FRANCOIS FRAVAT: Si j’existe c’est d’être fan

von | 02.07.2004

Avec son premier long métrage, le réalisateur François Favrat brosse le portrait d’une relation équivoque entre admiration et amitié.

Une femme au bords de la crise de nerfs: Claire (Karin Viard) frôle la dépression, lorsque sa rencontre avec une actrice célèbre bouleverse son existence.

Le mirage de la célébrité est un sujet déjà maintes fois traité. Nombreux sont ceux qui rêvent de côtoyer les stars, de pénétrer dans leur intimité. Chaque semaine, les magazines people, que tout le monde rejette publiquement, cartonnent dans les librairies. Le monde des vedettes plaît et fait rêver.

Cette fascination, Claire (Karin Viard) la connaît bien. Elle est pigiste dans un journal parisien. Ce travail lui permet également d’écrire des nouvelles dans ses heures perdues, dans l’espoir d’être publiée un jour. Suite à un concours de circonstance, Claire rencontre Elisabeth Becker (Agnès Jaoui), actrice en vogue. Après un premier contact difficile, le courant finit assez rapidement par passer entre elles. Pourtant, tout les sépare: Claire est une femme timide, effacée, généreuse, tendre, attentionnée. En revanche, Elisabeth est plutôt arrogante, égoïste, autoritaire et égocentrique.

Pourtant, leur rencontre tombe à pic. A tel point
qu’Elisabeth n’hésite pas à engager Claire comme assistante personnelle. Une situation qui semble convenir aussi bien à l’une qu’à l’autre. Claire, vouant une admiration sans bornes à Elisabeth, est ravie d’être 24 heures sur 24 à la disposition de sa patronne et Elisabeth est ravie d’avoir à son service une jeune femme parfaitement dévouée. Néanmoins, la situation se gâte lorsqu’Elisabeth prend le dessus sur le jardinier que Claire aime en cachette. Les petits riens finissent par provoquer les mises au point et enfin, la remise en question.

Avec son premier long métrage, François Favrat ne s’est pas trop mal débrouillé même si son film possède des références aussi évidentes que „All about Eve“ de Joseph Mankiewicz et surtout „La Garçonnière“ de Billy Wilder. Soyons cléments et ne dégoûtons pas d’emblée un jeune réalisateur qui, s’il n’arrive pas à convaincre à tous les niveaux, pourra très bien nous surprendre dans le futur.

Ce qui enchante dans „Le rôle de sa vie“, c’est qu’il ne s’agit pas d’un film sur l’arrivisme mais avant tout sur les différences de caractère. Claire admire Elisabeth mais ne cherche pas nécessairement à prendre sa place. Elle cherche simplement à apprendre, à devenir forte, à s’imposer et aussi à pouvoir dire non de temps en temps. La mise en scène des rapports de force est à la fois sensible et cruelle. Le film décrit une réalité quotidienne, car qui n’a jamais rêvé de ressembler à un ou à une autre, que ce soit une vedette ou tout simplement une personne proche de nous?

Malgré quelques longueurs, quelques maladresses et une fin prévisible, mais qui donne matière à débattre, „Le rôle de sa vie“ est une première ´uvre prometteuse. François Favrat se révèle avant tout en tant
qu’excellent directeur d’acteurs. Certes, Karin Viard et Agnès Jaoui – qui interprète d’ailleurs un personnage qu’elle dénonce dans son dernier film „Comme une image“ – ont endossé des rôles taillés sur mesure.

Toutefois, Karin Viard brille tout particulièrement: jamais on n’aura vu une actrice jouer l’admiration pour une autre de manière aussi convaincante. A croire que Karin Viard est une véritable fan d’Agnès Jaoui. A coup sûr, sa prestation devrait lui permettre de décrocher au moins une nomination aux Césars.

A l’Utopia.

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