POLICE: Deux classes ?

La réunion annuelle du syndicat de la police grand-ducale (SNPGL) est l’occasion de tâter le pouls des forces de l’ordre. L’avant-projet de loi sur la réforme de la police est connu, et le moral n’est pas au beau fixe.

Comme tous les ans, la grande salle du centre civique de Hesperange était pleine à craquer, les derniers arrivants devaient même se contenter de rester debout pendant toute la réunion. Mais cela ne semblait pas gêner les affiliés au SNPGL, qui revendique la majeure partie des forces de l’ordre. Enfin celles qui sont sur le terrain, car la direction de la police grand-ducale, tout comme leur chef politique, le ministre de l’Intérieur Jean-Marie Halsdorf, ne figurent pas vraiment au palmarès des personnes les plus appréciées du syndicat.

Au centre des doléances des policiers : la possibilité, envisagée par une note du ministère de l’Intérieur, qu’à l’avenir la carrière B1 serait requise pour les membres de la police judiciaire. Cela dans le souci de pallier les difficultés de recrutement dans cette branche de la police. En même temps, les inspecteurs resteraient classés dans la carrière D. Inacceptable pour la SNPGL : « Nous devons tout faire pour éviter une guerre des polices », tonnait leur secrétaire Maurice Meysenburg. En effet, l’introduction d’une telle carrière, si elle restait réservée aux policiers en civil, risquerait de scinder le corps de la police. Alors que, selon le SNPGL, le problème pourrait aussi être résolu en cédant à une de leurs plus vieilles revendications : l’obligation d’avoir passé avec succès l’enseignement secondaire ou secondaire technique pour accéder à la carrière d’inspecteur et d’avoir fait au moins cinq ans d’enseignement secondaire pour celle de brigadier. Ainsi, les premiers pourraient accéder à des grades plus élevés que la carrière D et tout le monde serait content. Si seulement la hiérarchie l’entendait de la même oreille : « L’année dernière, nous pensions encore que le ministre et le directeur général de la police seraient avec nous pour réaliser notre revendication. Entre-temps, le ministre nous a fait savoir qu’il n’en était rien », a précisé le membre du comité de la SNPGL, au cours de son intervention.

Mais il semble que le SNPGL veuille plutôt préparer ses membres à envisager des compromis avec le ministère que de l’affronter. C’est en tout cas ce qu’on pouvait lire entre les lignes des discours du président du syndicat Albert Ressel, – dont c’était d’ailleurs la dernière assemblée ordinaire – et de Maurice Meysenburg. En somme, ils ont affirmé qu’il fallait renoncer aux jalousies et qu’il fallait prendre les occasions comme elles se présentaient.

Autre revendication d’un ordre plus pratique : les munition des policiers. Il semble que, ces derniers temps, celles-ci soient de plus en plus défaillantes. Le ministère a été mis au courant de ce problème et a fait tester les munitions dans un laboratoire spécialisé en Allemagne – mais depuis lors, silence radio. Et pour cause, expliquait le secrétaire général : « Je sais pertinemment que nos munitions n’ont pas réussi le test. » Une question parlementaire vient d’ailleurs d’être posée à ce sujet par Xavier Bettel, député-maire de la capitale et également présent à l’assemblée.

Concernant les statistiques criminelles, le SNPGL maintient ses préoccupations : si les vols ont légèrement baissé, les agressions contre les policiers restent à un niveau élevé – sans pourtant s’accroître comme cela a été le cas durant les années précédentes. En d’autres termes, ce sont souvent les policiers qui font les frais de la dégradation du climat social. Pourtant, il est étonnant qu’aucun représentant syndical n’ait mis le doigt sur un autre chiffre important issu des statistiques 2012 : celui des attentats à la pudeur et des viols, qui ne cesse d’augmenter depuis 2008.


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