Electro-indé : Grande dame

À 53 ans maintenant, la chanteuse islandaise Björk n’est pas fatiguée et continue de défrayer la chronique. Son passage au Luxembourg sera une occasion unique de voir son spectacle « Cornucopia », adapté de son dernier album « Utopia ».

À la voir, on doute un peu de la non-existence des elfes islandaises… (© Warren Du Preez & Nick Thornton Jone)

Résumer la carrière de Björk Gudmundsdottir en quelques lignes est chose impossible, tant elle est tentaculaire et productive. Née en 1965 à Reykjavik de parents activistes, elle a grandi avec sa mère dans une communauté hippie – où elle découvre très tôt son goût pour la musique. De formation classique (piano et flûte), elle penche cependant très vite vers le punk et l’expérimental. Après des apparitions dans plusieurs formations et la naissance de son premier enfant, c’est avec The Sugarcubes qu’elle connaît ses premiers succès hors de son île.

Pourtant, les cubes se dissolvent dans les marées agitées de leur jeunesse et Björk se retrouve à Londres vers le début des années 1990 pour entamer sa carrière solo. Grâce à l’appui du producteur Nellee Hooper (qui avait lancé le trip-hop avec Massive Attack), le succès est immédiat et planétaire. La vidéo déjantée de « Human Behaviour », son rythme entraînant et la voix féerique de la chanteuse provoquent des rotations sur MTV et l’entrée dans les charts et le monde du showbiz. Les deux albums qui suivent son « Debut », « Post » et « Homogenic », restent dans la même lignée – quoiqu’ils témoignent déjà de la volonté de l’artiste de quitter les sentiers battus et de son impatience devant le système qui l’entoure.

Le break vient avec un rôle de cinéma, celui de la jeune et presque aveugle Selma dans « Dancer in the Dark », de Lars von Trier, qui a valu au cinéaste une Palme d’or à Cannes. Ce film où Björk se glisse dans le personnage d’une femme-martyre typique du réalisateur danois détruit à tout jamais l’image de la gentille elfe naïve vivant dans sa nature islandaise. Et « Vespertine », l’album suivant, en témoigne : beaucoup plus sombre (elle y interprète entre autres des textes de Sarah Kane) et plus classique dans son instrumentation, il marque le départ de Björk vers son propre style – unique en son genre.

Pour son opus suivant, appelé « Medulla », elle décide par exemple de laisser tomber tous les instruments et de ne travailler qu’avec des voix. On y retrouve des beat-boxers, des acrobates vocaux comme Mike Patton (Faith No More, Fantômas et autres) ou encore le légendaire Robert Wyatt du non moins légendaire Soft Machine. C’est aussi à ce moment que les tournées de Björk deviennent de plus en plus extraordinaires.

Déjà qu’avant, un concert de Björk, c’était bien plus que la chanteuse sur scène déblatérant ses chansons, elle y ajoute de plus en plus de mise en scène, des costumes et de vraies histoires. On pourrait d’ailleurs parler de spectacles plutôt que de concerts pour les apparitions en live de l’artiste.

Pour « Cornucopia », elle s’est adjoint les talents de la réalisatrice argentine Lucrecia Martel (connue surtout pour « The Headless Woman », qui a été présenté à Cannes en 2008) et a commandé des visuels au jeune artiste allemand Tobias Gremmler et un set modelé par l’Anglaise Chiara Stephenson. Pour le contenu, on vous dira juste qu’il y aura de la nature, de la spiritualité et un message de Greta Thunberg. Le Luxembourg est d’ailleurs un des rares endroits où ce spectacle est joué : après une résidence à New York, elle fera escale uniquement à Bruxelles, Londres, Glasgow, Dublin, Oslo, Copenhague et Stockholm. Raison de plus d’être de la partie !

Ce vendredi à la Rockhal.


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