MUSIQUE CLASSIQUE: Un Janus de la direction à la Philharmonie

Le vendredi 30 mai 2008, le dernier concert de la série « Grands Orchestres » est réservé aux Bamberger Symphoniker sous la direction de Jonathan Nott.

A parcouru tous les répertoires: Jonathan Nott

L’Orchestre Symphonique de Bamberg – petite ville épiscopale paisible de Bavière, à deux pas de Bayreuth – a été fondé en 1946. Il a pris la succession de l’ancien Orchestre philharmonique de Prague (1939-1945), qui fut dirigé par le grand Joseph Keilberth de 1940 à 1945. Après la Seconde Guerre mondiale ce fut le premier orchestre allemand à partir en tournée à travers l’Europe, l’Amérique, et l’Asie et en Afrique. Depuis, l’orchestre est considéré comme le « Kulturbotschafter Bayerns in der Welt ». Son large répertoire s’étend de l’époque classique et romantique à la musique contemporaine. L’Orchestre Symphonique de Bamberg est placé depuis 2000, sous la direction de Jonathan Nott. Après avoir connu des chefs prestigieux comme Eugen Jochum (1968-1973) et Witold Rowicki (1983-1985), l’orchestre a séjourné comme « orchestre en résidence » et son chef comme « artiste étoile » à Lucerne en 2007.

Jonathan Nott, qui dirigea l’Ensemble Intercontemporain de 2000 à 2003, est un spécialiste de la musique contemporaine. Pourtant, ce flûtiste et chanteur de formation a gravi tous les échelons de la pratique musicale dans les théâtres germanophones, notamment à Wiesbaden et Lucerne. Une formation pratique comme seuls les théâtres allemands et suisses peuvent encore en dispenser.

« On pratique tous les métiers de l’opéra », confie Jonathan Nott, « et on est amené à diriger une représentation avec un minimum de préparation. C’est très dur, car il faut rester constamment attentif à tout ce qui se passe et réagir au moindre incident. Mais c’est une formidable méthode d’apprentissage de la flexibilité et de l’écoute. Ayant moi-même suivi une formation de chanteur, je sais ce que cela signifie de les accompagner. Mais cette flexibilité s’applique tout autant à un poème symphonique de Richard Strauss. »

Vivre la musique dans l’instant : une démarche que l’on assimile mal avec celle, très analytique et minutieusement dosée, d’un musicien contemporain. « C’est un deuxième versant de mon activité, que j’ai très tôt pratiqué. Aujourd’hui, je mets cette expérience au service de l’orchestre symphonique. »

Né en 1963, on a trop souvent tendance a restreindre Nott à son activité à la tête de l’Ensemble Intercontemporain de Paris. De l’autre côté, Nott a développé un répertoire d’opéra et de ballet classique avec les grandes ?uvres de Mozart, Puccini ou Verdi, tout en réalisant l’intégrale du cycle de « L’Anneau des Nibelungen » de Wagner. Il devrait donc parfaitement se sentir à l’aise à la Philharmonie avec un programme très wagnérien.

Le concert débutera avec un des deux concertos pour cor et orchestre de Richard Strauss, le concerto en mi bémol majeur op ; 132. Ecrit en 1942, alors que Strauss venait à 78 ans, d’achever son opéra « Capriccio », dont la scène finale contient un interlude orchestral avec un solo de cor, ce concerto marque le retour de Strauss vers le classicisme. C’est avec intérêt que nous découvrirons au cor le soliste hongrois Szablolcs Zempléni. Né à Budapest en 1981, Zempléni débuta le cor à 13 ans et se perfectionna auprès des meilleurs cornistes américains, allemands, autrichiens et israéliens. S’il se produit principalement en République tchèque et en Europe, il a été en tournée aux Etats-Unis et en Chine. Ses partenaires en musique de chambre sont e.a. Christian Zaccharias, Andrej Bielow et Wassilij Lobanov. Le deuxième concerto de Strauss est réputé parmi les cornistes pour sa complexité, le jeune Hongrois y pourra déployer tout son agilité, surtout dans le rondo final.

C’est la tradition, que la soirée se terminera avec une symphonie. Cette fois-ci, ce sera la version Jonathan Nott de la troisième de Bruckner. Ce dernier fait partie avec Bach et Messiaen du triumvirat des trois plus grands architectes du son, exprime dans cette ?uvre sa dévotion infantile pour Wagner, en y intégrant des thèmes de Tristan et Yseut et de la Walkyrie. Même si la troisième n’est pas la plus grande des symphonies de Bruckner, elle est extraordinairement vivifiée de l’intérieur par d’incroyables chocs harmoniques.

Si vous voulez savoir comment cela s’est passé rendez-vous sur le site http://www.paulmoes.com/ un compte-rendu y sera publié dans la semaine qui suit le concert.


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