Femmes et radio: Liberté d’expression dans la limite des places disponibles

Dans le réseau „InterKonneXiones“, les femmes des radios libres essayent de déconstruire, par une réflexion autocritique, les stéréotypes racistes et sexistes des médias de leurs pays.

„Nous devons encore trouver la véritable utilité du réseau“, est une des analyse de Lola García concernant la situation actuelle du forum d’échange et de discussions qu’est „Femmes créant des espaces de communication“.

IKX a été fondé en 1992, en tant que réaction à l’information produite par le journalisme conventionnel: sensationnaliste, sexiste, raciste, basée sur la domination du Sud par le Nord.

„Femmes créant des espaces de communication“ est un réseau de journalistes féminines des radios libres et indépendantes. Il est né à l’initiative de IKX (InterKonneXiones). La plupart des membres sont des femmes d’Amérique latine et d’Europe. Les langues de travail sont l’espagnol et l’allemand. Le réseau fonctionne de manière décentralisée et se réunit chaque année dans un endroit différent.

Dans le réseau IKX, les femmes des radios libres essayent de déconstruire, par une réflexion autocritique, les stéréotypes et schémas, aussi bien racistes que sexistes, des médias de leurs pays. De même, par le biais de ce réseau, les femmes échangent leurs expériences et essayent de renforcer leur position.

En 1997, le réseau „Femmes créant des espaces de communication“ s’est réuni au Luxembourg, accueilli par Radio Ara. Comme le disaient certaines participantes alors, „Femmes, racisme et média“ était une rencontre de communicatrices „incommuniquées“. En effet, elle s’est déroulée au Marienthal, en pleine forêt. (Le „GréngeSpoun“ 399 du 26 septembre 1997 traitait d’ailleurs de ce sujet)

En 2003, du 19 au 23 février, c’est „Radio Orange“ de Vienne qui a été l’hôtesse d’une nouvelle rencontre réalisée autour du sujet „Les identités“. Des femmes travaillant dans des radios associatives et communautaires des deux continents partenaires – Europe et Amérique latine – s’y sont rencontrées pour échanger leurs expériences.

Une habituée de ces rencontres est Lola García, qui vit à Quito, capitale de l’Equateur. Elle est productrice indépendante et travaille pour différentes ONG – en particulier comme formatrice -, surtout autour de sujets concernant les femmes et les enfants.

woxx: Quelle est la situation des médias „libres“ en Equateur?

Lola García: La liberté de presse et d’expression sont reconnues en Equateur. Dans mon pays, comme dans beaucoup d’autres, les médias représentent un pouvoir propre, tout comme l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Les radios populaires ou communautaires existent, mais plus par la manière dont ils se définissent que par leur propriété. Dans la plupart des cas, les radios fonctionnent comme des entreprises. Il n’y a pas de subsides pour celles-ci, ni de l’Etat, ni du privé. Le seul moyen pour un-e journaliste de faire des programmes de radio est de payer ses propres espaces de diffusion.

Quelle est l’utilité d’un réseau comme „Femmes créant des espaces de communication“?

A ce sujet, il reste encore beaucoup de choses à discuter. On a étudié des possibilités alternatives au travail en réseau, comme le soutien bilatéral, qui s’avère plus efficace. Nous devons encore trouver la véritable utilité du réseau. Par exemple, j’ai envoyé à Mechthild Durmond, à Hanovre, une idée créative pour faire des „jingles“ contre la guerre, qui pourraient être diffusés par toutes les radios du réseau, comme une sorte de prise de position commune.

Quelles sont les conclusions de la rencontre de Vienne?

Nous avons commencé par la discussion sur les identités. Dans les éditions antérieures, ce sujet représentait de la véritable dynamite. Les femmes immigrées et les autochtones ne parvenaient pas à se mettre d’accord. Cette fois-ci, les coordinatrices n’ont permis aucune dispute inutile et nous avons pu conclure que nous sommes un réseau qui respecte la diversité. En fait, les définitions précises sont les suivantes. Premièrement: nous sommes un réseau de communicatrices féministes. Deuxièmement: nous respectons la diversité culturelle, politique et sexuelle. Troisièmement: nous nous opposons à toute sorte de discrimination. Et finalement: nous voulons être visibles, avoir une présence, agir sur l’opinion publique. Cet aspect est complètement nouveau et devrait marquer une nouvelle étape de notre travail. Dorénavant c’est le réseau – et non les individus isolés – qui interviendra par le biais, par exemple, de propositions politiques.

Femmes, radios, dialogue entre pays et continents différents … Dans ce contexte, quelles perspectives ont pu être trouvées pour l’avenir?

Nous pourrions trouver des points de contact qui nous unissent dans l’action. Or, en pratique, c’est très difficile à réaliser, car les réalités sont très différentes d’un pays à l’autre. Par exemple, toutes les participantes étaient contre la guerre en Irak, mais la façon dont on vit le problème en Europe et en Amérique latine n’est pas la même. Pour parler de mon pays, en Equateur nous sommes avant tout inquiets par cette guerre qui risque de se déclencher à cause du „Plan Colombia“, poussé par les Etats-Unis contre la guérilla et les trafiquants de drogues, qui sont considérés comme des terroristes et donc attaquables avec des armes.

Interview réalisée par Paca Rimbau Hernández


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