MÉMOIRE DE LA SHOAH: « Sentiment de responsabilité morale »

von | 02.12.2010

Ne pas reconnaître les victimes étrangères, ni admettre la persécution spécifique pour raisons raciales – c’était la politique du gouvernement pour les dédommagements de l’après-guerre. 55 ans plus tard, le progrès tarde toujours.

« Face aux révélations des archives de l’Europe de l’Est depuis les années 90, tous les pays européens ont mis en place des commissions d’enquête sur les spoliations des biens juifs. Le Luxembourg est le dernier à réagir, » a déploré François Moyse, membre du Consistoire israélite, dans l’émission « Background » d’RTL du 20 novembre. En effet, la « Commission spéciale pour l’étude des spoliations des biens juifs au Luxembourg 1940-1945 » n’a été créée qu’en 2001, sur initiative non pas du gouvernement mais du député socialiste Ben Fayot. Récemment, ce dernier a posé une question parlementaire au sujet du rapport émis par la commission des spoliations en juin 2009, voulant savoir « quand et comment le Gouvernement entend prendre en compte le travail de recherche mentionné et les recommandations qui en découlent. Le temps presse. »

Ce rapport final avait retenu que lors des dédommagements des victimes de l’oppression nazie, « toute indemnisation et tout dédommagement étaient limités aux seuls nationaux luxembourgeois et qu’un grand nombre de Juifs de nationalité étrangère ou apatrides ont été exclus d’office de la procédure des dommages de guerre, ce qui semble difficilement acceptable aujourd’hui ». En effet, au début de la Seconde Guerre mondiale, beaucoup de personnes résidentes au Luxembourg, notamment juives, n’étaient pas en possession d’un passeport luxembourgeois.

Le rapport formulait ensuite un nombre de recommandations au gouvernement, toutes d’ordre moral, afin de reconnaitre le tort qui a été fait aux victimes juives. Entretemps, le gouvernement s’est contenté de publier le rapport sur internet. La réponse de Jean-Claude Juncker, ministre d’Etat, à la question parlementaire est arrivée la semaine dernière, presque simultanément – quelle ironie – avec la remise du prix René Oppenheimer au député socialiste. Car le gouvernement y reprend essentiellement l’attestation de la commission que « l’Etat luxembourgeois n’est responsable d’aucune façon des actes de spoliation qui se sont produits ». Dans la logique du gouvernement, « toute action d’indemnisation constituerait donc un acte librement consenti se fondant sur le sentiment que notre pays a une responsabilité morale vis-à-vis des victimes de la Shoah ».

Pourtant, François Moyse avait déjà souligné : « Nous recevons des demandes du monde entier, de gens qui disent : ma famille ou moi-même, nous avons perdu tout à Luxembourg. Ces personnes n’ont jamais reçu quoi que ce soit pour compenser de façon quelconque leur dommage matériel. » Et d’insister : « Le gouvernement doit faire quelque chose pour que cette injustice soit reconnue ».

De manière sous-jacente, le gouvernement semble continuer la politique d’exclusion sur fond de passeport. Au passage, l’attestation de non-responsabilité semble également permettre au gouvernement de ne pas se positionner quant à la recommandation de la commission que les instituts culturels nationaux restituent les objets religieux ou culturels juifs « qui pourraient se trouver dans leurs collections depuis les années de l’occupation ».

Il ne semble pas non plus disposé à accorder une place plus importante à la mémoire spécifique de la Shoah. Contrairement à ce qu’avait suggéré la commission, le gouvernement n’entend créer ni un site Internet propre à la publication du rapport, ni une Fondation de la Mémoire de la Shoah. Par contre, il veut élever la gare de Hollerich au rang de Monument national de la Déportation et « pourrait s’imaginer que la mémoire de la déportation juive puisse y trouver sa propre place pour ainsi honorer à juste titre les victimes de la Shoah ».

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