Et il n’en resta qu’un

Imbroglio hier sur un article de L’essentiel qui faisait état de huit projets retirés par la Kulturfabrik pour Esch 2022. Finalement, l’article avait tout bon, sauf des détails chronologiques.

« La Kufa supprime huit projets phares pour Esch 2022 », titrait hier le quotidien gratuit. En réaction, les téléphones et les boîtes mails des deux institutions culturelles ont chauffé, le moindre nouveau couac de l’entreprise capitale européenne de la culture étant scruté avec vigilance en raison de son cheminement jusqu’ici plutôt chaotique.

Finalement, un communiqué de presse commun des responsables de la capitale européenne de la culture et de l’institution culturelle eschoise a tenté de minimiser les faits relatés dans la presse – avis aux collectionneurs de démentis particulièrement créatifs. Ce dernier admet qu’au mois de juin 2017, « le centre culturel eschois a bien introduit huit projets au bureau de coordination de l’association Esch 2022. Sur ces huit projets d’envergure internationale et qui devaient se développer sur plusieurs années, la Kulturfabrik a finalement décidé – en concertation avec l’équipe Esch 2022 – d’en introduire deux à l’appel à projets de juillet 2019 ». Deux projets qui ont finalement aussi fini à la poubelle, parce que « les calendriers n’étaient plus tenables et ne garantissaient donc plus une planification suffisante et adaptée à la bonne réalisation desdits projets ». Et d’ajouter qu’un « troisième projet, un festival musical indoor dans des lieux insolites, et dont les contours restent à définir, a d’ailleurs été introduit au bureau de coordination de l’association Esch 2022. Plusieurs autres projets sont en cours d’élaboration et des détails suivront dans les mois à venir ».

Donc, le compte de L’essentiel est bon : il y a eu huit projets et il n’en reste qu’un, d’ailleurs toujours en suspens. Joints par le woxx, la coordinatrice des projets entre la Kulturfabrik et Esch 2022, Nathalie Ronvaux, et le directeur administratif, René Penning, ne sont pas d’accord : « Nous n’avons pas retiré huit projets d’un seul coup ! », insiste ce dernier. Il explique qu’en 2017, quand la coordination était encore dévolue à Janina Strötgen et Andreas Wagner, la Kulturfabrik avait en effet imaginé huit projets, dont trois ont été retenus dans le Bidbook, avec lequel cette équipe a réussi à obtenir le feu vert pour la capitale européenne de la culture. Quand le changement politique a poussé à la porte la première équipe et l’a remplacée par Nancy Braun et Christian Mosar, seuls deux projets ont trouvé leur chemin vers les nouveaux bureaux – ceux qui sont donc annulés.

Quant à la raison pour laquelle ces deux grands projets, « Les échelles » et « Les chemins de l’imaginaire », n’ont pas pu aboutir, Nathalie Ronvaux explique : « ‘Les échelles’ était une création commune avec les habitant-e-s de la ville sur plusieurs lieux – donc un projet à sous-projets multiples. Or, pour le réaliser, il aurait fallu commencer beaucoup plus en amont. Il ne restait ni le temps ni le budget pour le faire. » Quant à l’autre projet, René Penning met en avant la construction de la piste cyclable entre Esch et Belval, qui l’aurait oblitéré : « C’était un projet d’art urbain censé relier le centre d’Esch et le quartier de Belval. Mais la mise en œuvre de la piste cyclable lui a enlevé ses fondements. Pourtant, le projet ‘Urban Art’ que nous faisons depuis des années a été renouvelé à l’unanimité par le conseil communal, et il n’est pas exclu d’organiser une édition spéciale en 2022. » De plus, la Kulturfabrik sera aussi associée à d’autres projets partenaires de l’année culturelle et ne sera donc pas totalement à l’ouest.

Et pourtant, le fait que cette institution du centre de la ville se retrouve maintenant en marge en dit long sur l’esprit d’Esch 2022. Si l’on y ajoute la loi sur les infrastructures à Belval qui vient d’être votée, et qui dotera le nouveau quartier de quelque 35 millions d’euros, tout porte à croire que l’année culturelle ne se déroulera pas à Esch-ville, mais dans le quartier futuriste et sans vie à côté. Par conséquent, on pourrait aussi bien rebaptiser le projet « Belval 2022 ».


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