ROCK: Let’s Get Primitive !

La légende de Primal Scream est faite de beaucoup d’étapes et de revirements, pour finalement (presque) toujours arriver à la perfection.

Ça plane pour eux, depuis longtemps déjà.

Ayant poussé leurs premiers cris au début des années 80, les Anglais de Primal Scream se sont fait connaître avec le fameux « Rock Star », un premier hit au nom évocateur pour un groupe qui fête bientôt ses trente années d’existence et dont la discographie en dent de scie évolue entre rock, électro et délires psychédéliques.

Formés en 1982 par Bobby Gillepsie et Jim Beattie, deux lycéens de la banlieue de Glasgow, le groupe se ballade de club en petites salles jusqu’en 1985 lorsque Gillepsie quitte son autre groupe, les fameux The Jesus And Mary Chain – autre formation glaswegienne culte au rock répétitif et halluciné. C’est en cette année que sort également « Crystal Crescent » sur le label Creation de Alan McGee – normal lorsque l’on sait que Gillepsie et Mcgee ont partagé les mêmes bancs d’école et échangeaient leurs premiers disques de punk – une écurie que les Ecossais ne quitteront d’ailleurs jamais.

Après deux albums, « Sonic Flower Groove » et un album éponyme en 87 et en 89, le départ de Beattie qui laisse Gillepsie seul aux commandes du navire, Primal Scream sort « Screamadelica » album aux sonorités éclectiques allant du rock à la pop en incorporant des éléments électroniques. Des plages sonores initiées par des formations telles que les Stone Roses au début des années 90 vont pousser le groupe sous les feux des projecteurs grâce notamment à leur tube « Rock Star » – chanson qui les voit singer peu ou prou les Rolling
Stones autant musicalement qu’au niveau de leur image toute faite de paillettes.

Au milieu des années 90, en plein boom de la musique électronique anglaise des Chemical Brothers et autres Prodigy – Gillepsie prêtera d’ailleurs sa voix sur le titre « Out Of Control » des premiers cités – la joyeuse bande écossaise sort trois albums plutôt mécaniques et robotiques, « The Vanishing Point », « XTRMNTR » et « Evil Heat », qui vont placer le groupe plus souvent sur les pistes des dancefloors que sur les scènes de concerts rock. Leur son alors relativement expérimental est un mélange de parties planantes, de voix quasi susurrées et de rythmes mécaniques sur une musique hallucinée laissant transparaître les penchants narcotiques de Monsieur Gillepsie et sa bande.

Après quatre années sans nouvelles, le groupe revient en 2006 avec « Riot City Blues », l’un de ses albums les moins inspirés et ambitieux se réinstallant dans ses vieilles habitudes, à savoir reprendre la recette que les Rolling Stones ont rendu célèbre il y a presque cinquante ans. Mais, un groupe tel que Primal Scream ne se repose jamais sur ces lauriers et sait utiliser ses cartes quand il le faut. C’est ainsi que l’année dernière paraît « Beautiful Future », album résolument dans l’air du temps, mélangeant la pop fleurant bon les années 80 avec la verve hédoniste de Gillepsie. Cela donne un résultat détonnant que l’on n’attendait pas forcément de Primal Scream mais on sait que le groupe sait convaincre et ne fait jamais les choses à moitié. Aficionados des années 90 ou bien alors fans de la première heure, il y a fort à parier que leur prestation à l’atelier sera à ne pas louper car la joyeuse bande est bien connue pour ses concerts lunaires et puissants à la fois.

Primal Scream, à l’Atelier, ce lundi, 17 août.

Plus d’infos : www.primalscream.com, www.myspace.com/primalscream, www.atelier.lu


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