Petits formats : Intro en longueur

Depuis mai 2017, les artistes sélectionnés par le ministère de la Culture se montrent à la Konschthaus Beim Engel. Une sorte de sélection officielle aidée par le gouvernement, mais aussi l’occasion d’offrir un écrin à de jeunes artistes en devenir.

Saison 2, épisode 6. Si l’exposition « Intro » emprunte aux codes des séries à succès, c’est bien dans une recherche de mode de consommation culturelle. L’idée de la continuité est au cœur du travail de la galerie, qui a pour objectif d’organiser douze expositions consacrées à de jeunes espoirs de la création en Grande Région.

Ce sixième épisode de la saison 2 accueille cinq artistes dont les œuvres se perdent dans les dédales de la galerie. Cinq artistes qui se plient à la contrainte des petits formats. Leur point commun : le travail de la matière sous une perspective réduite. Les tourments créatifs des invités de cette session prennent peu de place sans pour autant réduire leur champ de réflexion.

Doris Becker, remarquée pour ses céramiques au style organique, y montre ses dernières créations. Elle aime, dans son travail, rappeler la forêt ou encore le corail, sous la forme de spectres blanchâtres. Le mystère affleure de chacune de ses créations pour mieux troubler le visiteur. Et comme la règle veut que la taille soit limitée, le mystère de ces petits formats n’en est que plus grand.

Guy Bollendorf prolonge cette exécution dans un style proche, plus sombre, avec une argile marron, arrondie et chaleureuse. Figure de la scène artistique locale, il confirme ici l’agilité de sa gestuelle lorsqu’il s’agit de transformer la matière.

En digne descendante des glorieux Becker et Bollendorf, Anne Lindner montre qu’elle sait se jouer des contraintes. Remarquée récemment dans l’exposition du collectif Cueva à Esch pour son échiquier « Game of Thrones », elle se plie ici à l’exercice, en touche-à-tout multisupport qu’elle est. Un an après son passage dans l’« Intro » consacrée à la sérigraphie et à la gravure, elle montre que son imagination est sans limite.

Birgit Thalau exhibe quant à elle ses miniatures fabriquées dans toutes les matières ou presque. Elle qui aime à s’inspirer du monde qui l’entoure fait preuve d’une maîtrise de la fabrication artisanale, quasi signature de toutes ses créations.

Vincent Wilwers, enfin, montre que de la plume à l’exposition, il n’y a qu’un pas, qu’il franchit allègrement. Caricaturiste de talent, il montre ici une nouvelle fois que ses crayons savent se saisir des obstacles pour en faire des alliés.

Pour cette nouvelle saison et ce nouvel épisode, le concept sans cesse renouvelé de l’exposition « Intro » montre une nouvelle fois sa vitalité. Reste le questionnement sur l’art officiel, car les vernissages à la galerie Beim Engel sont un rendez-vous de choix pour le gouvernement, voisin omniprésent. Se pose dès lors aussi la question de la liberté des artistes et de l’exercice sensible d’une galerie en partenariat avec un système. Reste que l’endroit offre une visibilité rare à des artistes qui savent profiter de cette vitrine en grand… même pour des petits formats.

À la galerie Beim Engel, jusqu’au 29 juin.

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