Luxleaks : Clap final pour Antoine Deltour

Vendredi dernier, le comité de soutien au lanceur d’alerte Antoine Deltour s’est dissous. Si pour le Français la lutte pour l’acquittement a été un succès, il n’en reste pas moins conscient que la mobilisation ne doit pas s’arrêter là.

Le 14 juin sur Facebook, Antoine Deltour écrivait du ton doux-amer qu’on lui connaît entre-temps : « Le procureur du Luxembourg et PwC ont jusqu’à demain pour remettre une pièce dans la machine (avec un nouveau pourvoi en cassation). S’ils ne le font pas, on dissout le comité de soutien et on trinque à leur santé et à celle de Marius Kohl ! »

Vu que ni le cabinet d’audit, ni le parquet luxembourgeois ne ressentaient l’envie pressante d’en remettre encore une couche – et n’empêche qu’en fin de compte, l’objet du procès contre Deltour n’avait porté que sur les documents de formation et non pas les rulings qui avaient déclenché l’affaire –, rien n’empêchait les soutiens au lanceur d’alerte de faire la fête.

Et il faut admettre que « le comité de soutien n’a pas chômé », comme il l’écrit dans son communiqué final : plusieurs centaines d’adhérent-e-s, 215.000 signatures pour la pétition, 71 organisations et 477 personnalités solidaires, une quinzaine de communiqués de presse, des lettres d’information régulières et bien sûr la présence assez poussée sur les réseaux sociaux, ce qui n’est pas rien. Par rapport aux finances, le comité peut aussi mettre en avant un franc succès, vu que grâce aux dons la totalité des frais de défense d’Antoine Deltour (quelque 90.000 euros) ont pu être pris en charge. Les 30.000 euros restants vont être redistribués à plusieurs organisations défendant la justice fiscale et en particulier au comité luxembourgeois de solidarité aux inculpés des Luxleaks, dans l’intention d’aider l’autre lanceur d’alerte Raphaël Halet à poursuivre son combat devant la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg.

N’en déplaise à l’ancien président François Hollande, qui dans son récent ouvrage prétend que l’État français aurait aidé Antoine Deltour dans sa démarche (ce qui lui valut d’ailleurs d’être recadré assez fraîchement par le lanceur d’alerte sur les réseaux sociaux), toute la lutte a donc été financée entièrement par la solidarité citoyenne. 

Voilà un chapitre qui se ferme dans la lutte pour plus de justice fiscale, mais il ne faut pas se rendormir : avec l’adoption – catastrophique pour les lanceurs d’alerte – de la directive européenne sur le « secret des affaires », le projet de loi sur les « fake news » et autres petites gâteries de la Macronie et de l’Europe, il reste du pain sur la planche.


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