Énergie : Les prix flambent, le gouvernement attend

von | 19.03.2026

La guerre au Moyen-Orient provoque une flambée des prix des carburants, avec le risque de déclencher une crise inflationniste plus large. Interpellé sur la façon dont le gouvernement entend limiter la casse, le ministre de l’Économie répond qu’il est urgent d’attendre. Mais la douloureuse se ressent déjà dans les porte-monnaies.

(Photo : Engin Akyurt/Pixabay)

L’attaque américano-israélienne contre l’Iran a logiquement entraîné une hausse des prix des carburants. Le détroit d’Ormuz, par où transite un cinquième du pétrole mondial, est partiellement bloqué. Les infrastructures pétrolières et portuaires des monarchies du Golfe et de l’Iran sont ciblées presque quotidiennement. Sous l’effet d’une poussée spéculative, il n’a fallu que quelques jours après le déclenchement de l’offensive pour voir le prix du baril grimper à 100 dollars, contre 60 avant le conflit.

Au Luxembourg, le litre de diesel a pris 39 centimes en l’espace de trois semaines, signant la hausse la plus spectaculaire à la pompe. Cela correspond à un surcoût de 20 euros sur un plein de 50 litres. Les autres carburants, le fioul et le gaz ont augmenté dans une moindre proportion. Si le conflit perdure, ces hausses se répercuteront sur quasiment l’ensemble des prix à la consommation.

« Pas de panique », dit le ministre

Face à cette flambée, des pays européens comme la Grèce, la Slovaquie ou la Hongrie ont bloqué les prix, tandis que l’Italie va abaisser les taxes à la pompe. Et le Luxembourg, qu’envisage-t-il de faire ? Le député Déi Lénk David Wagner avait inscrit la question à l’ordre du jour de l’heure d’actualité de la Chambre des députés, ce mardi 17 mars. Le débat a donné lieu à de vifs échanges entre l’opposition et le ministre de l’Économie, Lex Delles, accusé d’inaction. Rappelant que le Luxembourg dépend à 75 % du pétrole et du gaz pour son énergie, le député de la gauche a demandé « une accélération résolue de la transition énergétique ». Il a défendu « un plafonnement général des prix de l’énergie » ou l’introduction d’un crédit d’impôt énergie, à même de protéger les ménages les plus fragiles.

Ce sont « les personnes les plus vulnérables qui sont les plus durement touchées et celles qui doivent faire le plus d’effort pour passer la fin du mois », a également déploré le nouveau coprésident du LSAP, Georges Engel. Le député a mis en garde contre la menace que cette hausse soudaine des prix de l’énergie fait peser sur les petites entreprises. L’ancien ministre socialiste du Travail a exhorté Lex Delles à réunir au plus vite les partenaires sociaux autour d’une table ronde énergies. « On a besoin d’un gouvernement qui agit et pas qui attend », a cinglé l’élu du Sud. Joëlle Welfing, pour les verts, a enfoncé le clou, estimant « qu’un rude coup est porté à notre économie ». À son tour, elle a rappelé que la hausse frappe d’abord « ceux qui ont moins », alors qu’une personne sur cinq est en risque de pauvreté au Luxembourg. Jugeant que le ministre de l’Économie fait preuve de nonchalance face à la situation, la députée écolo l’a pressé de préparer tout de suite les textes nécessaires pour contrer le danger inflationniste.

Manifestement irrité par ce feu roulant d’accusations, le ministre de l’Économie s’est d’abord défendu d’être resté inactif, assurant avoir « travaillé toutes ces dernières semaines sur les pistes possibles ». Pour l’instant Lex Delles juge qu’il est urgent de ne rien faire, car « ce n’est pas le moment de déclencher une panique ». Si la situation devait perdurer, il a néanmoins promis que le gouvernement prendra des mesures sociales pour soutenir les ménages à faible revenu. Il n’y a pas de risque de pénurie de carburants, a-t-il encore soutenu, car le Luxembourg dispose de 93 jours de réserve.

Contrairement aux chocs pétroliers des années 1970, ou plus récemment avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie, il n’y a pas de baisse de la production, mais un problème logistique pour acheminer les hydrocarbures hors du Golfe. Aussi, le ministre de l’Économie espère une réouverture rapide du détroit d’Ormuz, tout en disant ne pas savoir ce qu’il se passera dans une ou deux semaines. « Ce n’est pas le moment de spéculer » a insisté Lex Delles. Il est vrai que de cela, les compagnies pétrolières et les distributeurs s’en sont déjà chargés en faisant grimper artificiellement les prix. Mais de cela, le ministre n’a rien dit.

 

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