Photographie : Renaissances

von | 28.01.2021

Pour son nouveau déconfinement, la galerie Nei Liicht de Dudelange propose la nouvelle série de photos de Cristina Dias de Magalhães. Des portraits d’animaux se jumellent avec celui de ses deux filles.

Les filles jumelles de l’artiste visitent l’exposition. (Photo : Nuno Lucas da Costa)

« Instincts. Same but Different » nous apparaît tel un album photo intimiste autour de Victoria et Helena, les filles jumelles de Cristina Dias de Magalhães, âgées aujourd’hui de quatre ans. À l’extrême opposé des terrifiantes jumelles de Kubrick dans « The Shining », l’expo propose des images provenant de l’espace familial de la photographe ainsi que celles d’animaux captées au Muséum d’histoire naturelle de Genève. Les deux mises en scène se présentent ainsi au public sous forme de diptyques affichés dans les salles du premier étage de la galerie Nei Liicht.

Née au Luxembourg en 1979, Cristina Dias de Magalhães nous explique que la genèse de son nouveau travail a commencé par l’observation de l’environnement de ses deux filles, lorsqu’en 2019 elle travaillait sur une autre série de photos (« Embody ») et sur ses archives des vingt dernières années. À cette époque, la photographe faisait dialoguer des autoportraits avec des paysages et des intérieurs pour évoquer les étapes de sa vie ainsi que ses « émotions vécues en tant que femme et femme en devenir, et tout ce que cela symbolise ». Parallèlement, l’artiste remarqua qu’à l’âge de deux ans et demi, ses deux fillettes commencèrent à dessiner. Fascinée, elle photographia leurs interactions et en même temps leurs visites au Muséum de Genève, avec son monde animalier, lors de leur séjour helvétique de deux ans.

Les photos engendrées à partir des dioramas du muséum mettent ainsi en scène toutes sortes d’espèces animales, qui ne se résument pas aux bêtes inoffensives du monde fantasque des plus petits. Cristina Dias de Magalhães parvient ainsi à croiser les regards de ses filles avec ceux d’un loup, d’un léopard et même de celui qui a supposément chamboulé nos existences ces derniers temps, le pangolin. Ce même croisement réussit à faire se rejoindre des états d’esprit et des instincts donnant tout son sens à l’intitulé de l’exposition. En même temps, l’expo affiche également une série sans fin de dessins des jumelles. Pour certains d’entre eux, il ne manque plus qu’une signature dans le coin inférieur droit, et ils passeraient facilement pour des créations d’éminent-e-s artistes contemporain-e-s.

L’expo peut ainsi se visiter de façon tantôt ludique tantôt introspective. Elle éveillera auprès du visiteur et de la visiteuse cet instinct inné de la paternité ou de la maternité. La sémantique de l’enfance est omniprésente, ravivant chez certain-e-s les souvenirs des premières années de leur progéniture (et ces fameuses nuits de veille…). D’autres ressentiront ou pas un contentement au franchissement du même cap maternel que Cristina Dias de Magalhães. Idéalement, l’expo se visite plutôt en famille, et l’on s’étonnera des commentaires frôlant parfois le surréel des petits bouts de chou. L’artiste reconnaît que « devenir père et mère est toujours une surprise où l’on essaie de comprendre cette magie qui se crée ».

« Instincts. Same but Different » a été présentée une première fois l’an dernier au festival Imago Lisboa. À Lisbonne ou à Dudelange, la photographe, détentrice d’un doctorat en beaux-arts, partage avec générosité sa quête perpétuelle d’identité. Dans sa condition de mère, elle semble ainsi s’explorer elle-même sous le prisme instinctif de ses deux bambines, non sans rappeler Jean Piaget qui jadis affirmait que « tout ce qu’on apprend à l’enfant, on l’empêche de l’inventer ou de le découvrir ».

Jusqu’au 21 février à la galerie Nei Liicht 
de Dudelange.

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