Metal
: Anges âgés

Death Angel passe à la Kulturfabrik. Ce qui pour certaines et certains sonne comme une banalité est en fait un petit miracle, les Américains ayant fondé leur groupe en 1982 déjà !

Vieux, mais pas ringards : Angel Death.

Quand on évoque un nom de groupe metal comme Death Angel en 2017, on pense directement à un manque d’imagination. Coller deux noms qui ensemble évoquent un truc glauque et indéfinissable, ça existe en mille et une combinaisons. Et puis, n’est-ce pas un peu copié du titre emblématique de Slayer « Angel of Death » ? Le problème, c’est que l’album sur lequel figure cette chanson n’est sorti qu’en 1986 – alors que Death Angel était déjà au sommet de sa première gloire.

C’est que Death Angel est un des groupes précurseurs et élémentaires du « Bay Area trash metal », et pour comprendre ce phénomène, il va falloir faire un petit tour dans la machine à remonter le temps. Au cours des années 1970, la scène musicale américaine est moribonde : la plupart des idoles qui avaient façonné les années hippies sont soit mortes, soit tournées vers des styles plus commerciaux, comme le disco qui sur son chemin ne laisse pas une grande place à l’originalité. Dans le rock, de surcroît, des tendances ne mettant plus en avant le talent, mais plutôt le look s’établissent aussi. C’est ainsi que le « glam rock » de groupes comme Mötley Crüe devient une des cibles de la haine des jeunes de la Bay Area (le sud de la Californie en gros). Inspiré par la « new wave of British heavy metal » (ou NWOBHM) qui fouette – avec le punk rock juste né – les rues désertées d’une Angleterre en proie à la désindustrialisation et à la récession, le Bay Area trash metal comporte donc bel et bien des racines politiques, sociales et revendicatrices. Même si elles ne transparaissent que trop rarement sous les visuels occultes des pochettes, ces racines se retrouvent dans de nombreux textes – n’oublions pas que nous sommes toujours en période de guerre froide.

Death Angel est né du désir de quatre jeunes hommes, tous d’origine philippine (Rob Cavestany, Dennis Pepa, Gus Pepa et Andy Galeon) et devient vite un de ces jeunes groupes ayant le vent en poupe dans la région. Entourés d’autres formations, qui à l’époque n’étaient pas encore si connues, comme Metallica et plus tard Megadeth, ils enregistrent une première démo, « Heavy Metal Insanity », qui se propage à une vitesse éclair grâce au « cassette trading system » (l’échange de mixtapes entre fans) alors en vogue. « The Ultra Violence », inspiré du film « Clockwork Orange », est le premier album du groupe, qui sort en 1987, suivi directement par « Frolic in the Park » en 1988. Entre-temps, Death Angel fait des tournées mondiales et commence à se faire connaître. Mais quelques années plus tard, les rêves de ses membres se briseront, provisoirement du moins. Après la parution d’« Act III », leur troisième album évidemment, ils planifient une nouvelle tournée mondiale, quand un accident de tour-bus les arrête net en 1990. Aucun mort à déplorer, contrairement à Metallica qui avait perdu son bassiste légendaire Cliff Burton dans un accident similaire, mais une longue période de convalescence pour le batteur Andy Galeon. S’ensuivent pour Death Angel des batailles juridiques avec son label sur un éventuel remplacement et la fin de l’aventure sur fond de dissensions intestines.

Onze ans plus tard, en 2011, les membres du groupe réapparaissent sur scène, d’abord pour un concert de bienfaisance. Ensuite, voyant l’engouement suscité par leur résurrection, ils recommencent à tourner et à faire les têtes d’affiche de plusieurs festivals de metal en Europe. Pas moins de cinq albums ont été enregistrés depuis, le dernier en date étant « The Evil Divide » en 2016.

Alors, si vous voulez vous faire une idée de comment le trash metal de la Bay Area a pu voir le jour, ou comment sonne un groupe qui aurait pu être un des plus gros players du business, votre chemin devrait vous mener à la Kulturfabrik.

Le 10 juillet à la Kulturfabrik.

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