Wong James: The One

Les trucages par ordinateur gaspillent le talent de Jet Li dans „The One“.

„The One“ de James Wong, avec Jet Li, à l’Utopolis.

Aventures en multivers

(gk) – Depuis „The Matrix“, le cinéma d’art martiaux à la cote à Hollywood. Tellement que, de nos jours, des stars comme Jackie Chan et Jet Li peuvent continuer à populariser un genre agonisant outre-Chine après la disparition de Bruce Lee. Et les deux acteurs-cascadeurs susmentionnés y réussissent sans imiter le style tout en puissance de l’idole décédée. Jackie Chan, c’est l’acrobate grandiosement clownesque et Jet Li représente la grâce pure, rendue aérienne avec l’aide de câbles lui permettant de faire des sauts gigantesques.

Cette technique, perfectionnée par les productions hongkongaises, est admirablement représentée dans „Tigre et Dragon“, qui n’a rien inventé. Le meilleur film de Jet Li, à ce jour, reste probablement un long-métrage qui ne doit pas envier la poésie innocente et les combats virevoltants au film de Ang Lee. Ce classique du cinéma d’Asie est „Il était une fois en Chine“ (1991), produit et réalisé par Tsui Hark. On y voit les possibilités esthétiques que donne la technique des câbles, qui reste manuelle. L’acteur est tiré en l’air par plusieurs personnes à l’autre bout des câbles, à la manière d’un artiste de cirque pour lequel c’est l’unique secours en cas de chute. L’ordinateur n’intervient que pour effacer les câbles de l’image, par après.

Le grand problème de „The One“, c’est qu’il donne une place bien trop conséquente aux trucages numériques.

Notre univers n’en est pas un. Nous vivons dans un „multivers“ (quel mot horrible) fait de 125 univers différents. Un criminel voyage d’un univers à l’autre pour tuer son sosie dans chacun d’eux. A chaque meurtre, il devient plus fort, puisque l’énergie émise à cette occasion passe aux sujets restants. Il a déjà tué, de cette façon, 123 de ses „doubles“ et n’a plus qu’à en tuer un seul pour devenir l’homme le plus fort du „multivers“. L’histoire se dirige alors vers un duel final de titans.

Une sorte de „Highlander“ revisité donc. Le tout mijoté à l’aide de beaucoup de trucages digitaux, en fait inutiles, vu l’énorme talent de Jet Li. La beauté des mouvements de l’acteur est ainsi truquée bien trop souvent grâce a des prouesses d’ordinateur, qui donnent au tout une irréalité loin de la poésie visuelle rendue grâce à la technique des câbles, spécialité de Jet Li. Et la star combattant ses adversaires en soulevant des motos, a l’air bien ridicule, comparée à ses combats de sabres, ou autres armes ancestrales, dans un film comme „Il était une fois en Chine“.

Il reste, bien sûr, que Jet Li est capable de crever littéralement l’écran à l’aide d’un seul regard. Et le combat final – Jet Li contre Jet Li – semble étonnamment réel. Mais c’est là bien la seule scène magique de tout ce film qui n’arrive pas, autrement, à être bien plus qu’une série B destinée avant tout aux vidéoclubs.

Ce divertissement cher en coûts de production, mais bon marché en qualité artistique, atteint le sommet du ridicule durant la scène finale, représentant un Jet Li (le méchant) dans une prison futuriste complètement digitalisée, qui déclame un discours préparant une suite possible, qui porterait donc le titre hilarant de „The One: Two“. Espérons quand même que Jet Li trouvera d’autres projets plus adaptés à montrer les qualités de son jeu et de sa technique de combat.

„Il était une fois en Chine I et II“ disponible en DVD, Edition Canal Plus, Nr.:196 302-2


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