième concert ce samedi prĂ©sentera un groupe flamand absolument d’avant-garde – „Ambrozijn“ – dont la musique est teintĂ©e d’Ă©lĂ©ments rock et jazz. La soirĂ©e se terminera sur un bal folk animĂ© par le groupe luxembourgeois bien connu „Carvine“.
Les concerts de Dudelange s’inscrivent dans un important congrès international qui se tient Ă Echternach les 2 et 3 mai. Avec le soutien du programme europĂ©en „Culture 2000“ de la Commission europĂ©enne, les membres du „RĂ©seau europĂ©en des musiques et danses traditionnelles“ dĂ©finiront les stratĂ©gies pour les prochaines annĂ©es. L'“Eyfo“ montre que les efforts ne sont pas vains.

