ROCK: Deux morts et quatre albums

Nés des cendres des mythiques `At The Drive In`, `The Mars Volta` expérimentent les frontières du rock et poussent très loin.

Ramènent le rock progressif dans le présent : The Mars Volta.

Ecouter un des albums de The Mars Volta peut être un supplice. Du moins pour celles et ceux qui n’aiment pas la complexité dans la musique : ça part dans toutes les directions, styles musicaux et techniques différentes s’enlacent pour s’opposer à nouveau juste après et le tout couronné par la voix stridente de Cédric Bixler-Zavala. Une voix d’ailleurs qu’on aime ou déteste, c’est selon. En tout cas, sur certains passages, Monsieur Bixler-Zavala sonne comme un gosse qui vient d’avaler une overdose d’hélium. Mais comme on vient de le remarquer, `The Mars Volta` n’est pas forcément le groupe à faire des compromis, ni avec l’industrie du disque, ni avec son public.

Sur leur biographie planent deux ombres, celles de Julio Venegas et Jeremy Ward. Tous les deux, amis personnels des deux piliers du groupe – Cédric Bixler-Zavala et le guitariste Omar Rodriguez-Lopez – et tous les deux morts dans des circonstances tragiques, le premier s’étant suicidé après la mort de sa mère et le deuxième ayant succombé à une overdose. L’importance de ces deux personnages peut se lire et s’entendre sur leurs deux premiers albums qui sont dédiés aux disparus et racontent – sous forme d’histoires cryptées et d’allusions – leurs souffrances. Ce qui explique aussi l’atmosphère lourde et apocalyptique qui règne dans leurs albums. Si `The Mars Volta` peut bien se compter parmi les groupes de rock progressif les plus influents du moment, l’accompagnement artistique de ses albums, qui est aussi important que la musique puisque les quatre sont des concept albums, est plutôt emprunté à d’autres styles plus noirs. Leur esthétique apocalyptique et leurs textes cryptiques sont une image de marque à l’instar de la chevelure abondante de leur chanteur.

Un autre fait remarquable est leur amitié avec un des plus grands groupes de rock existant, les `Red Hot Chili Peppers`. Les pépés du funk-rock-fusion à la sauce américaine semblent bien s’être épris de `The Mars Volta`, tant ils les traitent comme leurs poulains. Non seulement ont-ils partagé l’affiche sur moultes tournées, mais ils ont aussi collaboré musicalement. Ainsi, le bassiste des Peppers, Flea, a joué sur tout le premier album et même déballé sa trompette pour le troisième, et le guitariste John Frusciante a joué sur le dernier-né du groupe. Même au-delà de leurs groupes respectifs, les musiciens des Peppers et des Volta travaillent ensemble, comme les deux guitaristes Frusciante et Rodriguez-Lopez qui ont plusieurs albums communs à leur actif.

En live, `The Mars Volta` ressemble plus à un cirque qu’à un groupe de rock. Bien?sûr, les gesticulations spectaculaires du chanteur restent dans la tradition, mais la présence d’un saxophoniste et d’un flûtiste, d’un percussionniste et de deux personnes derrière les synthés font mouche. Les musiciens apparaissent et disparaissent tout le temps dans un tapis sonore qu’ils créent simultanément. D’aucuns trouveront cette sorte de performance un peu lourde à supporter, surtout que le groupe a choisi de ne pas présenter ses chansons telles qu’elles se trouvent sur leurs CD, mais de les réarranger en fonction des musiciens et de les intégrer dans un tout. Ce qui provoque la confusion des fans qui veulent reconnaître leurs chansons préférées, mais qui fait voler aux
anges les « vrais » fans de musique.

The Mars Volta, dimanche le 20 juillet à l’Atelier.


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