POP: Tendresse infinie

Héros des années 1990, les Tindersticks n’ont – presque – jamais cessé d’explorer les terrains noirs de la mélancolie. Ce dimanche, ils présenteront leur dernier album à la Rockhal.

Toujours là pour
vous tirer vers le bas : Tindersticks.

Honnêtement, qui n’en a pas? Empoussiéré sur les étagères basses de la collection de CD, perdu au fin fond de la caisse à cassettes que l’on n’a plus ressorti depuis des années ou simplement quelque part au fin fond de la mémoire sonore individuelle: une chanson des Tindersticks est toujours en train de résonner quelque part. Depuis 1992, et la naissance de la formation sur les cendres du groupe underground « Asphalt Ribbons », les Tindersticks sont connus pour l’élaboration de bandes-son pour la déprime parfaite. Que cela ne plaise pas à tout le monde est à la fois leur hantise et leur principal atout. Car une base de fans solide qui défend son groupe préféré envers et contre tous les préjugés est somme toute mieux que de surfer sur une vague pendant une ou deux saisons avant d’être jeté aux oubliettes.

Et si une chose est sûre avec les Tindersticks, c’est qu’ils s’y connaissent en matière de reproduction d’une même atmosphère, certes sombre et mélancolique mais toute en nuances et qui sait surtout captiver un public qui en redemandera toujours. Peut-être est-ce à cause du fait que l’écoute d’un album entier des Tindersticks plonge certes l’auditeur dans un trou noir, mais que pourtant, dans ce trou, on y retrouve des lumières. En d’autres termes : les textes de Stuart Staples, le chanteur et meneur du groupe, ne vouent pas des gémonies à l’absurde, mais donnent un sens aux sentiments négatifs qui sont après tout humains.

Ce qui fait des Tindersticks – dont le nom est tiré d’ailleurs d’une boîte d’allumettes trouvée par le chanteur sur une plage en Grèce – un des groupes les plus constants du monde musical de ces deux dernières décennies. Même si, bien sûr, les différents albums ne se ressemblent pas à cent pour cent et que divers sillons ont été exploités par le groupe tout au long de leur carrière. Comme sur leur quatrième album « Simple Pleasure », qui contrastait avec leurs deux albums éponymes du début, en laissant de côté les éléments orchestraux et les troquant pour une approche plus simple et plus proche de la musique soul. En effet, le groupe avait pris pour habitude de se produire en live accompagné de musiciens classiques. Le point culminant de cette période à même donné naissance à un album live avec orchestre qui est aujourd’hui un de leurs classiques.

Pourtant, la variation à l’infini de la mélancolie semblait avoir été atteinte en 2005, quand Stuart Staples s’est mis à produire des albums en solo. Ce qui ne l’empêchait pas d’exprimer des regrets sur la fin apparente du groupe et ce qui explique surtout aussi son retour sur scène avec les Tindersticks pour un seul concert en 2006 à Londres où ils jouaient leur deuxième album en entier. Apparemment, la sauce a repris puisqu’en 2008 paraissait « Hungry Saw », le premier album des Tindersticks de la nouvelle période. Et la série continue avec «Falling Down A Mountain » en 2010 et finalement « The Something Rain », qui vient de paraître, non sans éloges de la presse spécialisée. Alors, si vous êtes nostalgiques ou que vous voulez découvrir un des groupes qui ont inspiré toute une génération de singer-songwriters, rendez-vous à la Rockhal.

A la Rockhal, le 3 mars.


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