METAL: Old meets new

Une fois de plus, la Rockhal semble vouloir devenir le nouveau Walhalla des métalleux, cette fois en réunissant sur une affiche deux générations du genre.

Le groupe le plus fou du moment a l’air bien calme… du moins devant la caméra.

Même si ce n’est pas pour la première fois qu’ils envahissent la scène de la Rockhal, ce concert de Sepultura risque d’être (encore) mieux perçu que celui d’avant, car cette fois les Brésiliens vont jouer dans le Club, la petite salle de la Rockhal donc, qui promet plus d’intimité. Pour celles et ceux qui ne connaissent de Sepultura que les logos sur les T-Shirts des métalleux, un petit rappel sur leur histoire souvent mouvementée s’impose. Comme un des premiers groupes à succès international émergeant d’un pays qui – à l’époque du moins – faisait encore partie du tiers monde, Sepultura a dû batailler longtemps avant de connaître la reconnaissance de ses pairs. La légende veut qu’ils aient volé leurs premiers instruments à un festival de samba dans les rues de Sao Paulo vers le début des années 80. Après deux démos qui sont passées presque inaperçues, c’est en 1989 qu’ils percent enfin avec « Beneath the Remains », qui sort sur le label renommé Road-runner Records. S’ensuit une période de gloire qui va durer jusqu’en 1996. Ils vont jouer avec toutes leurs idoles, les géants du genre comme Venom ou encore Slayer, mais surtout ils vont se construire une base de fidèles à partir de laquelle ils se nourrissent encore aujourd’hui.

En 1996, une première fêlure apparaît : leur album « Roots » divise leurs fans. Pour les accros de métal pur et dur, c’est de la trahison. Pour les fans plus sensés, c’est l’album de la maturité : truffé de sons indigènes de la forêt amazonienne et beaucoup plus simpliste, « Roots » est un retour aux racines brésiliennes aussi bien qu’un des premiers signes de l’avènement du Nu Metal, ce mélange entre sons métalliques et groove hardcore. En tout cas, c’est aussi le moment où le chanteur Max Cavalera quitte le groupe, pour fonder Soulfly, qui reste dans la même veine que son ancien groupe. A partir de ce moment-là, l’inventivité de Sepultura commence à décliner et ils ne font que répéter leurs vieilles formules. Surtout qu’après le départ d’Igor Cavalera – le frère du chanteur – il ne reste que deux membres originaux dans le groupe. Ainsi, les concerts de Sepultura ne sont a priori que pour les nostalgiques des années fortes du groupe.

Pourtant, celles et ceux qui veulent se persuader que le métal, en tant que genre, n’est pas encore mort et qu’il reste de l’espace pour innover, la première partie de la soirée s’impose. Dillinger Escape Plan n’ont pas seulement un nom tout à fait atypique – qui, pour la petite histoire, se réfère au bandit John Dillinger et sa manie de distribuer des dollars dans la rue afin de créer un chaos propice à semer les flics – mais leur approche de la musique est unique dans le genre du métal. En fait, il n’y a qu’un mot pour décrire leur musique : extrême. Extrême dans tous les sens, les musiciens de cette formation sont toujours à la recherche de nouveaux sons et moyens de sonder leur univers, leur conférant une approche proche du free-jazz. En tout cas, ils ne rechignent pas devant des choses taboues dans le métal, comme l’emploi abusif de synthés ou encore de faire des versions de chansons pop de grandes stars comme Justin Timberlake ou Billy Idol. Leur idée de la musique est aussi ouverte, que leurs concerts sont insupportables pour des oreilles non averties. Toutefois, ils ont été consacrés plusieurs fois meilleur groupe live de la planète, entre autres par le magazine Kerrang ! Une affiche pas comme les autres donc – un peu en tête de Janus – que la Rockhal nous présente en cette période estivale.

Sepultura, Dillinger Escape Plan et Miles to Perdition, ce mardi 14 juillet à la Rockhal.


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