Dans les salles : Grâce à Dieu

L’éclectisme de François Ozon est parfois clivant, mais c’est clairement du bon côté que se situe ce film. Le sujet de la pédophilie dans l’Église catholique y est abordé frontalement, sans pourtant donner dans le pamphlet anticlérical basique. L’excellente distribution, dirigée avec maestria, y est aussi pour beaucoup.

L’évaluation du woxx : XXX
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Présentation de CD : Des passerelles au féminin

Longtemps méconnue dans son propre pays, la compositrice luxembourgeoise Helen Buchholtz (1877-1953) est revenue sur le devant de la scène il y a moins de 20 ans. Un nouvel enregistrement de ses compositions sera présenté ce vendredi 5 avril à Ettelbruck.

Gerlinde Sämann (soprano) et Claude Weber (pianiste) associeront la musique de Helen Buchholtz à celle de quatre de ses consœurs contemporaines. (Photo : Severine Schweiger, Munich )

D’elle, même les spécialistes ne connaissaient encore en 1998 que le nom et quelques lieder archivés à la Bibliothèque nationale de Luxembourg. Pourtant, Helen Buchholtz, née à Esch-sur-Alzette en 1887, a composé quelque 135 œuvres désormais répertoriées – dont seules 16, il est vrai, ont été publiées de son vivant. mehr lesen / lire plus

Dans les salles : Jiang hu er nü

Jia Zhangke déroule encore une fois son histoire sur des décennies, cette fois dans le milieu de la pègre chinoise où un amour se délite au fil des revers de fortune. En arrière-plan, les changements à vitesse grand V de la société chinoise. Du cinéma aux plans vraiment larges et avec du souffle.

L’évaluation du woxx : XX
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OPL et Gustavo Gimeno : Rossini

Septième CD de l’Orchestre philharmonique du Luxembourg sous la baguette de Gustavo Gimeno pour le label Pentatone, la « Petite Messe solennelle » de Gioachino Rossini vient de sortir. Compte rendu d’écoute.

Si le « Requiem » de Verdi comporte des accents opératiques certains, la « Petite Messe solennelle » de son prédécesseur Rossini est une œuvre beaucoup plus épurée et au sentiment religieux plus retenu. C’est que le vieux maître, en retraite de sa carrière à l’opéra, l’a composée d’abord pour un ensemble intimiste destiné à se produire dans une chapelle privée. Mais pour éviter l’orchestration opportuniste après sa mort d’un musicien en quête de cachet et de gloire, il s’est attelé à une version pour orchestre et chœur peu avant sa mort. mehr lesen / lire plus

Vidéo : Vivre ensemble

Le court métrage « Livre d’heures » de Suzan Noesen est actuellement présenté dans la BlackBox du Casino. Peut-être pas une vidéo d’art, mais un touchant plaidoyer cinématographique pour la solidarité intergénérationnelle.

Photos : Suzan Noesen

C’est une réalité désormais connue : nombre de vidéos que propose la BlackBox du Casino – Forum d’art contemporain appartiennent plus au registre du cinéma qu’à celui… de l’art contemporain. À tel point que lundi dernier, avant une projection dont l’imminence était annoncée par un décompte, on pouvait même entendre un couple anglophone plaisanter sur l’absence de pop-corn. Mais si « Livre d’heures » est d’abord un film de fiction écrit et scénarisé – la preuve en est le soutien affiché du Film Fund –, il ne dénote pas pour autant dans ces lieux consacrés à l’art. mehr lesen / lire plus

Philippe Godeau : Yao

Cette histoire initiatique d’un Français d’origine africaine qui retourne sur la terre de ses ancêtres contient les habituels poncifs. Mais le Sénégal y est cinégénique, le jeune acteur émouvant et Omar Sy, qu’on sait piètre acteur de composition, plutôt juste dans un rôle qui, évidemment, lui ressemble.

L’évaluation du woxx : XX
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Théâtre : Dandin traverse l’Atlantique

S’appuyant sur la résonance actuelle de la farce tragicomique de Molière, le Centaure propose un « George Dandin » revisité en dystopie hollywoodienne. Une adaptation où les intentions fusent, mais où l’on se perd un peu.

Une atmosphère hollywoodienne : le fil conducteur de la mise en scène d’Anne Simon. (Photo : Bohumil Kostohryz)

Même si leur langue a quelque peu vieilli, bien des pièces de Molière restent d’une actualité criante. C’est le cas pour « George Dandin », portrait d’un riche paysan parvenu qui acquiert un titre et une respectabilité grâce à son mariage avec Angélique, aux parents nobles mais désargentés. mehr lesen / lire plus

James Kent : The Aftermath

Amatrices et amateurs de mélos en auront pour leur argent avec ce film qui respecte à la lettre les codes du genre, sans beaucoup de fantaisie. Pour les autres, le sujet de la réquisition britannique de demeures allemandes après la Seconde Guerre mondiale apporte tout de même un soupçon de plus-value.

L’évaluation du woxx : X
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Guillaume Giovanetti et Çağla Zencirci : Sans fil et en sifflant

Après avoir posé leur caméra au Japon puis au Pakistan, Guillaume Giovanetti et Çağla Zencirci font halte dans les montagnes qui bordent la mer Noire. « Sibel », le film que leur a inspiré le « village des oiseaux », est l’histoire d’une jeune femme pas comme les autres dans un endroit pas comme les autres.

Le regard vert de Sibel (Damla Sönmez) est de ceux qu’on n’oubliera pas de sitôt. (Photo : Pyramide distribution)

À Kusköy, il existe une tradition centenaire qui permet de se parler d’un versant de montagne à l’autre sans dépendre de la technologie moderne : la langue sifflée. mehr lesen / lire plus

David Lowery : The Old Man and the Gun

Le vétéran Robert Redford fait le boulot en braqueur de banques comme on n’en fait plus, systèmes de sécurité modernes obligent. Le grain de la pellicule accentue le côté vintage, les seconds rôles sont impeccablement tenus et surtout, l’absence relative de violence sur un tel sujet est singulièrement reposante.

L’évaluation du woxx : XX
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Opéra contemporain : Silence, ça chante !

La semaine prochaine aura lieu au Luxembourg la création mondiale de l’opéra de chambre « En silence », mis en scène par Solrey sur une musique d’Alexandre Desplat. L’ensemble Lucilin, non content d’en assurer l’interprétation, peut s’enorgueillir d’avoir fait aboutir le projet des deux artistes.

Solrey et Alexandre Desplat : une complicité à découvrir pour la première fois dans un opéra. (Photo : Jérôme Lobato)

Avec « Kein Licht », créé en 2017 à la Ruhrtriennale et joué ensuite au Grand Théâtre de Luxemboug et en France, Lucilin a décidément eu le nez creux. Car c’est à l’issue d’une représentation à l’Opéra-Comique de Paris que Guy Frisch, directeur artistique et percussionniste de l’ensemble de musique contemporaine luxembourgeois, rencontre Alexandre Desplat et lui propose, au culot, une collaboration. mehr lesen / lire plus

Robert Rodriguez : Alita: Battle Angel

Pour aimer le film, mieux vaut compter parmi les adeptes de science-fiction en général ou du manga dont il est tiré en particulier. Car s’il arrive à faire croire à ce 26e siècle tourmenté, notamment grâce à son héroïne cyborg en motion capture, Robert Rodriguez ne brille pas par la construction du scénario.

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Idylles symphoniques

Il n’était certes pas annoncé comme représentation de Saint-Valentin, mais le concert donné par l’OPL vendredi 15 février a fait la part belle aux histoires d’amour, avec une excellente prestation vocale d’Anja Harteros. Pour célébrer son retour après plusieurs mois, le directeur musical Gustavo Gimeno avait également programmé la « Symphonie en ré mineur » de César Franck. Compte rendu en mots sur des notes très romantiques.

Photos : Alfonso Salgueiro

C’est dans une Philharmonie pas complètement remplie que retentit le premier accord. Plutôt que de mettre en cause le programme, original mais pourtant pas téméraire pour le goût souvent classique du public, on blâmera le début des vacances scolaires, qui pour beaucoup signifient un départ tant attendu aux sports d’hiver. mehr lesen / lire plus

Peter Farrelly : Green Book

Oui, cette balade dans le sud des États-Unis avec un artiste noir et son chauffeur blanc d’origine italienne est formatée pour les Oscars… mais la performance des deux acteurs principaux et le soin apporté à la réalisation compensent largement certaines ficelles voyantes et parfois trop appuyées du scénario.

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Art vidéo : Trompeuses alternances

La BlackBox du Casino propose jusqu’à la fin du mois le cycle « Carnations » du Québécois Philippe Hamelin. Entre animations 3D volontairement simplistes et images réelles, les vidéos génèrent des interrogations sans pour autant durablement impressionner.

Image extraite de l’animation « Les amis (à l’infini) », 2014/2017. (Photo : avec l’aimable concours de l’artiste)

Sur le premier écran, d’abord totalement noir, apparaît en silence un cadre aux fins bords rouges. Il s’emplit de blanc à partir du coin inférieur droit, puis soudain l’image d’une cage à oiseaux, probablement dans un zoo, vient imprimer la rétine sans transition tandis que les piaillements titillent l’oreille. mehr lesen / lire plus

Virtuosité débridée

Le dimanche 3 février était placé sous le signe de la comédie à la Philharmonie. Sur scène, la pianiste Yuja Wang, en résidence cette année, est devenue « The Clone », dans un spectacle conçu par le duo de musiciens virtuoses et fantaisistes Igudesman & Joo.

Photos : Alfonso Salgueiro

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle ne se prend pas au sérieux, Yuja Wang. La pianiste chinoise, avec pourtant déjà une carrière classique impressionnante derrière elle, se plie ce soir au jeu de la guest star. Igudesman & Joo ont écrit pour elle ce spectacle éphémère, programme de concerts serré sur tous les continents oblige : la seule autre représentation sera pour le 11 février au Carnegie Hall de New York. mehr lesen / lire plus

Clint Eastwood : The Mule

Est-ce le dernier film de Clint Eastwood, 88 ans ? À le voir à l’écran, dans un personnage qui lui ressemble, on pourrait le croire, et c’est terriblement émouvant. Mais au-delà de cette question légitime, le film est bien ficelé, malgré quelques longueurs narratives, et la réalisation sobre et efficace.

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Théâtre : En alexandrins, s’il vous plaît

Une suite au « Misanthrope » de Molière ? C’est le défi un peu téméraire qu’a pourtant relevé Jacques Rampal en 1992. Le TOL s’est emparé de cette pièce devenue entre-temps classique, et le résultat est un bonheur de langue et de théâtre.

Le bon Dieu peut-être, mais sans confession ? Colette Kieffer et Frédéric Largier dans « Célimène et le cardinal ». (Photos : Ricardo Vaz Palma)

Certes, Georges Courteline avait montré la voie en composant au début du 20e siècle la courte pièce « La conversion d’Alceste » pour la Comédie-Française, dans le style de Molière. Mais l’entreprise de Jacques Rampal (1944-2015), qui s’est attelé à l’écriture d’une suite de l’éternel classique, est d’une tout autre envergure : ses alexandrins se déploient sur une heure et demie de spectacle. mehr lesen / lire plus

Rohena Gera : Sir

Tout en hésitations et en regards qui en disent plus long que des mots, le film conte un amour impossible dans une Inde où la violence feutrée des rapports de classes est naturelle, voire revendiquée. C’est beau et triste à la fois, quelquefois trop contemplatif, mais criant de vérité et très bien interprété.

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Théâtre : Le spleen discret de la bourgeoisie

Miroir vers l’audience où le gouffre entre convictions et actes s’étale béant, « Pièce en plastique » est une intéressante production sur un texte parfois trop prévisible.

Photos : Bohumil Kostohryz

L’incommunicabilité au sein du couple, l’aliénation par le travail, les relations familiales tendues, la marchandisation universelle, les rapports de classes… n’en jetez plus ! Marius von Mayenburg, dans « Pièce en plastique », s’empare d’un nombre impressionnant de sujets de société pour titiller les consciences de ses spectatrices et spectateurs. Tout part de l’embauche par Michael et Ulrike – respectivement médecin et assistante personnelle d’un artiste médiatique – d’une femme de ménage censée les soulager. mehr lesen / lire plus