Jean-Bernard Pouy : Ma ZAD

von | 18.04.2018

Dans son dernier roman noir, l’anar des polars Jean-Bernard Pouy s’intègre au milieu des zadistes et raconte la joyeuse et meurtrière descente aux enfers d’un quadra quelque peu dépassé par les événements.

Même si « Ma ZAD » a été écrit avant l’évacuation musclée de Notre-Dame-des-Landes qu’on peut voit chaque soir au JT, le livre n’en est que plus pertinent. C’est l’histoire de Camille Destroit, un quadra qui vient de se faire planquer par sa copine et qui vit dans une ferme proche d’une ZAD dans le nord de la France. Désœuvré par ce choc sentimental, il se fait vite de nouveaux potes parmi les zadistes qu’il aide comme il peut : stockage de matériel, organisation de fruits et légumes gratuits. Jusqu’au jour où, à la sortie d’une garde à vue, il se découvre aussi de nouveaux ennemis : sa grange part en fumée, tout comme son boulot dans un Eco-Bio-Plus du coin. Camille Destroit devient donc Camille Destroy, et grâce à l’aide et aux conseils de la mystérieuse zadiste Claire Mernotte, il va désormais viser plus haut pour frapper les patrons du BTP, la famille Valter.

Jean-Bernard Pouy est un maître du polar non sanglant. Si vous voulez lire des descriptions de cadavres mis en pièces, mieux vous abstenir. Car l’auteur de « Larchmütz 5632 », probablement l’unique polar au monde écrit à partir de la perspective d’une vache bretonne, n’est pas du genre tape à l’œil. Tout au contraire, cet amoureux de l’Oulipo et des contraintes, qui déteste les « écrivains intellectuels », pratique une écriture apaisée, souvent à double ou triple fond, qui lui permet de sonder les âmes de ses personnages, lesquels souvent se retrouvent enfermés dans des machinations qui les dépassent. Et « Ma ZAD » ne fait pas exception. On prend le pauvre Camille en pitié, avant de se murmurer qu’au fond, il est aussi maître dans la discipline qui consiste à prendre des décisions de merde.

Tout ça fait de « Ma ZAD » une extraordinaire rencontre entre la plume de Jean-Bernard Pouy et l’actualité brûlante.

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