Vacances agitées

von | 18.07.2025

Pour Luc Frieden, l’été risque de ne pas être de tout repos, après deux réunions tripartites d’où le patronat sort mécontent, tandis que l’opposition de gauche exige davantage de transparence de sa part.

Tripartite juillet 2025 Frieden

Le sens de l’humour de Luc Frieden ne convainc pas tout le monde. (Photo : Claude Piscitelli/ SIP)

La bourde ! Quand Luc Frieden fait de l’humour, il n’est pas forcément des plus inspirés ni des plus opportuns. Prenant la parole lors de la fête d’été du CSV à Hesperange, le 10 juillet, le premier ministre et président du parti évoque les laborieuses négociations qu’il a menées la veille avec syndicats et patronat, pour tenter de déminer la crise sociale dans laquelle il porte une lourde responsabilité. Visant les syndicalistes, il raconte : « J’ai tenté de tous les garder dans la salle aussi longtemps que possible pour qu’ils disent ‚oui‘ à tout. Je n’y suis pas arrivé, mais ils sont quand même restés. C’est déjà une belle réussite, même s’ils avaient mauvaise mine. On voit qu’ils ne sont pas habitués à faire des heures supplémentaires. » 

Si la blague arrache quelques rires à ses ouailles, l’opposition est immédiatement vent debout, fustigeant le mépris du chef du gouvernement à l’égard des représentant·es des salarié·es. Luc Frieden rétropédale dès le lendemain, décrochant son téléphone au petit matin pour s’excuser platement auprès de Nora Back et Patrick Dury, oubliant au passage d’en faire autant avec Romain Wolff, le président de la puissante CGFP, le syndicat des fonctionnaires. La bourde dans la bourde. Qu’il n’y tienne, le premier ministre rattrape le coup plus tard.

Les syndicalistes la jouent magnanimes, dégustant la bévue comme du petit-lait. Luc Frieden s’est mis en position défavorable, alors que la tripartite doit reprendre le lundi 14 juillet. À l’issue de ce second round, les responsables syndicaux quittent la table des négociations en affichant un relatif optimisme pour la suite, une nouvelle réunion devant avoir lieu le 3 septembre. OGBL, LCGB et CGFP saluent le retour à l’esprit du compromis propre au modèle social luxembourgeois. Mais avertissent que les négociations sont difficiles et que le plus compliqué reste peut-être à venir, notamment sur les pensions, où les positions sont les plus antagonistes. L’esprit général est néanmoins positif chez les syndicats.

Ce n’est pas du tout le cas dans le camp patronal, où c’est plutôt soupe à la grimace ces derniers jours. Dans ses apparitions médiatiques, il est peu dire que Michel Reckinger, le président de l’UEL, affiche sa mine des mauvais jours. Et ce dès la veille de la manifestation du 28 juin, où il lançait un appel quasi désespéré à la population de ne pas descendre dans la rue. Ça ne s’arrange pas vraiment depuis. Lors de la première réunion, le gouvernement décrète le statu quo sur la question des conventions collectives, par laquelle le patronat voulait marginaliser les syndicats. À l’issue de la seconde rencontre, le patron des patrons semble s’étrangler face aux journalistes en évoquant le dossier des pensions.

Luc Frieden, ex-banquier international et ex-président de la Chambre de commerce, aux vues si convergentes avec le patronat, tournerait-il casaque sous la pression des syndicats et de ses propres parlementaires ?

Y aurait-il de la trahison dans l’air ? Luc Frieden, ex-banquier international et ex-président de la Chambre de commerce, aux vues si convergentes avec le patronat, tournerait-il casaque sous la pression des syndicats et de ses propres parlementaires, échaudés par le piteux état du dialogue social ? On a peine à le croire et, quoi qu’il en soit, le lobbying patronal va jouer à plein auprès du premier ministre dans les semaines à venir. La rentrée du 3 septembre pourrait réserver des surprises aux syndicats.

Autre pierre d’achoppement dans cette timide reprise du dialogue social, l’exigence de transparence de l’opposition de gauche. Après la réunion du 14 juillet, gouvernement et partenaires sociaux ont convenu de ne rien dévoiler des pistes mises sur la table pour réformer les heures d’ouvertures dans le commerce et les pensions. Un affront pour les député·es de l’opposition, à qui il reviendra in fine de travailler sur les projets de loi relatifs aux réformes dont accouchera la tripartite. Remarquant que syndicats et patronat vont désormais discuter des idées avancées lors des deux réunions, le député Déi Lénk Marc Baum résume la situation : « Au total, des centaines de personnes sauront ce qui est sur la table. Seuls les députés resteront comme deux ronds de flan. » Cela semble d’autant plus juste qu’il serait étonnant qu’aucune information ne fuite d’ici au 3 septembre. L’opposition tient là son os à ronger pendant la trêve estivale.

Tandis que les syndicats assurent que leur été sera studieux, celui de Frieden risque d’être agité, patronat et opposition lui réservant sans doute quelques heures supplémentaires en prime.

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