Logement : Les jeunes partis déclarent l’urgence

von | 02.10.2026

Les organisations de jeunesse du LSAP, de Déi Gréng, de Déi Lénk, du DP et du CSV se sont réunies autour d’une déclaration commune, « Urgence am Logement », forte de 12 mesures structurelles.

Une jeune femme et quatre jeunes hommes se tiennent devant des affiches. Le jeune homme au centre de la photo parle dans deux micros. 

Les représentant·es des cinq organisations de jeunesse se sont réuni·es autour de 12 mesures pour faire face à la crise du logement. (Photo : Yolène Le Bras)

« Cela fait plus de vingt ans que le Luxembourg vit une crise permanente du logement », rappelle Olivier Cano, des Jeunes Socialistes, en guise d’ouverture de la conférence. Il y a deux ans, les organisations de jeunesse s’étaient déjà donné rendez-vous au même endroit pour parler du logement. « Nous n’en avons pas fait assez », constate-t-il, saluant les mesures gouvernementales annoncées avant l’été, mais jugeant nécessaire d’aller plus loin. Interrogé sur l’absence de l’ADR, le coprésident des Jonk Sozialisten se montre tranchant : « Les positions de l’ADRenalin consistent davantage à légaliser les armes qu’à lutter contre la crise du logement. » Maxime Pantaleoni, des Jonk Gréng, renchérit : « L’ADRenalin est plus intéressé par le pointage des problèmes que par la recherche des solutions. »

Le porte-parole des Jeunes Verts détaille la première mesure : la création urgente d’un registre national des logements afin de recenser les logements vacants. Il invite les communes à ne pas attendre la loi nationale, ciblant la Ville de Luxembourg, dont il juge « irresponsable » le refus de coopérer avec les ministères. La deuxième mesure entend contrer la spéculation à travers une taxe dissuasive sur les logements vacants et un impôt de mobilisation sur les terrains constructibles. Les jeunes partis demandent aussi à l’Observatoire de l’habitat de réaliser une étude sur les multipropriétaires. Alice Hoffmann, de la Jeune Gauche, présente la troisième mesure, qui vise à inscrire un objectif de 20 % de logements abordables dans la loi, adapté aux spécificités de chaque commune. « Le loyer ne doit pas dépasser 30 % du revenu minimum existentiel », a-t-elle rappelé, citant la France, passée à 25 %. Afin d’atteindre cet objectif, la jeunesse politique propose d’allouer durablement 1 % du PIB annuel de l’État au secteur du logement et de réformer la Société nationale des habitations à bon marché, dont les prix sont basés sur les coûts de construction et non sur la capacité d’achat réelle des ménages, avec davantage de possibilités de construire en densité.

Lou Linster, des Jeunes Démocrates, entend aussi garantir légalement une densité minimale aux bâtisseurs publics (SNHBM et Fonds du logement), adaptée à la taille des communes. « Plus de densité aux bons endroits nous aide à réduire l’imperméabilisation des sols et à protéger les zones naturelles et agricoles », souligne celui qui est aussi le bourgmestre de Leudelange. La septième mesure porte sur le remembrement ministériel et le contrat de terrain, prévus dans l’accord de coalition mais jamais entrés en vigueur. « Aujourd’hui, deux propriétaires peuvent bloquer tout un plan d’aménagement particulier », déplore-t-il.

Densité, foncier et protection des locataires

Metty Steinmetz, du CSJ, poursuit avec les mesures pour les locataires : relever le seuil de la garantie locative de 45.500 à 57.600 euros, réformer l’encadrement des loyers en tenant compte de la classe énergétique du logement, renforcer la Commission des loyers et mieux contrôler les chambres meublées et les logements insalubres. « Il faut encourager les locataires à signaler les abus, sans peur de représailles », insiste-t-il. Olivier Cano clôt la conférence avec la douzième mesure : une table ronde bancaire sous supervision d’un régulateur, comme la BCL, au sein de laquelle un promoteur public tel que la SNHBM jouerait un rôle de premier plan, afin d’ajuster les conditions d’octroi de crédit immobilier. « Dans une crise du logement, on ne doit pas être plus catholique que le pape pour fixer les conditions d’un premier crédit. »

Olivier Cano annonce une mobilisation de grande ampleur : manifestations devant la Chambre des députés, actions devant les lycées, grandes affiches un peu partout. « Une vraie campagne », soutient-il, qui devrait être rejointe par d’autres organisations. Sur les relais auprès des partis de tutelle, Metty Steinmetz admet que « ce gouvernement n’est pas inactif », mais insiste sur le caractère transpartisan du problème : « C’est l’intérêt général, qui doit dépasser une législature. »

Enfin, sur l’encadrement des loyers, le coprésident des Jeunes Socialistes reconnaît l’absence de consensus : « Il doit être réformé, mais chaque organisation a sa propre vision. » Une divergence qui n’entame pas, selon lui, la détermination du collectif : « Le logement est un besoin fondamental. » Et la jeunesse entend bien le faire savoir.

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