LYCEE SCHENGEN: Euphorie transfrontalière

von | 31.08.2007

Le premier lycĂ©e germano-luxembourgeois a ouvert ses portes cette semaine dans la petite commune sarroise de Perl. Le tout est fidèle Ă  l’esprit europĂ©en, y compris la gestion financière.

Plus historique, tu meurs: lundi dernier, le lycĂ©e germano-luxembourgeois de Perl, appelĂ© aussi „LycĂ©e Schengen“, a Ă©tĂ© inaugurĂ© officiellement. „Ceci est le premier lycĂ©e germano-luxembourgeois du monde!“, s’est enflammĂ© Peter MĂĽller, ministre-prĂ©sident de la Sarre (CDU), qui n’y est pas allĂ© avec le dos de la cuillère. Seule ombre au tableau, ni CNN, ni Al-Jazeera n’ont accordĂ© ne serait-ce la moindre seconde Ă  cet Ă©vènement. Le monde est injuste.

Ce qui attend les Ă©lèves de ce lycĂ©e (qui trĂ©pignaient d’impatience Ă  devoir se farcir la longue et laborieuse cĂ©rĂ©monie, peuchère!) au cours de leur première annĂ©e dans cette Ă©cole du „Dräilännereck“, n’a pas grand-chose Ă  voir avec ce qui se fait au Grand-DuchĂ©. En se conformant au rythme scolaire allemand, le lycĂ©e Schengen prĂ©sente une petite particularitĂ© par rapport Ă  l’Ă©cole luxembourgeoise: au lieu des treize annĂ©es de scolaritĂ© rĂ©gulière au Grand-DuchĂ©, l’Ă©cole transfrontalière n’en comptera que douze. La scolaritĂ© des Ă©lèves luxembourgeois n’en est pas pour autant Ă©courtĂ©e, au contraire. En effet, les chiffres sont facĂ©tieux, car avec des semaines de 36 heures de cours (contre une trentaine au Luxembourg) et des vacances scolaires allemandes moins longues, au total les Ă©lèves de Perl feront plus longtemps usage des bancs d’Ă©cole.

Ce relatif allongement de la scolaritĂ© n’est pas inutile, car le lycĂ©e Schengen a la vocation d’ĂŞtre une petite fabrique Ă  polyglottes. Comme au Luxembourg, on y enseigne trois langues vivantes, l’allemand, le français et l’anglais. Une quatrième langue vivante, l’espagnol, pourra Ă©galement ĂŞtre apprise dès la 9e. Si la majoritĂ© des cours y est donnĂ©e en allemand, certains cours, comme le sport ou les arts plastiques (d’autres matières s’y rajoutent progressivement) ont le français pour langue vĂ©hiculaire. Sans oublier l’enseignement du luxembourgeois, obligatoire durant les deux premières annĂ©es (5e et 6e) et optionnel jusqu’en 12e, l’annĂ©e du „bac“ ou „Abitur“. Certes, il n’y a rien de bien extraordinaire Ă  ce que des Ă©lèves luxembourgeois soient au moins trilingues, mĂŞme au niveau du primaire. C’est surtout un grand plus pour les Ă©lèves allemands, qui, quelques annĂ©es plus tard, s’ajouteront probablement aux dizaines de milliers de frontaliers et concurrenceront les indigènes (eh oui, c’en est fini du „monopole“ multilingue, faudra s’accrocher!). Mais de surcroĂ® t, les Ă©lèves de cette Ă©cole auront un avantage prĂ©cieux, car le lycĂ©e de Perl propose des cours supplĂ©mentaires „Aufbau“ ou „Ergänzung“ afin de pallier aux diverses lacunes linguistiques.

Multilinguisme exporté

Le parcours scolaire se distingue aussi de celui au sein du système luxembourgeois. Jusqu’en 9e annĂ©e, les Ă©lèves sont rĂ©unis dans une filière unique, qui aboutit „Hauptschulabschluss“, qui peut mener vers une formation professionnelle. Ce n’est qu’Ă  l’issue de la 10e annĂ©e („mittlerer Bildungsabschluss“) que les Ă©lèves peuvent choisir entre la filière menant Ă  l’acquisition du diplĂ´me de fin d’Ă©tudes secondaires („allgemeine Hochschulreife“) ou le diplĂ´me de technicien administratif et commercial, qui peut aussi, sous certaines conditions, donner accès aux Ă©tudes supĂ©rieures.

DĂ©battu depuis des annĂ©es au Grand-DuchĂ©, le principe de l’Ă©cole Ă  plein temps est un des piliers du lycĂ©e. S’il n’est pas obligatoire, les parents ont la possibilitĂ© d’y inscrire leurs enfants tous les jours de la semaine jusqu’Ă  18 heures. Les activitĂ©s extra-scolaires sont prises en main par le SOS Kinderdorf Saar, ce partenariat Ă©tant monnaie courante chez nos voisins allemands. Outre ces activitĂ©s, le caractère „novateur“ du lycĂ©e Schengen rĂ©side Ă©galement dans l’accent mis sur l’Ă©tablissement d’un profil individuel pour chaque Ă©lève en dĂ©but d’annĂ©e, des cours oĂą ils „apprennent Ă  apprendre“. De 5e jusqu’en 8e, les Ă©lèves bĂ©nĂ©ficient d’une introduction aux techniques de travail ainsi que d’un soutien pĂ©dagogique pour les devoirs Ă  domicile.

CĂ´tĂ© finances, c’est non sans ironie que Peter MĂĽller a soulignĂ©, lors de l’inauguration, le fait que l’Etat luxembourgeois ait Ă©tĂ© prĂŞt Ă  payer des enseignants luxembourgeois „enseignant sur le territoire allemand“. Les enseignants luxembourgeois ainsi „dĂ©tachĂ©s“ au lycĂ©e Schengen recevront bien entendu un traitement grand-ducal, contrairement Ă  leurs collègues allemands. Cette diffĂ©rence au niveau des salaires ne sera-t-elle pas sujette Ă  provoquer quelques tensions entre collègues? GĂ©rard Zens, professeur-attachĂ© au ministère de l’Ă©ducation nationale en charge de la gestion des Ă©tablissements estime que rien n’empĂŞche un aspirant Ă  l’enseignement allemand de tenter sa chance au Luxembourg. „C’est comme dans l’Ă©conomie privĂ©e, les salaires y sont gĂ©nĂ©ralement plus intĂ©ressants au Luxembourg qu’en Allemagne“, ajoute-t-il.

Rien n’est gratuit

Un Ă©lĂ©ment trompeur Ă©tait aussi prĂ©sent Ă  l’inauguration. Lors des remerciements officiels, un responsable de l’Ă©cole remercie les sponsors du lycĂ©e Schengen. Cela laisse pensif le spectateur, car un coup d’oeil aux murs de la salle de sport oĂą a lieu l’Ă©vènement, laisse apercevoir une myriade d’affiches de marques de voitures, de banques, d’assurances et autres entreprises privĂ©es. „Si seulement c’Ă©taient les sponsors du lycĂ©e Schengen!“, s’exclame GĂ©rard Zens en riant. C’est en effet le club de handball local qui profite de cette dĂ©bauche de soutiens financiers, le lycĂ©e devant se contenter de quatre ordinateurs mis Ă  disposition par la „Sparkasse Merzig-Wadern“ et de cinq „whiteboards“ Ă©lectroniques Ă  l’essai gratuitement pour une annĂ©e. Pour l’instant, l’Ă©cole ne s’est pas encore vendue Ă  Mammon.

Mais la question pĂ©cuniaire pourrait un jour poser problème. Chaque annĂ©e, l’Ă©cole reçoit une enveloppe budgĂ©taire destinĂ©e Ă  couvrir ses frais de fonctionnement de la part de l’Etat luxembourgeois et du land de la Sarre (la participation des deux Etats Ă©tant calculĂ©e au prorata en fonction du lieu de rĂ©sidence des Ă©lèves). Pour le reste de l’annĂ©e 2007, le montant s’Ă©lève Ă  138.480 euros et la proposition pour 2008 est de 360.345 euros. Le lycĂ©e disposant d’une autonomie budgĂ©taire, il peut gĂ©rer ce montant Ă  sa guise (il faut toutefois noter que les frais de fonctionnement couvrent Ă©galement les salaires de la secrĂ©taire et du concierge; les traitements du personnel enseignant Ă©tant quant Ă  eux directement Ă  charge des Etats). Principe dĂ©mocratique s’il en est, l’Ă©cueil rĂ©side toutefois dans la „libertĂ©“ de rechercher des sources de financement supplĂ©mentaires pour pouvoir financer plus d’activitĂ©s tout en continuant Ă  payer les factures du chauffage. L’Ă©cole n’Ă©tant pas obligatoire, les parents doivent dĂ©bourser entre 50 et 75 euros par mois. Il est Ă©galement possible Ă  tout un chacun de devenir membre de l’association de soutien du lycĂ©e Schengen pour la somme de 10 euros annuels (la fiche d’inscription a Ă©tĂ© largement distribuĂ©e Ă  la centaine de participant-e-s de la cĂ©rĂ©monie inaugurale). Quoi qu’il en soit, si le succès du lycĂ©e venait Ă  se confirmer, il est possible qu’un nombre croissant de sponsors n’hĂ©siteront pas Ă  frapper Ă  la porte et l’Ă©cole courrait le danger de dĂ©pendre plus fortement de l’Ă©conomie privĂ©e. Mais c’est aussi ça, „l’esprit europĂ©en“.

Dat kéint Iech och interesséieren

NEWS

Neue Gentechnik-Regeln in der EU

Am vergangenen Mittwoch stimmte das EU-Parlament für eine Schwächung der Regeln zur Gentechnik. Sogenannte „neue genomische Techniken“ (NGT) – allen voran die „Genschere“ Crispr-Cas – fallen demnach nicht mehr unter die strengen Kennzeichnungspflichten, die für „traditionelle“ Gentechnik bestehen. Das Argument, das Industrie, Kommission und am...

NEWS

Acier : gros profits et petites ambitions climatiques

Ils sont favorables aux objectifs de réduction des émissions de CO2 de l’UE et ils y ont beaucoup investi, disent-ils. Mais maintenant, cela leur coûte trop : ArcelorMittal, Voestalpine et Thyssenkrupp Steel ont uni leur plume cette semaine pour lancer « un appel commun en faveur d’une réforme urgente et pragmatique du système communautaire...

NEWS

Reegelwierk fir d’Liicht Sprooch

Leschten Dënschdeg huet den Zenter fir d’Lëtzebuerger Sprooch (ZLS) seng éischt Broschür fir d’Liicht Sprooch Lëtzebuergesch mat Reegelen a Recommandatioune fir eng inklusiv Kommunikatioun ouni sproochlech Barriäre publizéiert. De Kulturminister Eric Thill bezeechent d’Liicht Sprooch am Pressecommuniqué als e „konkreete Schrëtt a Richtung méi...