Impôts : D’abord une affaire de ménage

von | 09.04.2026

En 2027, le gouvernement prévoit une nouvelle réduction du taux d’imposition des entreprises. Selon Luc Frieden, cela va doper la compétitivité de l’économie luxembourgeoise. Mais rien ne prouve que ce retour sur investissement fonctionnera, rétorque la Chambre des salariés, qui plaide pour un rééquilibrage fiscal entre ménages et entreprises.

La CSL plaide pour un rééquilibrage de l’imposition en faveur des ménages. (Photo : Bruno/ Pixabay)

Au Luxembourg, les ménages contribuent pour 57 % aux recettes budgétaires, contre 24 % pour les entreprises. En 2024, les prélèvements obligatoires sur les salaires ont atteint 10 milliards d’euros, tandis que l’impôt sur les profits des entreprises ne rapportait que 5 milliards aux caisses de l’État. Pour la Chambre des salariés (CSL), cette situation est « intenable » : elle demande une hausse des impôts sur les sociétés, afin « de renforcer la contribution des entreprises aux investissements et services publics sans ponctionner le pouvoir d’achat des ménages ».

Soit l’absolu contraire de la politique de baisses d’impôts pour les entreprises, menée par Luc Frieden avec la conviction que cela améliorera la compétitivité de l’économie nationale. En janvier 2025, le taux de l’impôt sur les collectivités (IRC) avait été réduit de 17 à 16 % et une nouvelle baisse comparable est planifiée au 1er janvier 2027, confirment le premier ministre et son ministre des Finances. Le coût pour le budget de l’État de la première baisse est estimé à 259 millions d’euros sur trois ans. L’objectif est de favoriser « des entreprises dynamiques générant emplois, valeur ajoutée et recettes fiscales », précisent-ils en réponse à une réponse parlementaire du député socialiste Franz Fayot, en mars. Autrement dit, en baissant leur taux d’imposition, les entreprises généreraient davantage de recettes et donc plus d’impôts dans l’absolu. Actuellement, les trois-quarts des recettes de l’IRC proviennent d’à peine quelques centaines d’entreprises, représentant moins de 1 % des contribuables. Les secteurs de la finance et de l’assurance pèsent pour 80 % des recettes de l’IRC, ce qui en fait de loin les plus gros contributeurs à cette taxe.

Quoi qu’il en soit, pour la CSL, le retour sur investissement de ces baisses n’est pas là. Les données pour en juger n’existent pas ou sont trop opaques, affirme-t-elle dans un article publié par son think tank improof.lu. Pour développer sa démonstration, l’organe qui représente les syndicats livre tout d’abord une comparaison internationale, pour constater que la même tendance est à l’œuvre partout dans le monde depuis trente ans. Au début des années 1990, le taux d’imposition des entreprises se situait encore autour de 40 % à l’échelle mondiale.

Cinq milliards de baisses depuis 2024

Au Luxembourg, l’impôt des sociétés est composé de l’IRC, de l’impôt commercial communal et de la majoration pour le fonds de l’emploi. Depuis la baisse de 2025, le taux d’imposition s’établit à 23,87 %, soit la moyenne de l’OCDE (24,1 %). Cet alignement international figurait dans l’accord de coalition en 2023. Mais le taux légal n’est pas le taux réel, rappelle la CSL se référant aux innombrables niches fiscales et autres crédits d’impôts offerts aux entreprises. Pour les multinationales, l’imposition réelle ne dépasse souvent pas 5 %, contrairement aux PME le plus souvent soumises au taux maximal.

Récusant néanmoins le terme de « paradis fiscal », la CSL s’interroge sur le coût réel de l’érosion de la base d’imposition des entreprises et sur l’impact concret des incitatifs fiscaux proposés par le gouvernement à divers secteurs, comme le logement. Malheureusement, ici encore, les données manquent, constate l’organisme, qui déplore le « déséquilibre en faveur du capital, au détriment de l’équité fiscale et de la pérennité du budget de l’État. » Les « défis sociaux et environnementaux croissants et les chocs économiques à répétition appellent à des investissements publics accrus et à un renforcement de la protection sociale en vue de renforcer la croissance économique et de rendre l’économie grand-ducale plus résiliente », plaide la CSL.

Depuis 2024, les baisses d’impôts décidées par le gouvernement en faveur des entreprises et des ménages se montent à cinq milliards d’euros. En 2025, le budget accusait un déficit d’un milliard, un chiffre qui pourrait grimper à trois milliards d’euros en 2029, selon les prévisions du Conseil national des finances.

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