INTÉGRATION: Faux problèmes

von | 13.11.2008

Le Contrat d’accueil et d’intégration donne l’impression que les immigrés auraient besoin d’un cours de bonnes manières. C’est pourtant l’Etat qui devrait en suivre.

Un goût amer. C’est ce que laisse le vote unanime à la Chambre des député-e-s cette semaine de la loi sur l’intégration des étrangers. Depuis la fin des trente glorieuses, et donc l’accroissement progressif des inégalités sociales, les étrangers sont de nouveau perçus par une partie non négligeable des autochtones comme une concurrence sur le marché du travail et une menace pour le confort matériel. Face aux montées de l’extrême droite, qui ont augmenté les pressions idéologiques sur les politiques liées à l’immigration, la question de l’immigration s’est insinuée de manière pénible dans les débats publics. Si les gouvernements en place ne pouvaient évidemment pas souscrire aux thèses extrémistes, ils ont tenté de désamorcer, souvent sans succès, les angoisses d’une partie de la population face à ces travailleurs venus d’ailleurs.

Le gouvernement luxembourgeois agit de manière subtile. Le Contrat d’accueil et d’intégration (CAI) prévu par la loi peut être considéré comme une mesure destinée à « tranquilliser » celles et ceux qui redoutent l’érosion d’une présumée identité nationale luxembourgeoise.

Or, que prévoit le CAI dans ses grandes lignes ? En acceptant de signer ce contrat, l’étranger fraîchement arrivé au Luxembourg s’engage envers l’Etat (et vice-versa) à respecter un certain nombre de conditions. Si l’Etat s’engage à lui « assurer une formation linguistique et d’instruction civique », l’étranger doit s’engager à « assurer, selon ses aptitudes et ses possibilités, sa subsistance par ses propres moyens, et à participer à la vie sociétale ».

S’il est à saluer que les pouvoirs publics vont enfin offrir des cours linguistiques aux nouveaux arrivants, d’autres dispositions prêtent à rire. Car en gros, la loi adopte une posture foncièrement tutélaire et paternaliste. Pourquoi souligner que les étrangers arrivés au Luxembourg doivent s’engager à subvenir à leurs besoins par leurs propres moyens ? Est-ce là l’influence des milieux extrémistes qui prétendent à tort que le seul but des immigré-e-s serait de « profiter » de la sécu au détriment des Luxembourgeois-e-s ? Par définition, les immigré-e-s viennent dans l’espoir d’améliorer leurs conditions de vie par le biais du travail. Quant aux cours d’instruction civique : l’on présume ainsi que l’étranger, tel un barbare pénétrant la civilisation, ne connaîtrait pas les rudiments du fonctionnement d’un Etat de droit. Comme si tous les Luxembourgeois-e-s étaient des experts en la matière ! Finalement, que veut dire « s’engager à participer à la vie sociétale » ? Est-ce à dire qu’il leur serait proscrit de s’isoler chez eux devant leur téléviseur une fois leur journée de travail accomplie, comme le font bon nombre de nos concitoyens ?

Que l’on arrête ces blagues : dans leur écrasante majorité, les immigré-e-s (les migrations, même massives, sont aussi vieilles que l’humanité) n’aspirent à rien d’autre qu’à vivre dans leur pays d’accueil dans les meilleures conditions possibles. Ils n’ont pas besoin d’une loi qui leur dicte des devoirs qu’ils ont la plupart du temps remplis d’eux-mêmes lorsque les conditions politico-sociales le leur permettaient. Le seul point positif de ce contrat, c’est qu’il engage l’Etat. Car c’est bien ce dernier qui a très longtemps manqué à ses devoirs en la matière.

Dat kéint Iech och interesséieren

NEWS

Demokratie durch die Gender-Brille

Frauen fühlen sich politisch weniger gut vertreten, bewerten Gleichstellung skeptischer und fordern häufiger gezielte Maßnahmen, während Männer sich stärker für Politik interessieren und dem politischen System insgesamt mehr Vertrauen entgegenbringen. Das ist eines der zentralen Ergebnisse der Polindex-Studie 2025, in deren Rahmen zwischen Mai...

NEWS

Les milliardaires nuisent à la démocratie

À l’occasion du Forum économique mondial de Davos, Oxfam publie, comme chaque année, un rapport sur les ultrariches dans le monde. « La fortune des milliardaires a bondi de plus de 16 % en 2025, soit trois fois plus vite que la moyenne des cinq années précédentes, pour atteindre 18.300 milliards de dollars, son plus haut niveau historique »,...

NEWS

Femizid weiterhin kein Straftatbestand

Luxemburgs Regierung sieht weiterhin nicht vor, den Begriff „Femizid“ als eigenständige Straftat ins Strafgesetzbuch aufzunehmen. Dies erklärte Justizministerin Elisabeth Margue (CSV) vergangenen Dienstag in ihrer Antwort auf eine parlamentarische Anfrage der CSV-Abgeordneten Diane Adehm und Nathalie Morgenthaler. Zur Begründung verweist das...

NEWS

Social : L’accalmie… pour l’instant

Le climat social s’est apaisé avec la nomination de Marc Spautz au ministère du Travail. Représentant l’aile sociale du CSV, il veut restaurer le dialogue entre partenaires sociaux. Mais le thermomètre pourrait grimper sur la question du salaire minimum et surtout sur l’organisation du temps de travail, syndicats et patronat défendant des...