LUTTES SOCIALES: Un air de printemps

von | 26.03.2015

Le 1er Mai n’est plus très loin, et l’OGBL semble vouloir préparer un printemps chaud pour le gouvernement. Pas étonnant, vu les écarts qui se creusent.

Pour André Roeltgen, la nouvelle tête de l’OGBL, ce sera la première fois qu’il mènera son syndicat vers le traditionnel 1er Mai. Et il semble déjà aiguiser les couteaux pour en découdre avec la politique sociale et fiscale du gouvernement. Lors de la conférence de presse de mardi dernier, à l’issue du comité national du syndicat, Roeltgen a commencé son intervention avec un long sermon sur la situation en Grèce, concluant que l’OGBL aurait « la responsabilité de dire au gouvernement de porter le message à Bruxelles qu’il faut en finir avec le boycott d’un gouvernement démocratiquement élu, et que l’attitude des institutions européennes devrait définitivement changer par rapport à la Grèce ». Même combat contre la présidence européenne qui s’annonce, vu que Roeltgen a enchaîné en fustigeant le « plan Juncker » sur les investissements européens, qui ne serait pas suffisant : « Je trouve cela anormal de parler, dans de telles conditions, de compétitivité. À politique inchangée, il n’y aura bientôt plus grand-chose dans quoi investir. »

Et pour tenter d’infléchir cette politique, Roeltgen aura l’occasion de s’entretenir lundi prochain avec le gouvernement et le patronat au sujet des « prérecommandations » de la Commission européenne pour le semestre européen – dont le grand rendez-vous est en avril, quand le gouvernement doit présenter ses « mesures de stabilité » et ses réformes. En aval, la Commission a déjà critiqué le coût unitaire nominal des salaires, l’indexation et la réforme des pensions de 2012, jugée trop peu ambitieuse – des reproches que l’OGBL ne veut pas accepter. Tout comme la recommandation de Bruxelles de prélever encore plus d’impôts indirects, qui est incompatible avec l’annonce du gouvernement de réformer le système pour plus de justice sociale – il serait peut-être temps de rappeler aux socialistes leur promesse d’un impôt sur la fortune.

Mais pour payer des impôts, il faut d’abord travailler ; et, dès les négociations entre les syndicats, le gouvernement et le patronat, Roeltgen tire un bilan qu’il qualifie de modeste. Concernant le congé parental, le syndicat n’est pas contre une flexibilisation, mais à condition que tous les salarié-e-s aient droit aux mêmes indemnités indépendamment des sommes qu’ils gagnent. Mais le bât blesse par contre au niveau de la protection de l’emploi et du maintien dans l’emploi, où le patronat bloquerait toute avancée vers une réforme. Il est vrai aussi que le ministre Schmit préfère vendre l’Adem comme « un service provider au service de l’UEL », comme il l’a formulé au cours d’une conférence la semaine dernière au cours de laquelle il a expliqué comment le patronat envisage de créer 5.000 emplois dans les années qui viennent, qu’écouter les revendications syndicales. L’écart entre le ministre socialiste et « son » syndicat maison est en tout cas en train de se creuser.

Comme le prouvent aussi les remarques de Roeltgen sur le nouveau régime des préretraites – « insuffisant », selon le patron de l’OGBL – ou encore sur la formation professionnelle et continue où il y aurait trop de contraintes. D’ailleurs, l’OGBL revendique toujours une unification des services de la médecine du travail pour éviter que, dans ce domaine aussi, les patrons en fassent à leur guise.

Quant à la réforme des chèques-service, annoncée dans le projet de loi sur la jeunesse, l’OGBL est aussi sur ses gardes : la valeur des chèques a baissé depuis 2012, le nouveau taux unique profiterait uniquement aux grandes structures et enfin le contrat collectif doit être appliqué à toutes les structures.

On le voit, le plus grand syndicat du pays n’est pas vraiment prêt à lâcher face à un gouvernement encore plus sous la houlette du monde de la finance et du dogmatisme néolibéral que le précédent.

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