La loi de l’inertie

Cette semaine, l’actualité politique luxembourgeoise a été dominée par deux thèmes qui ont une chose en commun et qui démontrent à quel point la politique ne bouge pas. Mardi, les Verts avaient demandé un débat d’orientation sur la séparation entre l’Etat et l’église. Le résultat des courses est quasiment nul, malgré les annonces junckeriennes de la semaine passée. La seule concession est la création d’un groupe de réflexion. Ce dont l’église, par la voix de son porte-parole Théo Péporté, s’est promptement réjouie. Si c’est mieux que rien, l’essentiel pour les conservateurs est atteint, car le statut quo est pour l’instant préservé. Et cela non seulement grâce à la droite, mais aussi grâce aux socialistes qui n’ont pas osé s’opposer à leur partenaire de coalition. Autre « coup d’éclat » : la loi sur l’avortement, où le ministre de la justice François Biltgen s’est « désaisi » de son propre dossier. Cette manoeuvre, d’ailleurs prévisible car il suffisait de consulter la liste des projets de loi prioritaires du gouvernement pour voir que cette loi ne figurait plus en tête, résulte aussi d’un désaccord dans la coalition. C’est pourquoi la patate chaude a été refilée aux chefs de partis, Bodry et Wolter, deux hommes d’ailleurs, qui devront trouver une issue. Car le CSV redoute surtout d’être remis en minorité, comme avec la loi sur l’euthanasie. En attendant, rien ne bouge dans le pays, les curés restent nourris, logés et blanchis aux frais du contribuable et les femmes devront toujours se faire avorter en toute illégalité. Et le tout, juste pour avoir la paix dans la coalition – un prix humainement lourd qui n’est pas prêt de s’alléger.


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