COLIN TREVORROW: A la recherche du temps perdu

« Safety not Guaranteed » est un petit film bizarre, mais attachant. Le réalisateur joue sur l’intérêt du spectateur pour les voyages dans le temps, pour finalement raconter une toute autre histoire.

Un coup d’oeil sur la montre de temps en temps peut être crucial quand on voyage dans le temps.

Darius s’ennuie. Avec sa vie, avec son stage dans un magazine people à Seattle, avec les gens en général. « Quand j’étais enfant, j’étais encore optimiste. Maintenant, j’essaie de ne pas trop espérer de la vie », dit-elle au début du film. Il est vrai que le meurtre de sa mère quand elle n’avait que 14 ans, et pour lequel elle se sent coupable, n’a pas vraiment arrangé les choses. Toujours est-il qu’elle a gardé une attitude confiante et débrouillarde dans la vie, ce qui l’aide dans ses épreuves quotidiennes.

Lorsque son magazine l’envoie, avec un autre stagiaire et un rédacteur, à Ocean View pour enquêter sur une annonce bizarre, l’aventure de sa vie commence. Dans cette annonce, un homme cherche un partenaire pour voyager dans le temps avec lui, celui-ci devra amener ses propres armes et ne sera payé qu’au retour. Toutefois, il devra être conscient que sa sécurité n’est pas garantie. Sur place, Darius tombe assez vite sur Kenneth, l’auteur de l’annonce mystérieuse. Dans le supermarché où il travaille, il passe pour le barjot du coin avec ses théories mystiques sur les vecteurs temporels. Vu que le rédacteur du magazine est plus occupé à essayer de recoucher avec une copine de jeunesse et que l’autre stagiaire ne sert pas à grand-chose, c’est Darius qui gère le contact avec Kenneth. Petit à petit, elle glisse dans le monde de Kenneth et perd ses doutes à son propos. Car, voilà, Kenneth est tout sauf fou et vu que les deux ont encore des comptes à régler avec leurs passés respectifs, ils se rapprochent. Entre-temps pourtant, le FBI est à leurs trousses, car il pense que Kenneth travaille pour l’ennemi islamiste.

Le point fort de « Safety Not Guaranteed » est qu’il joue avec les attentes du spectateur, qui s’attend à un film de science-fiction où des individus s’emmêlent les pieds dans les lois de la temporalité. Mais si le voyage temporel est le moteur du film, le reste est un leurre. Mais un bon leurre, car Colin Trevorrow – dont c’est le premier long-métrage pour le cinéma – l’utilise pour raconter une autre histoire, plus classique : celle du « boy meets girl ». Deux exclus de la société qui se rencontrent et commencent à se connaître, pour finalement s’aimer. Un synopsis certes moins original, mais tout de même beau à voir.

Car voilà, Trevorrow a eu la chance de pouvoir engager des acteurs encore peu connus du grand public, mais très prometteurs. Aubrey Plaza qui joue Darius est une sorte d’anti-héroïne du cliché de la jeune actrice hollywoodienne et sait jouer sur les nuances de la mélancolie. L’acteur Mark Duplass campe un Kenneth à mille lieues du cliché du savant fou et Jake Johnson joue le rédacteur blasé avec brio.

En somme, un film idéal si on veut éviter les blockbusters qui nous pourrissent chaque saison estivale dans les cinémas.

A l’Utopia dans le cadre des
« summer follies »


Kriteschen an onofhängege Journalismus kascht Geld - och online. Ënnerstëtzt eis! Kritischer und unabhängiger Journalismus kostet Geld - auch online. Unterstützt uns! Le journalisme critique et indépendant coûte de l’argent - en ligne également. Soutenez-nous !
Tagged , . Bookmark the permalink.

Comments are closed.