Rock
 : Embrayage

Clutch est un de ces groupes qui peut-être n’a jamais eu le grand succès qu’il mérite, tout en restant fidèle à ses origines et en faisant le boulot ces dernières décennies.

Clutch - groupe à constance indéterminée.

Clutch – groupe à constance indéterminée.

Ce qui est arrivé aux gars de Clutch est plutôt rare : quand le groupe qui se forme au lycée devient au fil des années la formation stable qui vous accompagne pendant toutes les décennies qui suivent, vous savez que ça n’est pas donné à tout le monde. Mais justement, Clutch, formé en 1991 dans la ville au nom si doux de Germantown, dans le Maryland, a eu cette chance.

Les membres fondateurs, Tim Sult à la guitare, Dan Maines à la basse et Jean-Paul Gaster derrière les fûts n’ont pas mis beaucoup de temps à trouver en Neil Fallon le chanteur et guitariste qu’il leur fallait pour se construire une carrière stable. Depuis, celle-ci a évolué lentement et sûrement, de sorte qu’on peut les considérer comme une des dernières valeurs sûres du business. Et aussi un des derniers groupes ayant émergé encore pendant les années 1990 à ne pas s’être séparé et réuni plus tard, juste pour rejouer les gloires passées afin de se faire un peu de liquide.

Le 17 août 1993 paraît leur premier disque, « Transnational Speedway League », sur le label « Eastwest Records ». Il contient déjà tous les ingrédients qui feront le succès de Clutch plus tard : un son qui sait faire le pont entre rage hardcore et stridente et un certain son rock plus basique, qui fait penser à la mode grunge qui était à son apogée à l’époque. Outre cela, le logo du groupe qui n’a pas beaucoup changé depuis les débuts est déjà présent aussi. Muni du sticker presque obligatoire « Parental Advisory – Explicit Lyrics » (attribué par le Parents Music Resource Center crée par Tipper Gore, la femme d’Al Gore), sans lequel les générations précédentes savaient que le disque ne valait pas grand-chose, l’album fait déjà un petit malheur.

Le suivant, simplement intitulé « Clutch » (1995), va dans la même direction. Mais ce n’est qu’en 1997 avec l’EP « Impetus » que le groupe signe sur le fameux label « Earache », qui lui a aussi permis de traverser l’Atlantique. Le label fondé à Nottingham au Royaume-Uni est responsable de beaucoup de découvertes musicales dans la décennie 1990 – entre autres, il nous aura fait connaître le grindcore et bien d’autres variantes du metal extrême. En s’intéressant à un groupe comme Clutch, ils ont donc fait preuve de leur grande ouverture d’esprit.

Ce deal a aussi permis au groupe d’entrer sur un label majeur, « Columbia », pour les trois albums suivants. Mais en 2004, Clutch retourne à un label indépendant, « DRT-Records » – reconnaissant ainsi le déclin des grands labels bien avant que d’autres groupes ne les désertent pour de bon. L’ère digitale avait commencé. Après la défection de « DRT-Records », le groupe fonde sa propre structure, « Weathermaker », avec son manager – et continue de sortir ses albums, un à peu près tous les deux ans, en toute indépendance.

En dehors de Clutch, les quatre musiciens jouent dans une formation appelée « The Bakerton Group » – un side project avec lequel ils expérimentent dans le jazz et le psychédélique. Une autre façon de s’exprimer sans notoirement changer la trajectoire de leur groupe principal.

Ainsi, si Clutch n’est certainement pas le groupe le plus original de la planète, il en est sûrement un des plus constants – une bonne raison d’aller voir ces honnêtes maçons du rock.

Le 17 août à l’Atelier.

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