POST-MATH: Mutés

Le printemps se réveille et avec lui la scène luxembourgeoise. Une semaine avant le festival Out of the Crowd, c’est aux héros locaux de Mutiny on the Bounty de présenter leur dernier-né à la Kulturfabrik, ce weekend.

Malgré quelques mutations, Mutiny reste un des meilleur groupes du pays.

Une bonne décennie déjà qu’ils se tapent l’incruste dans les salles de répétition de la Kulturfabrik. Parmi tous les groupes qui s’y gèlent les doigts en hiver et se noient dans leur sueur en été, les Mutiny on the Bounty sont probablement les plus productifs et les plus assidus à la tâche de vivre leur rêve de musiciens. Leur première apparition discographique date de 2005 : un split avec leurs amis de Treasure Chest at the End of the Rainbow, sur lequel ils exploitent déjà leurs talents de math-rockeurs en associant mélodies chaudes à une technicité sans merci. Et enregistrent un premier succès international en signant une distribution au Canada avec le label « New Romance for Kids » – tandis qu’en Europe, c’est toujours de façon « do-it-yourself » qu’ils procèdent.

Ce qui changera avec leur premier vrai album, « Danger Mouth », quelques années plus tard. Le disque toujours enregistré à Esch sera distribué en Europe continentale, au Royaume-Uni et même au Japon. Il présente les mêmes tonalités colorées et la même énergie déjantée que le split, mais dénote déjà d’un certain gain en maturité concernant la finesse des compositions. Ce qui n’a pas échappé au public, qui s’accroit de mois en mois au cours des tournées internationales qu’ils enchaînent comme des vrais Stakhanovs de la musique.

L’album suivant, « Trials », aurait pu être la fin de Mutiny on the Bounty comme on le connaissait. Et cela pour deux raisons : des changements de line-up (un nouveau guitariste et un bassiste de surcroît) et la tentation de l’exploit d’enregistrer avec une coryphée internationale. Un exercice auquel leurs acolytes d’Inborn – avec Ross Robinson – et avant eux Torpid – avec Steve Albini – n’avaient pas survécu. Ayant optés pour Matt Bayles, connu pour son travail avec Isis, Soundgarden, Pearl Jam, Botch et beaucoup d’autres, les musiciens ramènent leur nouvelle perle « Trials » d’une éprouvante session à Seattle. Mais les efforts ont été payants : « Trials » est devenu leur album de la maturité et de la réinvention. Plus froides et moins complexes, les chansons présentes sur cet album n’en sont pas moins dansables. Ceci est dû aux rythmiques recherchées et conséquentes et à la production tout à fait massive achevée outre-Atlantique.

Des années de tournées plus tard, c’est au tour de « Digital Tropics » de voir le jour. Enregistré à la maison eschoise, il ne néglige pourtant pas les leçons du passé. C’est un son encore plus poussé vers les guitares ultra-aigües introduites par « Trials », mais conséquent dans son développement. Les chants en sont absents, la place est complètement réservée à la musique. C’est un groupe qui s’est constamment dépassé lui-même qui nous livre « Digital Tropics », un groupe qui a appris à développer son propre langage, reconnaissable, qui le démarque du reste – c’est à quoi on reconnaît les vrais artistes.

Le release de « Digital Tropics » qui prendra sûrement l’air d’une grande fête, ce sera vendredi prochain dans la grande salle de la Kulturfabrik en compagnie de No Metal in this Battle et Mount Stealth.

Ce vendredi 17 avril à la Kulturfabrik.


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