
(© Nombre7)
La rupture avec l’homme qu’elle a aimé pendant un an : l’histoire de Marine Buratti, journaliste reconvertie dans la coopération au développement et désormais installée dans une fermette vosgienne, peut sembler banale. Elle n’a pas été tuée comme les femmes de Barbe Bleue, ni battue, ni violée. Pourtant, cette rupture brutale et unilatérale, bien que « sans stigmate physique », est aussi une violence. S’appuyant sur des autrices comme bell hooks, Claire Marin ou Camille Froidevaux-Metterie, Marine Buratti cherche à comprendre comment la société façonne des hommes ayant si peu d’égards pour les femmes. Celle qui anime aussi des discussions autour de son livre estime que, si le concubinage est perçu comme une émancipation, le mariage avait le mérite de garantir des droits aux femmes et des devoirs aux hommes : « Les murs qui sont tombés […] ont dissimulé dans leurs ruines la victoire du dominant qui peut user des femmes sans se sentir engagé, et s’en tirer sans le moindre préjudice social ou matériel ». Son témoignage donne une portée universelle à une expérience intime : celle de femmes utilisées puis jetées comme de simples objets. Pour subir un tel traitement, pas besoin d’avoir affaire à un monstre comme Barbe Bleue. Face à ce qu’elle qualifie de « préjudice de réification », Marine Buratti choisit de rendre les coups et fait de son récit un combat pour l’égalité.

