Demandeurs d’asile : Asselborn dans le brouillard

von | 24.04.2017

Voulant profiter du calme de la semaine pascale – et de l’absence de la plupart de ses collègues ministres -, le ministre des Affaires étrangères et de l’Immigration Jean Asselborn a décidé de convoquer la presse pour causer un peu de la situation des demandeurs de protection internationale (DPI) au Luxembourg. Pourtant, la conférence de presse n’était pas très bien préparée et le ministre est resté le plus souvent vague sur les questions essentielles. Citant pendant une trentaine de minutes des chiffres à profusion – sans les livrer par écrit  -, il a surtout insisté sur les trois premiers mois de l’année en cours. Ainsi, quelque 155 Syriens, dont 52 dans le cadre des programmes de relocalisation, ont posé leur demande au Luxembourg. Tandis que pour les Syriens l’obtention du statut est – après un check effectué par le Srel – quasi automatique, la même chose ne vaut pas pour les réfugiés irakiens ou afghans. Pour les premiers, Asselborn met en avant une condition de territorialité : « Si vous venez de Mossoul, c’est autre chose que le sud de Bagdad ou encore le Kurdistan. Il y a absolument moyen de se faire une vie là-bas. » Pour les Afghans, le Luxembourg mise surtout sur une coopération avec les autorités locales. Exception faite des groupes à risque : LGBTI, femmes seules et… journalistes. Confiance donc, mais pas trop. Par contre, les demandeurs issus des Balkans voient leurs chances d’obtenir le statut quasiment réduites à néant. Ceci aussi grâce à la nouvelle procédure accélérée mise en place depuis le 1er avril : 44 cas sont passés par là, et pour 41 un refus a été prononcé, 2 ayant retiré leur demande. Sinon, Asselborn est resté vague sur la décision de la Commission européenne la semaine dernière de baisser significativement le nombre de relocalisations – « Le Luxembourg fait ses devoirs. » – comme sur l’avenir de la coopération avec la Turquie post-référendaire : « La situation reste calme en Grèce », a-t-il estimé. Eh bien, croisons les doigts alors.

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