Guillaume Nicloux : Valley of Love

1326filmflopHuppert et Depardieu déambulent dans la vallée de la Mort, suent beaucoup et évoquent un fils disparu. Guillaume Nicloux a voulu filmer l’invisible et plante une scène finale mémorable au son de « The Unanswered Question » de Charles Ives. Pour le reste : un brin ésotérique, clairement ambitieux et malheureusement plutôt longuet. mehr lesen / lire plus

Bruno Podalydès : Comme un avion

1326filmtippUne subtile comédie au fil de l’eau où la poésie, le cinéma de Renoir fils et la peinture de Renoir père se mêlent. Bruno Podalydès filme et joue avec l’étonnement d’un gamin cet agréable moment de détente estivale, avec le charme de Sandrine Kiberlain et d’Agnès Jaoui en bonus. mehr lesen / lire plus

Pete Docter : Inside Out

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Le studio Pixar se met en tête… de personnifier les émotions d’une fillette au moyen de figures loufoques aux commandes de son cerveau. Il a bien fallu simplifier le chemin vers la dépression, certes, et sacrifier à un certain didactisme. Mais on rit souvent, on réfléchit un peu et la morale est un sacré pied de nez au pays où tout doit toujours aller bien. mehr lesen / lire plus

Colin Trevorrow : Jurassic World

1324tippColin Trevorrow, un long métrage indépendant à son actif, réalise un hommage à la limite du remake du « Jurassic Park » de 1993. Les similarités sont si troublantes, invention cinématographique en moins, qu’on se demande pourquoi les producteurs – dont fait partie Steven Spielberg – n’ont pas plutôt choisi un tâcheron appliqué. Les inconditionnels de la première heure jubileront, mais ceux qui voudraient trouver une étincelle de nouveauté parmi des effets numériques certes impeccables pourront passer leur chemin. mehr lesen / lire plus

Charlotte de Turckheim : Qui c’est les plus forts ?

1323tippCharlotte de Turckheim, probablement à cause de son passé de comique de café-théâtre, a truffé son film de petites imperfections : une hésitation constante entre drame social et comédie légère, un scénario qui s’éparpille et qui aurait pu séduire si plus resserré, une direction d’acteur quasi inexistante qui laisse les comédiens bien seuls avec leurs personnages… Dommage pour la pétillante Alice Pol qui parvient dans ce qu’il faut bien appeler un brouillon à attirer tous les regards, et qui sauve le film de la déroute. mehr lesen / lire plus

Un nouveau site !

(Photo : Blaise Alleyne, CC-BY-2.0)

(Photo : Blaise Alleyne, CC-BY-2.0)

Voilà déjà longtemps qu’on y pensait, et puis l’incertitude qui a plané fin 2014 sur l’aide à la presse nous a contraints à reporter le projet. Pourtant il fallait bien le remplacer, ce site qui, lors de sa mise en place il y a plus de dix ans, avait été à la pointe du progrès. Alors on s’est mis au travail, on a pioché dans les logiciels libres et on a consacré l’intégralité de notre mince budget – quelques milliers d’euros seulement – à la migration de tous les articles de l’ancien site vers le nouveau. mehr lesen / lire plus

Brad Bird : Tomorrowland

Après un « Cinderella » mièvre et raté, Disney s’appuie sur une des attractions de ses parcs à thème pour construire un film futuriste. Même si l’idéologie du progrès à peine édulcorée véhiculée par Brad Bird sera rédhibitoire pour ceux qui réfléchiront au message, le produit est bien ficelé et le trio formé par George Clooney, Britt Robertson et la jeune et talentueuse Raffey Cassidy est agréable à l’écran. Toute la famille appréciera. mehr lesen / lire plus

George Miller : Mad Max: Fury Road

1322floppEst-ce par égard pour George Miller, le réalisateur des opus précédents et désormais âgé de 70 ans, que certains critiques parlent de réinvention du cinéma d’action ou de fable écologique ? Dans ce long enchaînement de crissements de pneus, d’explosions, de filles dénudées (mais pas Charlize Theron, elle en a, elle !) et de sales gueules conduisant des véhicules monstrueux au son d’une guitare électrique saturée, les férus d’action seront comblés au générique de fin et les autres auront mal à la tête. Comme d’habitude, finalement, malgré les dithyrambes. mehr lesen / lire plus

Arnaud Desplechin : Même pas mal !


Flirtant avec le film d’espionnage pour finalement s’affirmer chronique d’un amour adolescent, « Trois souvenirs de ma jeunesse », le nouveau film d’Arnaud Desplechin, est servi par des acteurs remarquables. Mais de ces trois souvenirs, un est cependant hypertrophié.

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Les prémices d’une passion dévorante. (Photo : Jean Claude Lother – Why Not Productions)

« J’ai rien senti. » C’est la phrase clé du film, assenée tant à l’occasion des coups donnés par un père veuf trop tôt qu’après un tabassage en règle par des rivaux en amour. Elle sonne comme si celui qui la prononce traversait la vie sans vraiment qu’elle le marque. mehr lesen / lire plus

Théâtre : Jeux cruels

Étonnants parallèles que ceux que l’on découvre entre « Hosanna » et « Chien-chien », deux pièces à l’affiche en ce moment au Centaure et au TOL.

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Deux hommes s’affrontent dans « Hosanna »… (Photo : Bohumil Kostohryz)

Si la vitalité de la création théâtrale était à démontrer dans la capitale, ce mois de mai en donnerait une preuve décisive. Dans un vivier de spectateurs plutôt limité et avec des moyens qu’on ne peut comparer avec ceux des institutions publiques, le Centaure et le TOL proposent deux productions enthousiasmantes dont les points communs sont nombreux, comme si cette fin de saison entrait en résonance. mehr lesen / lire plus

THÉÂTRE: Festival de coups bas

La nouvelle production du TOL, « Sous la ceinture », dissèque avec une méticulosité entomologique les absurdités du monde du travail. Fabienne Zimmer dirige à la baguette trois comédiens au diapason.

Lorsqu’un supérieur
se lâche… (Photo : TOL)

Si la pièce « Below the Belt », écrite par l’Américain Richard Dresser en 1995, a été traduite sous le titre « Sous la ceinture », il faut y voir une référence aux coups de boxe interdits plutôt qu’à des dialogues graveleux. Coups bas, tromperies, cachotteries et manipulations s’y succèdent en effet à un rythme effréné : celui du monde du travail actuel. Les palissades qui bordent une mystérieuse usine et la dressent comme une forteresse dans le désert environnant, tel un ring, fixent les règles de la vie au travail. mehr lesen / lire plus

THÉÂTRE: Émotions et mots crus

« Nathalie Ribout », de Philippe Blasband, actuellement au TNL dans une mise en scène de Joël Delsaut, dépeint la rencontre improbable entre une ex-épouse assoiffée de vengeance et une prostituée prenant son travail un peu trop à cœur.

Une relation d’abord strictement professionnelle qui se transforme peu à peu. Qui domine qui ? Caty Baccega et Valérie Bodson dans « Nathalie Ribout ». (Photo : Aldo Piscina)

Sonia est une cantatrice auréolée d’un succès certain, mais dont le mariage avec un violoncelliste s’est délité au fil des années. Elle s’enfonce dans la dépression. Par vengeance, elle imagine un stratagème peu commun : elle paye une prostituée pour entamer une liaison avec son ex-mari et lui en raconter les détails. mehr lesen / lire plus

THÉÂTRE: Un enfant à tout prix ?

Dans « Ce soir j’ovule », Carlotta Clerici habille de mots souvent drôles et toujours touchants le parcours d’une combattante de la maternité. Une pièce à l’unisson des interrogations actuelles sur le désir d’enfant et la conception, portée par un duo de femmes bien trempées au Théâtre du Centaure.

Clara (Anne Brionne) revit un épisode douloureux qui a conduit à un choix radical, sans pourtant se départir d’un humour salutaire.

Clara a la trentaine. Avec Marc, tout va bien ; tout va très bien même, au point qu’elle se décide à avoir un enfant. Mais son ventre s’obstine à rester vide. L’engrenage s’enclenche alors : partie d’une simple consultation chez sa gynécologue, elle va finir par devenir l’esclave d’une société et d’une technologie postmodernes, avalant quantité de médicaments prescrits par des spécialistes de plus en plus pointus et faisant l’amour à des jours et heures déterminés par son obsession de concevoir. mehr lesen / lire plus

WORLD MUSIC: Une voix ouverte au monde

Née en Espagne, la chanteuse Buika mêle les sonorités du flamenco aux réminiscences du pays de ses ancêtres, la Guinée équatoriale, tout en s’ouvrant aux influences anglo-saxonnes maintenant qu’elle réside à Miami. Un concentré d’origines et un hommage à la puissance créative de la migration à découvrir bientôt à la Philharmonie.

Buika sur scène, c’est une expérience intense tant pour les spectateurs que pour l’artiste.

« New Afro Spanish Generation », tel est le titre de la chanson d’ouverture de l’album « Buika », deuxième opus de la chanteuse espagnole, en 2005. Si la musique adopte un style latin jazz plutôt convenu, le mélange d’anglais et d’espagnol, la voix déjà assurée et surtout le thème développé préfigurent l’œuvre à suivre. mehr lesen / lire plus

KULTUR-TIPP: Marc André Meyers : D’amour et d’acier

(ft) – Jacques Esch, fils naturel d’un notaire de Redange, intègre l’Arbed après de brillantes études. Envoyé au Brésil, il va y lancer l’industrie sidérurgique du pays, côtoyer les présidents Getúlio Vargas et Juscelino Kubitschek et connaître l’amour fou avec Leontina, malgré la réputation sulfureuse de celle-ci dans une société pétrie de bien-pensance. Exposé en ces termes, avec en arrière-plan la grande épopée de la collaboration sidérurgique entre grand-duché et Brésil, l’argument du livre a tout pour attirer le public luxembourgeois. Mais, malgré une traduction efficace du portugais, les nombreuses ellipses temporelles et le foisonnement de détails exotiques (spécialités luxembourgeoises, lieux précis, espèces animales et végétales brésiliennes…) destiné à convaincre de l’enracinement du livre dans les deux pays évoqués empêchent l’intrigue de se développer réellement. mehr lesen / lire plus

ALEJANDRO GONZÁLEZ IÑÁRRITU: Sur la corde raide

Dans « Birdman », Alejandro González Iñárritu retrouve un semblant de sobriété pour mettre en scène le retour d’un Michael Keaton étonnant. Un film intelligent et réjouissant.

Michael Keaton en célébrité à la recherche d’une légitimité d’acteur et Edward Norton en comédien adulé mais alcoolique : un duo explosif.

On savait le réalisateur mexicain virtuose du film choral (« Babel », clef de voûte de son oeuvre cinématographique) et du réalisme poignant (« Biutiful ») ; quelquefois maître de l’esbroufe aussi, tant ses précédents films semblaient faits pour impressionner. Le voilà donc qui met sa maîtrise technique au service d’une comédie grinçante et un peu vache. mehr lesen / lire plus

THÉÂTRE: Quand Jean-Marie rencontre Daphné

« Le mec de la tombe d’à côté » est à l’origine un roman auréolé du statut de best-seller planétaire. Le TOL s’empare de son adaptation théâtrale pour le plus grand plaisir du spectateur.

Ils ont passé des semaines à se recueillir chacun de son côté : ce premier sourire échangé augure-t-il pourtant une histoire idyllique ? (Photo: Ricardo Vaz Palma / TOL)

Le livre de Katarina Mazetti, publié en 1999, a connu un succès retentissant : près d’un demi-million d’exemplaires vendus en Suède et des traductions en 33 langues à ce jour. Véronique Fauconnet, directrice du Théâtre ouvert Luxembourg, a dû batailler ferme pour pouvoir monter la pièce au grand-
duché. mehr lesen / lire plus

GRAPHISME: Sages et voluptueuses arabesques

Les circonvolutions graphiques de Jean-Luc Moerman, tour à tour tourmentées et sereines, s’invitent sur des supports éclectiques. La galerie Nosbaum & Reding en propose un aperçu qui donne envie de s’y plonger plus avant.

« Sans titre », 2015.  Impression sur skate + feutre : sensations fortes assurées pour les skaters, à condition d’être fortunés et de renoncer aux roulettes…

Le premier contact avec les oeuvres de Jean-Luc Moerman est singulier : lorsqu’on contemple ses toiles abstraites, entièrement recouvertes d’entrelacs, on pense d’abord au travail d’un graffeur doté d’un indéniable talent. En s’approchant, on distingue cependant plusieurs niveaux de lecture. Les arabesques colorées alternent sur plusieurs plans avec des enchevêtrements plus précis mais monochromes, telles des synapses dont les interconnexions donneraient une dimension intellectuelle aux tableaux. mehr lesen / lire plus

THÉÂTRE: Cent pour cent multiculturel

Ambitieux, le collectif théâtral luxembourgeois Independent Little Lies présente pour ses 20 ans la pièce « 99 % », aboutissement scénique d’une collaboration internationale de deux années. Si une certaine confusion des langues règne, le propos n’en est pas dilué pour autant.

Le pape, mâle alpha des catholiques et pourtant sans descendance, est évoqué comme parangon de la minorité par un conférencier déjanté.

La création qui s’est déroulée ce mercredi à Esch-sur-Alzette est le point culminant d’un projet un peu fou. Sur un concept de départ très vaste, l’opposition entre majorité et minorité, il aura fallu en effet deux ateliers d’écriture en Italie puis en Espagne pour forger la matière dont la pièce est construite, avant que celle-ci ne voie le jour à deux plumes, écrite finalement par le Catalan Elies Barberà et le Luxembourgeois Ian De Toffoli. mehr lesen / lire plus

Ardentes ondines de l’Alzette

Nous, ardentes ondines de l’Alzette
nous cheminons à travers les caresses de l’eau qui dort
serpentons d’un gave lorrain en vallons pentus
berçons les hameçons de pêcheurs lyriques
longeons prés et clairières avant de rejoindre au couchant
les moulins fantômes de la capitale endormie
frôlant de nos membres immatériels et pourtant graciles
le héron cendré solitaire du pont des Bons-Malades

Nous, ardentes ondines de l’Alzette
nous sifflons dans les roseaux de la campagne endormie
claironnons à qui veut l’entendre notre ostensible mélopée
déclamons des vers libres et des strophes muettes
soupirons lorsque nous entrons en Sûre
dans un patois que nous seules pouvons entendre
balayant de nos essors factices et pourtant vertigineux
les reflets d’un pont rouge du sang des suicidés

Nous, ardentes ondines de l’Alzette
nous rêvons de la pureté virginale de notre lit
songeons sans ambages aux ballons perdus dans nos flots
échafaudons les projets d’écoulement les plus extraordinaires
dressons l’inventaire de notre court royaume
où jadis officiaient maints artisans désormais caducs
berçant de nos sucs chimériques et pourtant nourrissants
un jardin potager où trône Mélusine

Nous, ardentes ondines de l’Alzette
nous crachons les gouttelettes de la fureur
exhalons les parfums capiteux de l’abondance aqueuse
surgissons à l’improviste au détour d’un orage
recouvrons en un instant la prétention des hommes
aveuglés par notre feinte bonhomie
expulsant nos ires idylliques et pourtant ravageuses
puis à pas feutrés retirant le fruit de notre déchaînement

Nous, ardentes ondines de l’Alzette
nous craignons les miasmes qui nous sont donnés en présents
redoutons vos traîtresses accolades
détournons notre ruissellement du voisinage de votre espèce
fuyons crânement tant que nous le pouvons
avec l’agilité des créatures qui savent leur faiblesse
déployant nos ailes invisibles et pourtant puissantes
pour bannir ce destin qui nous menace inexorablement


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