GRAPHISME: Sages et voluptueuses arabesques

von | 29.01.2015

Les circonvolutions graphiques de Jean-Luc Moerman, tour à tour tourmentées et sereines, s’invitent sur des supports éclectiques. La galerie Nosbaum & Reding en propose un aperçu qui donne envie de s’y plonger plus avant.

« Sans titre », 2015.  Impression sur skate + feutre : sensations fortes assurées pour les skaters, à condition d’être fortunés et de renoncer aux roulettes…

Le premier contact avec les oeuvres de Jean-Luc Moerman est singulier : lorsqu’on contemple ses toiles abstraites, entièrement recouvertes d’entrelacs, on pense d’abord au travail d’un graffeur doté d’un indéniable talent. En s’approchant, on distingue cependant plusieurs niveaux de lecture. Les arabesques colorées alternent sur plusieurs plans avec des enchevêtrements plus précis mais monochromes, telles des synapses dont les interconnexions donneraient une dimension intellectuelle aux tableaux. D’abord perdu, on se prend à suivre les contours d’un trait de couleur pour sauter à un enchevêtrement qui survient, avant de reculer et de prendre la dimension du véritable travail de composition. Il y a clairement une « patte » Moerman, au point que ce dernier décrit lui-même son art comme une « écriture automatique », tellement elle est reconnaissable. C’est que le Bruxellois n’a rien d’un débutant : il a entre autres réalisé des installations dans des lieux prestigieux (l’Atomium de Bruxelles ou le siège bruxellois de la banque ING) et collaboré avec la marque de sacs de luxe Longchamp. Pas vraiment un graffeur rebelle, donc.

Pour cet art de l’arabesque enchevêtrée, l’artiste avoue volontiers l’influence des motifs tatoués de certains peuples autochtones – on pense en particulier aux ornements polynésiens. Il se l’est approprié et l’applique à d’autres supports que le simple tableau, comme au lycée technique d’Esch-sur-Alzette dont il décore un couloir en 2007. Il s’adapte au support, que ce soit un pan de mur, une bâche de chantier… ou un skateboard ! Dans la petite exposition qui lui est consacrée rue Wiltheim, on trouve par exemple des reproductions de tableaux célèbres : « La baigneuse Valpinçon » d’Ingres se voit ainsi affublée des courbes chères à Moerman, en harmonie avec ses formes voluptueuses. Voluptueuses aussi, ces jeunes femmes dénudées immortalisées en noir et blanc par le photographe Sante D’Orazio, dont l’artiste orne la peau offerte de tatouages entrecroisés, tout en soulignant d’un rond vide les tétons et le nombril. Sensuelles enfin – pour les amateurs – ces voitures aérodynamiques décorées à l’avenant.

Une fois la curiosité du visiteur attisée, il est fort à parier que les trois salles de l’exposition laisseront un goût d’inachevé. D’abord parce qu’elles font la part belle à des oeuvres assez homogènes dans leur construction, au vu de la variété des supports qu’affectionne le Belge. Et puis aussi, comme on a pu le voir au Mudam en 2007, où il présentait pour l’exposition « Tomorrow Now » une sculpture géante de robot orné de ses habituels graphismes, parce que l’art de Moerman sait se faire plus provocateur ou engagé : il a entre autres « arabesquisé » des portraits de Barack Obama, de Mahmoud Ahmadinejad, de George W. Bush… et même une statue du Christ ! Les oeuvres exposées cet hiver à Luxembourg sont donc bien sages en comparaison, mais méritent d’être vues pour entrer dans l’univers fascinant et potentiellement hypnotique d’un artiste qui sait où il va.

A la galerie Nosbaum & Reding, jusqu’au 7 mars.

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