DROGUES: Coke en stock

La poudre blanche continue son avancée sur le marché européen, détruisant au passage les espoirs d’une baisse de la mortalité.

« L’Europe risque d’échouer à réduire le nombre de décès liés à la drogue », peut-on lire dans la conclusion du dernier rapport annuel de l’Observatoire des drogues et des toxicomanies. Même si certains secteurs du business de la drogue semblent en baisse – notamment la consommation de cannabis – « les décès liés à la drogue atteignent des niveaux historiques et ne diminuent plus » indique le même rapport.

Ce qui est intéressant de voir, c’est que ces décès ne semblent pas être causés par l‘ « usual suspect » : l’héroïne. La consommation de cette dernière s’étant stabilisée pendant ces dernières années, même si la production afghane ne cesse de monter en volume – de 472 tonnes en 2005 à 606 tonnes en 2006. Le taux de mortalité élevé serait lié à la consommation de mélanges de drogues plutôt qu’imputable à un seul marché. Qui dit mélange dit aussi cocaïne et nomme en même temps la grande « gagnante » du rapport : la consommation de la poudre blanche poursuit son ascension et est devenue drogue stimulante numéro un en Europe, seulement dépassée par le cannabis – qui n’est catégorisé que comme drogue illicite.

La coke s’est banalisée depuis qu’elle est devenue accessible pour toutes les couches sociales. Elle est d’autant plus désirable pour les plus basses couches que son image est associée au glamour. C’est une des pistes qui expliqueraient cette évolution. Une autre est plus pragmatique : si une drogue est tellement populaire, c’est aussi que l’offre est abondante. En d’autres mots : si les Etats d’Amérique du Sud – qui sont toujours les principaux fabricants – restent bloqués dans leurs efforts de régulariser et de légaliser la culture de la coca, qui peut servir à produire toute une gamme de produits qui ne sont pas des drogues dures, leurs populations sont presque condamnées à rester dans l’illégalité. Or, l’acteur principal qui bloque cette évolution est et reste Washington. L’impact de l’Europe demeure faible – elle pourrait tout au moins essayer d’interrompre les nouvelles filières de transit qui se sont créés en Afrique occidentale.

Mais, si l’Europe veut vraiment enrayer cette évolution, elle ferait mieux de revoir sa politique sud-américaine que de continuer à punir de plus en plus durement ceux qui vivent du marché de l’ombre. Car, à l’exception de ceux qui gagnent vraiment des fortunes, ce marché représente une activité de subsistance plutôt qu’un vrai crime pour le menu fretin.


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