VINCENT DE BRUS: Quelques malentendus seulement

Le duo Auteuil-Clavier à l’affiche est vraiment la seule raison pour aller voir „L’entente cordiale“, un film sans consistance et sans histoire.

Mise au point: „L’entente cordiale“ est un film assez nul, à la limite du médiocre dans ses meilleurs moments. Ni aussi drôle qu’il le devrait, ni aussi sérieux qu’il aurait pu être, il finira ses jours en tant que navet dans l’énorme saladière des films nuls français, c’est-à-dire dans la dernière rangée des DVD pas chers de votre station-service préférée. Mais si on veut bien se pencher sur ce non-exploit cinématographique on peut tout de même en tirer quelques constats intéressants.

Car les films médiocres, sans message artistique ou politique précis, reflètent assez bien l’état de la société qui les consomme et pour laquelle on produit des nanars à la chaî ne en y incorporant quelques visages connus du grand écran, dans ce cas le duo Daniel Auteuil et Christian Clavier. Il y a donc les bons Français: un peu maladroits, un peu malhonnêtes, dragueurs incessants, mais toujours gagnants à la fin. Les Anglais: coincés et appliqués à la tâche. Les Russes: méchants truands. Et bien sûr les Américains, qui n’existent même pas dans l’univers de ce film. Loin de jongler avec les clichés, „L’entente cordiale“ s’en nourrit essentiellement de ces derniers.

Résumons: les russes comme toujours à la conquête du monde ont dévéloppé une puce micro-éléctronique qui – une fois injectée dans le sang d’un soldat – fait disparaî tre toute sensation de douleur. Mieux encore les supérieurs peuvent pulvériser le soldat à distance s’il dèsobéit. Pour concevoir de telles insanités il faut ou manquer d’acier pour construire des vrais cyborgs ou être un figurant un-dimensionnel dans un navet français. En tout cas ces méchants russes ne s’entendent forcément pas entre eux puisque les „gentils“ chercheurs se font braquer par de méchants bandits. Affolé – on le comprend – de voir cette merveille technologique disparaî tre dans les bas-fonds du crime organisé, le président russe fait appel à ses alliés les plus compétents … les Français. Le président de la république vole bien-sûr au secours de son grand ami et se charge d’acheter la puce avec l’argent du contribuable français.

C’est malheureusement à ce moment que le film est censé devenir drôle. Car le méchant bandit russe ne veut d’autre intermédiaire pour le transfert qu’une vieille connaissance: le vicomte de la Conche, un psychorigide très vieux jeu et absolument incapable de réussir quoique ce soit dans sa vie. Christian Clavier doit vraiment avoir attrapé un coup de soleil au tournage des Bronzés 4, car son interprétation, qui aurait pu devenir la satire parfaite d’un certain vicomte de Villiers, est plate, pas concluante. Disons qu’à la fin on ne comprend rien de ce qui s’est passé avec lui. Entre-temps, pour la transaction les Services secrets le flanque d’un traducteur sympa, mais loser dans la vie. Conçu comme un contre poids comique de l’aristo défroqué, Daniel Auteuil campe un personnage lourd, lourd comme la sauce qui va avec la salade de navets. Jamais vraiment bien dans sa peau – surtout lorsque le vicomte lui injecte la puce au milieu d’une tuerie – il ne réussira pas à dépasser le rôle du beauf bien franchouille, coureur de jupons qui s’en tire bien à la fin.

Votre serviteur renonce intentionnellement à relater l’intrigue de ce film, non seulement pour que les inconditionnels du duo Auteuil-Clavier puissent quand même le voir, mais aussi parce qu’elle est tellement farfelue et illogique que personne ne le croirait. Pour ça, il faut vraiment l’avoir vu.

A l’Utopolis


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