Rock
: Kadavar exquis


Ils ont l’air d’avoir échappé d’une machine à remonter le temps placée quelque part en Californie dans les années 1970. Pourtant, les musiciens de Kadavar sont réels, allemands et un des secrets les mieux gardés du rock depuis une décennie.

Pas besoin de barbiers, ni de conseillers en fringues : Kadavar. (©Harry Laulisch)

Parfois, dans le rock, les étoiles s’alignent entre un style musical, un style vestimentaire et trois gars qui se rencontrent dans un bar berlinois. C’est ce qui est arrivé à Christoph « Lupus » Lindemann, Philipp « Mammut » Lippitz et Christoph « Tiger » Bartelt en 2010. Alors que l’épopée rock alternatif est morte et enterrée, le trio décide de donner vie à sa vision du rock, fortement inspiré du rock psychédélique, du hardrock des débuts et du « Stoner »-rock (rock sous influence de cannabis, un genre de musique qui ne s’ouvre souvent qu’à celles et ceux qui sont aussi sous influence).

Quant au look, fait de vieux vêtements, de longs cheveux et de longues barbes, Lindemann l’a expliqué dans une interview datant de 2013 : « Nous étions à Berlin et sans le sou. Donc nous sommes allés dans les boutiques second-hand, où on paie les fringues au poids. Chacun de nous a acheté des trucs qu’aucune autre personne ne voulait, nous avons acheté entre autres des vêtements pour femmes. Ç’a commencé comme ça ». Voilà pour l’apparence. Pour le nom, qui pour beaucoup évoque plus le black métal qu’une plongée dans l’univers rock des dernières quarante années, « Lupus » évoque aussi le hasard. À la recherche d’un nom aux consonances allemandes, ils tombent – après ingestion massive d’alcool et de marihuana – sur le nom « Kadaver » et vu que le premier ingé-son qui mixait leur première démo avait écrit « Kadavar » sur le support, ils sont restés avec.

En 2012, ils sortent leur premier album éponyme et essaient d’entamer une tournée américaine, qui tombe partiellement à l’eau à cause de problèmes de visa – ils ne joueront que quatre concerts dans le cadre spécial du célèbre SXSW-Festival à Austin au Texas et pour le reste se baladeront dans le désert. Pourtant, leur deuxième album « Abra Kadavar » sortira en 2013 déjà sur le label mythique allemand Nuclear Blast – le port sûr de presque tout ce qui compte dans le métal depuis les années 1980. Munis d’un nouveau bassiste – le précédent en a eu assez de la vie de rock’n’rolleur après le trip aux States, ils enchaînent les tournées. Et passent d’ailleurs une première fois au Luxembourg, lors du Food for Your Senses Festival en 2014.

(© Joe Dilworth)

S’ensuivent encore trois albums (« Berlin » en 2015, « Rough Times » en 2017 et « For the Dead Travel Fast » en 2019), tous sur Nuclear Blast. De secret bien gardé, Kadavar est devenu un groupe à succès sans pourtant adapter son style. Ils ont entre-temps joué avec leurs idoles – comme Ozzy Osbourne, ou encore les Scorpions – et sont des invités réguliers aux grands festivals comme le Graspop ou encore le célèbre festival métal de Wacken. Des placements en haut des charts avec leurs albums consécutifs ne sont pas non plus des raretés. Bref, avec Kadavar, le rock ne meurt jamais.

En avant-programme, on pourra découvrir d’autres Allemands ensorcelés par le rock avec « Pretty Lightning » qui donneront leur définition du bon vieux Delta Blues dans sa version 2020.

Bref, une soirée bien rock en vue à la Kulturfabrik qui semble renouer avec sa bonne programmation après quelques années d’égarements.

Le 11 mars à la Kulturfabrik.

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