GIRL’S DAY – BOY’S DAY: Vers un projet d’un genre nouveau ?

Le Girl’s Day-Boy’s Day devrait être pris en main par les pouvoirs publics dès 2011. Si le temps presse, les détails sont loin d’être clarifiés.

Un question parlementaire peut parfois avoir l’effet d’une piqûre de guêpe en pleine torpeur estivale. C’est ce que l’on se dit à la lecture de la réponse commune de la ministre de l’éducation nationale, Mady Delvaux-Stehres (LSAP) et de la ministre à l’égalité des chances, Françoise Hetto-Gaasch (CSV) à la question posée par la députée verte Viviane Loschetter. Cette dernière s’enquiert des projets de ces deux ministères concernant l’évolution future du Girl’s Day-Boy’s Day (GD-BD). Ce projet organisé depuis huit ans par le Cid-femmes a pour but de présenter aux élèves des deux sexes des professions « atypiques » pour leur genre respectif. Face au succès rencontré par le projet, la coalition gouvernementale avait promis dans son programme que le GD-BD allait être « généralisé » dès 2011. En clair : ce sont les pouvoirs publics et non plus l’association conventionnée qui prendraient en main l’organisation de la journée. Ce qui correspond d’ailleurs à une demande du Cid-femmes.

D’une certaine manière, la réponse ministérielle a quelque peu soulagé les initiatrices du projet. La responsable chargée du GD-BD au sein du Cid-femmes, Christa Brömmel, avoue même avoir perdu un moment tout espoir face à l’absence d’initiative de ses interlocuteurs publics : « Cela fait sept à huit ans que tout le monde nous tapait sur l’épaule et nous félicitait pour cette bonne initiative et ensuite, lorsqu’il s’agit de devenir plus concret, il faut courir après tout le monde ».

En tout, si réponse ministérielle il y a eu et qu’elle ne s’est pas trop fait attendre celle-ci reste encore assez vague. Elle récapitule d’une part les buts poursuivis par le projet et informe que « les détails de l’organisation seront discutés dès la rentrée en automne ». Car depuis l’échange avec le ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP), rien n’a vraiment bougé. Pourtant, tout devrait aller un peu plus vite. Le GD-BD ayant lieu au mois d’avril, les premières préparations concrètes doivent déjà avoir lieu au mois de janvier. Et peut-être un peu plus tôt cette fois-ci, car les établissements scolaires commencent dès la rentrée en septembre à planifier leurs agendas et à y insérer les différents projets auxquels ils vont participer.

Et il reste une autre question à régler : celle des moyens financiers. Or le budget pour l’année 2011 devrait prochainement être ficelé et débattu et les moyens varient en fonction de la manière dont le projet sera pris en main. Et lorsque l’on sait que sous prétexte d’économies, le gouvernement se montre de plus en plus réticent à augmenter le nombre de postes au sein des administrations sans pour autant que les tâches qui leur incombent ne décroissent, il faut espérer que les ministères trouvent des solutions pour libérer de la force de travail.

De toute manière, le Cid-femmes se dit prêt à continuer à accompagner le projet au sein d’un comité, aussi afin de s’assurer que l’idée de base ne soit pas trop dénaturée. Christa Brömmel s’imagine aussi très bien d’associer d’autres acteurs, comme le comité de travail féminin ou bien un-e représentant-e d’une entreprise.

Ce qui ne veut pas dire que le projet ne devrait pas évoluer, au contraire : « Le Girl’s Day-Boy’s Day n’est pas une raison en soi ». Depuis sa troisième édition, le Cid-femmes a relevé un certain nombre de points susceptibles à améliorer la qualité et la durabilité du projet. Mais ce qui est aussi très important, c’est le travail en amont et en aval. « Cela ne ferait aucun sens d’étendre la journée sur toute une semaine, si les écoles n’ont pas fait un travail de préparation sérieux ».

En fait, les initiatrices du GD-BD espèrent surtout que ce projet devienne un jour obsolète. « Si les services d’orientation professionnelle et l’éducation nationale intègrent dès le début dans leurs cursus d’enseignement et de formation l’idée qu’il n’y a pas de profession `typique‘ et que cette politique s’intègre dans leur logique, alors cette journée n’aura plus lieu d’être et ce sera très bien ! ». Mais pour l’instant, attendons de voir dans les prochaines semaines à quel point le gouvernement prend ce sujet à coeur.


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