
Usine sidérurgoque qui pollue aux Pays-Bas. (Photo : Hans Heemsbergen/Pexels)
Ils sont favorables aux objectifs de réduction des émissions de CO2 de l’UE et ils y ont beaucoup investi, disent-ils. Mais maintenant, cela leur coûte trop : ArcelorMittal, Voestalpine et Thyssenkrupp Steel ont uni leur plume cette semaine pour lancer « un appel commun en faveur d’une réforme urgente et pragmatique du système communautaire d’échange de quotas d’émission » (Seqe). Pour ces trois géants de l’acier, qui rappellent représenter 60 % de la production européenne, il faut bloquer l’augmentation du coût du Seqe, car il renchérirait le prix de l’acier européen de 50 % d’ici à 2030. « La trajectoire actuelle risque de détruire le tissu industriel européen », avertissent-ils, alors que la question de la souveraineté industrielle européenne se trouve au cœur des débats. L’argument avancé demeure inchangé : l’acier européen n’est pas compétitif sur un marché mondial où la concurrence n’est pas soumise « à un coût carbone équivalent ». La solution ? Attendre « jusqu’à ce que les éléments clés permettant une décarbonation économiquement viable soient en place ». ArcelorMittal avait déjà annoncé une réduction de ses objectifs climatiques, mais aussi des délocalisations conséquentes de ses activités européennes vers l’Inde, après avoir multiplié ses profits par 2,5 en 2025 (3,15 milliards de dollars). Idem pour Voestalpine et Thyssenkrupp Steel, qui ont vu leurs profits décoller l’an dernier. À eux seuls, ils ont cumulé plus de 8 milliards de profits et offert de confortables dividendes à leurs actionnaires. Apparemment insuffisant.

