Dans les salles : Goliath

von | 16.03.2022

Inspiré de l’affaire du glyphosate, ce thriller environnemental de Frédéric Tellier mise sur une interprétation marquante pour construire son efficacité.

Deux belles performances : 
Gilles Lellouche en avocat pugnace… (Photos : Christine Tamalet/Single Man)

Il l’avait promis. Au lendemain d’une défaite française qui avait vu l’Union européenne renouveler l’autorisation du glyphosate – fortement soupçonné d’être cancérigène –, le président Emmanuel Macron avait annoncé vouloir interdire cet herbicide unilatéralement dans l’Hexagone, après validation des alternatives. Une promesse faite en 2017 et depuis enterrée. Que « Goliath » sorte en pleine campagne électorale ne devrait pas déranger plus que cela le candidat Macron Emmanuel, actualité guerrière en Ukraine oblige. Mais tout de même : le long métrage arrive à point nommé pour montrer les contradictions et les compromissions du monde politique devant les lobbys de l’agrochimie. Un thème pas si souvent abordé sur grand écran, au regard de l’importance qu’il revêt dans notre vie quotidienne.

Plusieurs destins sont entremêlés dans ce remake moderne de la lutte de David contre Goliath. Du côté des victimes, France, professeure de sport le jour et conductrice de chariot élévateur la nuit, se bat pour la reconnaissance de l’influence de la Tétrazine (toute ressemblance avec le produit suscité n’est pas une coïncidence) dans la survenue du cancer de son compagnon Zef. Pour Lucie, agricultrice, il est trop tard : sa compagne Margot est déjà décédée. C’est à l’occasion du procès qui s’ensuit qu’elle rencontre Patrick, un avocat qui a décidé de ne plus défendre les puissants. Celui-ci va se lancer à corps perdu dans la bataille contre le groupe Phytosanis, producteur de la Tétrazine. On pense évidemment à la croisade de Robert Bilott contre DuPont dans le récent « Dark Waters ». Il faut bien avouer, cependant, que le style de ce dernier était beaucoup plus cinématographique, et par conséquent plus poignant. Il suffit de comparer les deux scènes de baignade : dans le film américain, une véritable angoisse hitchcockienne liée à la présence du produit chimique dangereux dans l’eau ; dans le film français, une escapade romantique de France avec son mari qui va bientôt mourir. La réalisation de Frédéric Tellier dans « Goliath » est avant tout documentaire.

… et surtout Pierre Niney en lobbyiste machiavélique.

Beau gosse cynique 
et manipulateur

Le choix de se concentrer sur les destins individuels de façon naturaliste sert pourtant le film. En effet, la figure du lobbyiste Mathias permet de cristalliser le mépris ou le dégoût du public. Dans la presse, Gilles Lellouche a affirmé avoir refusé ce rôle, parce qu’il a déjà eu l’occasion de jouer des méchants similaires, et avoir influencé le réalisateur pour obtenir celui de l’avocat. A-t-il bien fait ? Car celui qui marque dans le film, c’est bien Pierre Niney, coqueluche du cinéma français, dans ce rôle de Mathias qui semble le parfait contre-emploi. Le beau gosse est cynique et manipulateur à souhait, capable de commander une limousine pour emmener les amies de sa belle-fille à un concert d’Ariana Grande puis d’organiser une offensive médiatique retorse grâce au témoignage d’un scientifique gagné à la cause de sa société. Pas de rédemption pour Mathias, ce serait trop facile. Si son collaborateur Paul, joué par un excellent Laurent Stocker, se verra pris de remords, lui restera droit dans ses bottes de serviteur de l’industrie qu’il représente. « Goliath » n’est certes pas un film d’horreur, mais il semble par moments le portrait d’un manipulateur compulsif et psychopathe, affecté par un syndrome aigu de dissonance cognitive. Mari, beau-père et gendre idéal, celui-ci se transforme en jongleur avec les faits dès qu’il entre dans l’arène de la propagande agrochimique. Un rôle vraiment marquant pour Pierre Niney, qui constitue l’immense point fort du film.

On pourra sans doute regretter le rôle peu développé de France, qu’Emmanuelle Bercot défend pourtant avec habileté. Mais on acquiescera à la scène qui nous apprend qu’il est moins cher d’acheter le silence de parents éplorés que de rémunérer un expert pour aller propager le doute sur un plateau télé. Malgré ses défauts, « Goliath » finit par emporter l’adhésion : il est clairement du côté des victimes, refusant toute prétendue objectivité… et qu’est-ce qu’on aime détester Pierre Niney !

Tous les horaires sur le site.

L’évaluation du woxx : XX

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