Luanda Leaks : Le Luxembourg au service d’Isabel dos Santos

von | 20.01.2020

Businesswoman d’exception pour les un-e-s, kleptocrate pour les autres : une chose est sûre, la fille de l’ex-président angolais possède des centaines de firmes et participations à travers le monde. Avec les Ludanda Leaks, cet univers parallèle est révélé – et le woxx est associé au dernier leak de l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ) en collaboration avec la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAF).

(©ICIJ)

La première femme milliardaire d’Afrique serait une self-made-woman, c’est le mythe qu’entretien Isabel dos Santos sur sa page web et ses comptes sur les réseaux sociaux. Pourtant, sachant que son père a régné en autocrate pendant une quarantaine d’années sur son pays et que c’est aussi par décrets présidentiels qu’elle s’est retrouvée à la tête de grandes firmes publiques, comme le groupe pétrolier Sonangol – véritable vache à lait du régime –, cette version de l’histoire devient difficile à avaler.

D’autant plus que depuis septembre 2018, l’ère Dos Santos est révolue. Celui qui mena le pays à travers une guerre civile sanglante à la tête de son Mouvement populaire de libération de l’Angola entre 1979 et 2002 a fait passer le pouvoir à son successeur João Lourenço – un haut dignitaire du parti aussi. Si Dos Santos et sa clique ont profité des années dorées post-guerre civile pour s’enrichir et faire de la capitale Luanda une des villes les plus chères du monde, la population reste coincée dans la pauvreté. En fait, la population angolaise est une des plus pauvres de la planète, avec 40 pour cent de personnes qui vivent avec moins de 700 dollars par an. Autant dire que la théorie du ruissellement (« tricke-down theory ») y est encore moins mise en pratique qu’en Occident.

Les Luanda Leaks montrent que l’argent des kleptocrates circule bel et bien en Europe.

(©Marven Ben Mustapha _ICIJ)

Dans ce contexte, l’amassement d’une telle fortune ne peut être vu que comme suspect. Par le nouveau régime aussi, qui s’attaque ouvertement à la famille Dos Santos – le frère d’Isabel dos Santos a même dormi en prison. Elle-même ne rentre pas pour l’instant au pays. Et pourquoi le ferait-elle d’ailleurs ? Les recherches dans les documents mis à disposition de l’ICIJ par la PPLAF démontrent qu’un de ses efforts majeurs consistait à faire sortir de l’argent de l’Angola pour l’investir dans toute une nébuleuse, qui s’étend sur presque toute la planète. C’est pourquoi l’histoire des Luanda Leaks n’est pas uniquement une histoire angolaise, mais une histoire mondiale. La fortune d’Isabel dos Santos n’aurait jamais pu fructifier si d’autres pays, instituts bancaires et firmes n’avaient pas accepté son argent.

Et bien sûr, le Luxembourg se trouve aussi sur la liste des pays ayant aidé la fille de l’autocrate à tisser sa toile planétaire. Nous avons identifié des entités en relation avec les Luanda Leaks – que nous révélerons et expliquerons dans notre numéro de vendredi prochain !

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