TEEN-MOVIE?: Quand tout change, rien ne va plus

von | 12.12.2003

Si le nombre treize est réputé pour porter malheur, Catherine Hardwicke démontre dans son film „Thirteen“, qu’il représente aussi un âge dangereux. Attention: bouleversant!

Si vous êtes parent d’une jeune fille, „Thirteen“ vous procurera quelques soucis.

Tracy a treize ans. C’est l’âge où tout change: le corps, l’école, les envies. Soudain, fini les Barbies et les petites chaussettes à fanfreluches. La „coolitude“ devient l’absolu à atteindre.

A la recherche de son identité, Tracy deviendra la meilleure amie d’Evie, la fille la plus en vogue du lycée. Ensemble, elles voleront les fringues les plus flippantes et essayeront les drogues les plus trippantes. Tracy tombera dans le gouffre, laissant en rade sa mère, tout en s’oubliant soi-même au point de se perdre de manière dangereusement définitive.

On n’est pas préparé au choc que représente „Thirteen“. Nikki Reed, une jeune fille de 13 ans, l’aurait écrit (en collaboration avec la réalisatrice Catherine Hardwicke). La peur d’une transcription visuelle d’un univers rose-bonbon semblait donc justifiée. Aussi, la première demi-heure de film, montrant les débuts de la transformation d’une jeune fille sage comme une image en „girlie“ rebelle, est plutôt agaçant par sa réalisation très vidéo-clip. Mais c’est là un moyen qui permettra de mieux basculer dans une descente aux enfers, au réalisme plutôt inquiétant. Jeunes filles de treize ans, les dangers que vous rencontrez sont bien affolants et les chances de ne pas y succomber redoutablement hasardeuses …

Ce sens de la réalité poignant vient tout d’abord de l’histoire. La vérité des situations décrites crève littéralement l’écran. Nikki Reed parle de sa génération, qu’elle connaî t parfaitement. Ensuite, la réalisation impressionne. Travaillant, la plupart du temps, caméra à l’épaule, dans un style docu-fiction très à la mode actuellement (il n’y a qu’à voir l’enthousiasme que fait naître un film, pourtant assez chiant, comme „Elephant“), Catherine Hardwicke fait preuve d’une maîtrise quasi parfaite dès ce premier long-métrage.

Mais la plus grande qualité de ce film sont ses actrices, ce que la réalisatrice accentue d’ailleurs en se plaçant le plus souvent au plus près de celles-ci. Et leurs performances transportent un parfum d’Oscar vraiment rafraichissant, pour une fois. Tout d’abord, Tracy est jouée par Evan Rachel Wood. La jeune actrice de seize ans, que certain-e-s auront peut-être remarqué dans „Simone“, réalise ici un véritable tour de force en montrant toute les facettes possibles des émotions d’une jeune fille.

Ensuite, Holly Hunter, qui joue la mère divorcée, ex-alcoolique, de Tracy, est à vous clouer sur place. Elle arrive à laisser suffisamment d’espace à ses très jeunes collègues, sans s’effacer pour autant. Le tout sans surjouer la mère rongée par l’inquiétude. „Thirteen“ lui offre ainsi son plus grand rôle jusqu’ici. En effet, même dans „La leçon de Piano“ elle n’était pas un personnage aussi difficile à
maîtriser avec autant de justesse et d’originalité.

A ceci s’ajoute que si „Thirteen“ montre une réalité assez dramatique, le film ne sombre pas dans un désespoir oppressant, sans pour autant choisir la position opposée. L’espoir est permis, mais …

Bref, ce film regorge de talents et leur addition donne un résultat qui vous fera sortir de la salle la gorge nouée. Pour ce, il n’est ni nécessaire d’être parent, ni fille de treize ans.

À la Cinémathèque.

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