A la suite de l’arrêt définitif n° 278/26 X rendu le 3 juin 2026 par la Cour d’appel du Grand-Duché de Luxembourg, les affirmations publiées par le woxx au sujet du reportage de RTL, de son montage et des blessures de Sophie Schram doivent être confrontées aux constatations judiciaires ayant conduit à l’acquittement intégral de Marc Thoma, Sophie Schram et Alain Berwick.
Les informations antérieures concernées
Dans l’article « L’honneur perdu d’Enrico Lunghi » du 8 novembre 2016, Luc Caregari écrivait :
« Car s’il s’avérait que RTL ait vraiment procédé à un montage – et aurait donc truqué la bande-son et les images, de façon à mettre en scène un incident qui ne s’est pas déroulé ainsi en réalité – cela ne serait pas qu’une infamie qui souillerait le métier de journaliste. Ce serait aussi un délit. »
« Si le geste envers Sophie Schram reste condamnable, il semble désormais clair qu’il s’agissait d’un piège dans lequel Lunghi est tombé. »
Dans l’article « Affaire Lunghi : Team Enrico partout » du 11 novembre 2016, le woxx écrivait :
« Et avant tout le ministre de la Culture Xavier Bettel, qui n’a même pas cherché à savoir ce qui s’était vraiment passé lors de l’interview en question avant de livrer des déclarations tonitruantes sur la liberté de la presse devant les caméras. Car s’il s’avérait que RTL aurait justement abusé de cette liberté pour truquer le reportage au montage, il se retrouverait dans de bien mauvais draps lui aussi. »
Dans l’article « Série : What the Facts?! (5) : Sous pression » du 24 avril 2017, Luc Caregari écrivait :
« Car le montage proposé dans la deuxième émission consacrée à l’incident devant l’entrée du Mudam, impliquant son (maintenant ex-)directeur et la journaliste (sans carte de presse pourtant) free-lance Sophie Schram, enfreint bel et bien les articles 9b et 9c dudit code de déontologie. Qui dit en somme que “l’image” (photo, graphisme, séquence filmée…) ne doit pas déformer la réalité ».
« Or, c’est exactement ce qui s’est passé dans la deuxième édition du “Nol op de Kapp” dédiée aux remous dans la scène culturelle. »
Ce que la Cour d’appel a définitivement jugé
Sur la prétendue manipulation du montage, la Cour d’appel a retenu :
« Il ne ressort d’aucun élément du dossier répressif que si les 28 secondes étaient restées dans le reportage, le public aurait pu avoir une impression moins négative du comportement d’Enrico LUNGHI. La coupure de 28 secondes a partant été faite à bon droit. »
La Cour d’appel a également expliqué pourquoi la séquence retranchée n’altérait pas l’information du public :
« Dans ces conditions, la Cour retient que cet échange, en raison de son caractère lacunaire et fragmentaire, n’est pas de nature à apporter un éclairage utile au public, ni à contribuer de manière significative à son information, surtout en ce qui concerne l’objet du reportage du 3 octobre 2016, à savoir l’agression par le directeur du MUDAM sur la journaliste, agression qui s’est en plus déroulée après les 28 secondes qui ont été coupées. »
Sur le comportement filmé d’Enrico Lunghi, l’arrêt décrit précisément la scène :
« Enrico LUNGHI saisit avec sa main gauche le micro et avec sa main droite le poignet gauche de Sophie SCHRAM, main avec laquelle elle tient le micro, et il abaisse d’un geste sec et rapide l’avant-bras gauche de Sophie SCHRAM en utilisant ses deux mains. »
Sur les blessures de Sophie Schram, la Cour d’appel a constaté :
« La Cour constate encore que les blessures subies par Sophie Schram sont dûment établies par les certificats médicaux régulièrement versés aux débats. Elle observe par ailleurs que l’incident à l’origine de ses lésions a fait l’objet d’une reconnaissance officielle en tant qu’accident du travail par l’Association d’assurance accident. »
La Cour d’appel a, en outre, replacé cet incident dans le contexte des responsabilités publiques d’Enrico Lunghi :
« La Cour relève, en outre, qu’eu égard à la notoriété d’Enrico LUNGHI ainsi qu’à ses fonctions de directeur du MUDAM, institution culturelle d’importance, il peut légitimement être attendu de sa part un comportement empreint de retenue, de maîtrise et de professionnalisme, en particulier dans le cadre d’interactions avec les médias. »
Sur la licéité du reportage, la Cour d’appel a retenu :
« Au vu du contexte et des développements qui précèdent, la Cour d’appel retient que Sophie SCHRAM et Marc THOMA ont diffusé le reportage, sans qu’il n’y ait eu dépassement des limites de la liberté d’expression. »
La Cour d’appel a également écarté l’idée que le reportage aurait poursuivi une volonté de nuire :
« Bien au contraire, tel que Marc THOMA et Sophie SCHRAM l’ont souligné à l’audience, la Cour constate qu’ils cherchaient non pas à ternir l’image d’Enrico LUNGHI, mais à montrer le comportement adopté par le directeur du MUDAM à la suite d’une question posée par la journaliste et perçue comme désagréable par Enrico LUNGHI. »
« Dans ces conditions, la Cour retient que l’intention méchante ne saurait être retenue en l’espèce, le reportage litigieux reposant sur des éléments factuels établis et ne dépassant pas le cadre d’une critique journalistique sur un sujet d’intérêt général et partant ce qui doit être admis dans le cadre de la liberté de presse et d’expression. »
La Cour d’appel a également retenu que le reportage reposait sur « des éléments factuels établis » et que « l’intention méchante ne saurait être retenue en l’espèce ».
Marc Thoma, Sophie Schram et Alain Berwick ont été acquittés de l’ensemble des préventions par la Cour d’appel du Grand-Duché de Luxembourg le 3 juin 2026.
Cet arrêt est définitif .

